TFC-PSG, mieux vaut perdre avec la manière (Fou de Foot, 27 février 2014)

TFC maillot en berne

Après la démonstration des Parisiens en semaine à Leverkusen, on n’attendait rien d’autre de leur part qu’une promenade de santé au Stadium. Si défaite il y a bien eu, elle est plutôt de celles dont on sort tête haute. Et avec une nouvelle clairvoyance quant à l’intérêt de la douzaine de journées qu’il reste à disputer ?

« Je pense que le résultat est sévère. Le scénario du match ne nous est pas favorable. Il nous aurait fallu mener au score sur notre première occasion et peut-être s’aménager la possibilité d’avoir un petit peu plus le contrôle du match. Malgré ça, on les laisse marquer sur une action un peu litigieuse. » Alain Casanova a tout résumé. Cette 27e minute va sans doute trotter longtemps dans l’esprit de Martin Braithwaite et des supporteurs toulousains. Un ballon faiblement taclé qui ne dépasse pas la ligne, alors même que le rideau défensif adverse avait été transpercé. Pour une fois on ne pourra reprocher au club son manque d’ambition. L’option de jeu prise dimanche dernier fut de bousculer le Paris SG sans s’embarrasser de complexes. Et le coup n’est pas passé si loin.

Un début de match « référence »

Par cette belle après-midi fleurant le printemps, le rapport de force a longtemps été équilibré. Un Paris pas particulièrement émoussé de son triomphe allemand cinq jours plus tôt, puisque représenté par le même onze de départ, donnait l’impression d’un moteur en train de chauffer. Malgré des interventions peu sécurisantes de Veskovac et une pelouse indigne de Ligue 1, les dix premières minutes étaient marquées par l’impact physique du milieu de terrain toulousain. Le guet-apens du « match de coupe » se profilait, à la manière du travail effectué par Evian TG en fin d’année 2013. La suite était à l’avenant avec pour illustration un premier tir cadré tardif (23’)…et à l’actif de Martin Braithwaite, peu avant son incroyable loupé. Au moment de la faute inutile de Spajic sur Lavezzi (30’), Paris ne s’était toujours pas mis en situation de forcer le verrou. Avec ce pénalty transformé par Mr Ibrahimovic, les joueurs de la capitale prennent un ascendant psychologique qu’ils garderont jusqu’au bout. Au lieu de continuer à poser le jeu, le TFC balance de longs ballons inexploitables. Et si Wissam Ben Yedder nous gratifie d’une superbe reprise de volée pour le 1-1 (44’), nous avions failli assister au K-O à plusieurs reprises (Lucas empêtré à la 32’, Matuidi qui trouve le poteau à la 39’, T.Silva auteur d’un loupé comparable à celui de Braithwaite à la 42’).

Une supériorité aidée

À la reprise, Toulouse apparait requinqué et conscient de l’avoir échappé belle. Il va malheureusement se heurter à l’avantage permanent (et reconnaissons-le sans doute inconscient) qui incombe aux clubs ayant un statut lorsqu’ils croisent un petit sans influence. Selon que vous serez puissants ou misérables etc etc.

47e minute, Thiago Motta, dans son pur style guerrier, va au clash avec Clément Chantôme. Une faute passible d’être jaunie. Problème : l’Italien a déjà été averti en première mi-temps. Il opte alors pour la jouer sous forme de constat à l’amiable 50/50, restant au sol tandis que ses partenaires font le métier en mettant un coup de pression à Mr Rainville. Sous cette pluie de réclamations, l’officiel ne bronche pas, Motta reprend sa place comme si de rien n’était.

Les locaux restent vifs, mais le talent d’un homme va faire la différence. À juste titre focalisée sur Ibrahimovic, la défense toulousaine oublie Lavezzi, ce dernier se saisissant d’un ballon traînant pour remettre son équipe dans le droit chemin (55’). La malchance s’en mêle avec la béquille prise par J-D Akpa-Akpro, jusqu’ici excellent dans ses intentions offensives. Il est remplacé par Sylla (60’), peu en verve. En face, le géant suédois poursuit son festival : coup franc surpuissant difficilement repoussé par Boucher (64’) puis élévation dans les airs, comme à l’entrainement, sur un nouveau coup de pied arrêté (66’). À 1-3, on ne donne plus cher des violets. Et pourtant, comme si la morale existait en ce bas monde, voilà Motta qui sert involontairement Ben Yedder dans la surface, le tir parfaitement enveloppé ne laisse aucune chance à Sirigu (70’). Tous les espoirs sont à nouveau permis, Casanova y va de deux changements à connotation offensive (Trejo en lieu et place de Didot, Ben Basat pour suppléer Chantôme) qui transforme sa formation en un 4-3-3 culotté. Intéressante perspective que l’on espère voir reproduite à l’avenir.

Survient le deuxième coup de pouce arbitral du match, forcément fatal : le sifflement d’un pénalty insensé  suite à un coup franc idéalement placé pour être Zlatané au fond des filets. Sylla sort du mur et contre le missile de tout son corps, accessoirement de son coude traînaillant. Il ne s’agit pas de contester la maladresse du milieu toulousain, mais depuis quand siffle-t-on un pénalty sur ce genre de contre ? Vient-on de créer un précédent, dans la lignée de cette saison il y a quelques d’années où il était à la mode de regarder de près les accrochages de maillots sur les corners ? Bref, la supériorité parisienne ne faisait aucun doute, y compris dans sa capacité d’influencer les décisions. Et que dire des déclarations d’un Pierre Ménès au CFC, que l’on a rarement connu aussi relativiste, s’agissant de minimiser la non-expulsion de Motta : « Oui ben s’il avait pris un rouge, il n’aurait pas offert le deuxième but à Ben Yedder, donc ça compense ». Imaginons seulement les commentaires si les mêmes décisions avaient été prises de l’autre bord. La prime aux grands, encore et toujours.

Un calendrier qui rappelle furieusement 2012

Et puis n’imaginons plus rien. Contentons-nous de réaliser un point arithmétique et sportif. D’estimer la valeur du club de la ville rose après cet étalonnage en règle.

Le soir même de cette passionnante rencontre avait lieu ce qui était censé être le sommet de la journée : Lille-Lyon. Lors d’une première mi-temps insipide, il était bien difficile de ne pas laisser échapper quelques bâillements. Et cette question lancinante : qu’a donc à envier le TFC à ces clubs ? Leur place au classement évidemment. Leur solidité défensive et quelques individualités aussi bien entendu. Au-delà, le TFC pouvait (et devait) par sa force collective être en meilleure posture au moment d’entrer dans le dernier tiers du championnat. Être à la lutte pour un accessit européen par exemple. Souvenons-nous d’où revient cet OL frappé de jeunisme, et que dire de ce LOSC aux prestations plus que poussives depuis deux mois ? Un temps voué à perturber le duel annoncé PSG-Monaco, les Dogues ont tellement ralenti leur rythme que des clubs comme Lyon, Marseille et Bordeaux, semblant irrémédiablement largués début janvier, redeviennent candidats à la 3e place.

Douze matchs à disputer donc, et quelles perspectives ? Et bien contrairement aux apparences tout espoir n’est pas mort côté violet. Signalons en préambule que compte tenu des équipes encore en lice dans les deux coupes nationales, il y a de fortes chances pour que les 5e voire 6e places soient européennes en fin de saison. PSG-Lyon en finale de coupe de la ligue d’un côté, Monaco et Lille encore en lice en Coupe de France de l’autre. La prime au finaliste n’étant plus, le cas de figure où un club de division inférieure ou un mal classé s’inclinerait en finale nous incite à souhaiter un succès des deux clubs susmentionnés.

Et puis, en bon disciple de Coach Courbis, il nous suffit de jeter un œil au calendrier (cf ci-dessous). En bleu les matchs à l’extérieur, en vert les matchs à domicile.

J27

NICE

J28

REIMS

J29

RENNES

J30

EVIAN TG

J31

AJACCIO

J32

LILLE

J33

SOCHAUX

J34

LYON

J35

MONTPELLIER

J36

NANTES

J37

GUINGAMP

J38

VALENCIENNES

Le rush d’affrontement avec les cadors est derrière nous, ne resteront que les réceptions de Lille (32e journée), particulièrement prenable en ce moment, et Lyon (34e journée), une des victimes favorites du Stadium jusqu’à la fin de série l’année dernière. Quid des dix rencontres restantes ? À l’exception du Stade de Reims, étonnant 8e, elles concernent que des équipes actuellement classées dans la deuxième moitié de tableau. De quoi relativiser les dix points de retard sur le 5e (et huit sur le 6e). Cette prestation face au PSG est de ces défaites promptes à lancer une dynamique positive. Encore faut-il avoir un groupe prêt à tirer dans le même sens. À l’heure d’affaires internes qui ne lui ressemblent guère (le psychodrame du déclassement soudain d’Ahamada en faveur de Boucher, les états d’âmes publics de Jonathan Zebina), le TFC doit penser (panser ?) autant à soigner sa communication que sa finition.

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