Critique Viva la libertà (Allociné, 7 mars 2014)

Allociné Viva la libertà

 

Viva la libertà de Roberto Ando avec Toni Servillo, Valerio Mastandrea, Valeria Bruni Tedeschi (Italie ; 2013) *1/2

Enrico Oliveri, secrétaire général du parti de l’opposition est inquiet : les sondages le donnent perdant. Un soir, il disparaît brusquement laissant une note laconique. C’est la panique au sein du parti, tout le monde s’interroge pour essayer de comprendre les raisons de sa fuite pendant que son conseiller Andrea Bottini et sa femme Anna se creusent la tête pour trouver une solution. C’est Anna qui évoque en premier le nom du frère jumeau du secrétaire général, Giovanni Ernani, un philosophe de génie, atteint de dépression bipolaire. Andrea décide de le rencontrer et élabore un plan dangereux…

Le cinéma italien contemporain a pour vertu d’être particulièrement acerbe et tranché lorsqu’il s’agit d’évoquer la question politique. Au-delà de la figure de proue Nanni Moretti, Paolo Sorrentino (Il divo) et Matteo Garrone (Gomorra) s’y sont illustrés à leur manière. Des œuvres dont on ressortait le cœur serré, en ayant la sensation d’avoir en mains une parcelle du puzzle pour comprendre la problématique de nos cousins transalpins. Au sortir de Viva la libertà, c’est la légereté et la frustration qui l’emporte. La comédie de genre n’excuse pas l’absence de point de vue. Or le défaut majeur se situe dans cette incapacité d’assumer : soit un humour loufoque grand-guignolesque sans but précis, soit une critique aigre-douce du monde politique et ses postures forcées. Par ailleurs, le propos est d’une naïveté confondante, puisqu’il laisse entendre que c’est par l’absence de calcul et l’honnêteté que l’on rattache l’électorat à son parti. La double interprétation de Toni Servillo reste assez convaincante pour aider à faire avaler la pilule, notamment les numéros fantaisistes qu’il nous sert sous l’identité du frère jumeau. Quant à la partie « française » du film, suivant la convalescence du politicien épuisé, elle semble totalement gratuite. Rajoutons à cela le jeu très moyen de certains acteurs secondaires, une Valeria Bruni Tedeschi peu à son aise, mais surtout Eric Nguyen dont le phrasé frise la récitation pure et simple. Nous attendons désespérément un tournant, croyons voir venir une amorce par la grâce d’un coup de fil aussi bref qu’énigmatique entre les deux frères. Rentrerions-nous enfin dans la psychologie des personnages ? Las, cet aspect s’estompe aussitôt, la confrontation n’aura jamais lieu. La fin suggérant que l’enthousiasme de l’un a déteint sur l’autre apparait d’autant plus lâche.

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