Critique Diplomatie (Allociné, 17 mars 2014)

Allociné Diplomatie

Diplomatie de Volker Schlöndorff avec André Dussollier, Niels Arestrup, Burghart Klaubner (Franco-Allemand ; 2013) **

La nuit du 24 au 25 août 1944. Le sort de Paris est entre les mains du Général Von Choltitz, Gouverneur du Grand Paris, qui se prépare, sur ordre d’Hitler, à faire sauter la capitale. Issu d’une longue lignée de militaires prussiens, le général n’a jamais eu d’hésitation quand il fallait obéir aux ordres. C’est tout cela qui préoccupe le consul suédois Nordling lorsqu’il gravit l’escalier secret qui le conduit à la suite du Général à l’hôtel Meurice. Les ponts sur la Seine et les principaux monuments de Paris Le Louvre, Notre-Dame, la Tour Eiffel … – sont minés et prêts à exploser. Utilisant toutes les armes de la diplomatie, le consul va essayer de convaincre le général de ne pas exécuter l’ordre de destruction.

Voici le prototype du film inattaquable par excellence : un sujet historique, des acteurs à la carrière auréolée de tous les superlatifs, un réalisateur de la vieille école palmé à Cannes à la fin des 70’s. Et pourtant il y a beaucoup à redire du rendu de cette paresseuse adaptation théâtrale. À commencer par la mauvaise exploitation du huis-clos, procédé pourtant porteur que ce soit dans la comédie (Le dîner de cons, Le prénom), le film d’action/thriller (Phone game, Panic room) ou encore le teen movie (The hole). Le schéma est toujours le même : une montée en puissance via des dialogues ciselés et/ou des révélations de plus en plus percutantes. Une première déception lorsque ce fameux consul débute son plaidoyer pour Paris : nous attendions une partie d’échecs à fleurets mouchetés, nous avons droit à un argumentaire simpliste dont aurait été capable le badaud moyen. Avant de carrément basculer dans un deuxième temps sur les intérêts privés du général. Aucune intensité, peu de réelle connexion entre les deux interlocuteurs, des répliques drôles hélas trop rares. Quitte à oser inventer de toutes pièces une discussion, à partir de la seule désobéissance de Choltitz, on aurait aimé voir les scénaristes se lâcher véritablement. Cela démarrait plutôt bien avec cette irruption à l’allure magique, cette anecdote sur Napoléon III et sa maitresse, puis vint le glissement lourdaud vers le sujet principal. Si la mécanique ne prend pas, c’est aussi dû à quelques séquences « extérieures » entrecoupant le duel des deux hommes. Nous en cherchons encore l’utilité, sinon de signifier la nécessaire pesanteur historique. Musique classique en prime pour marquer la cadence. La conclusion a le mérite de ne pas être manichéenne, prouvant que l’on peut passer par la manipulation pour imposer une cause juste. Quelques images touristiques de Paris, impeccables forcément, complètent le tableau. Curieux objet au final, dont on se demande ce qu’il pourrait donner entre les mains d’un réalisateur/scénariste plus inspiré.

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