Rennes-TFC : L’improbable série continue (Fou de Foot, 18 mars 2014)

C’est désormais dans un climat de normalité que le TFC engrange les points à l’extérieur. Serein et conquérant à Rennes, le club de la ville rose grimpe à la 8e place, à seulement trois points d’une 5e place au parfum européen.

Loin d’être rassasiés et déculpabilisés par la fin du syndrome Stadium, les Toulousains ont rendu une très belle copie du côté de la Route de Lorient. Sans maestria particulière, mais avec cette confiance habitant ceux qui se savent forts. Face à des Rennais au bord du gouffre, il n’en fallait guère plus. Et voilà le TFC doté de sa septième victoire à l’extérieur de la saison, toujours auréolé de sa série d’invincibilité en cours en déplacement (sept rencontres là aussi, 17 points pris sur 21 possibles), auteur d’un 3e succès de rang en Ligue 1 pour la première fois…en deux ans (24e à la 26e journée de 2011-2012) !

Aurier tient une nouvelle fois les rennes

Comment prolonger un peu plus ce cercle vertueux, né d’une défaite plus qu’honorable contre l’ogre PSG, sinon par un jeu totalement désinhibé ? Malgré quelques réajustements, volontaires ou forcés, le choix des hommes influe peu au sein de ce 3-5-2 discipliné. L’honnêteté serait d’ailleurs d’évoquer un 3-1-4-2, tant Aguilar a tendance à devenir le régisseur de la ligne défensive plutôt que l’élément le plus reculé de l’entre-jeu. Depuis la blessure d’Akpa-Akpro, cette partie du jeu s’est stabilisée autour d’un quatuor immuable : dans l’axe Didot et Chantôme démontrent une complémentarité que de nombreux clubs de Ligue 1 peuvent envier, à gauche Sylla affiche une belle progression malgré ses errements (voir par ailleurs), mais son travail est d’autant minimisé que de l’autre côté Serge Aurier continue de délivrer des prestations phénoménales. Dire que l’international ivoirien est censé être avant tout un arrière droit… À 21 ans, il est en train de prendre les manettes d’un club rejoint en janvier 2012 pour fuir la L2 (avec Lens). L’ambition déjà. Sans doute contribue-t-il à contaminer une maison violette habituée à une certaine quiétude. Auteur d’un nouveau but décisif (73’), il est comme à son habitude monté en puissance au cours de la rencontre. Son premier centre dangereux n’est pas repris par le duo Ben Yedder-Braithwaite (21’). Mais marque le début d’une série de débordements en flux continu. Malgré une forte sollicitation par Aurier de l’attaquant Danois, préféré à Ben Basat, ce sont deux coups de pied arrêtés qui ont souri aux violets. Peu coutumiers de la chose. Ce 0-2 à la mi-temps n’a pas changé leurs intentions, surtout pas celles de l’Ivoirien. Braithwaite manque le cadre sur un de ses nouveaux centres « à l’arraché » (49’). Le milieu droit finit par s’employer lui-même avec une frappe fusante (62’), dix minutes avant son puissant plat du pied qui mettait à l’abri de Rennais revenus entre-temps à 1-2. L’attentisme coupable Sylla-Boucher (87’) restera ainsi une péripétie. Entre les deux, Aurier fut dans tous les bons coups : à l’origine d’un coup franc dangereux (78’), auteur d’une nouvelle frappe hors-cadre (81’) et d’un centre susceptible d’amener un 4e but (85’). Encore un A+ au bulletin du détonateur, note qu’il convient d’accorder aussi à Clément Chantôme, enfin de retour à son top niveau après les parties plus quelconques livrées depuis sa blessure. Édifiant de constater que le club parvient à inscrire trois pions malgré des attaquants moins en vue : l’un simplement bon au lieu d’exceptionnel (Ben Yedder), l’autre en nette baisse de régime depuis un mois (Braithwaite). À défaut de posséder deux équipes, ce TFC-là peut compter sur des regains de forme tournants.

Boucher, ça commence à se voir…

Évidemment les défauts sont encore là. Récurrents. Plus que jamais. Ainsi le couloir gauche reste l’itinéraire privilégié par les adversaires des violets. En l’absence de Spajic, il était occupé en défense par l’approximatif Yago. Et que dire du rôle de Sylla en milieu de terrain ? Son apport offensif est bien réel, encore que l’équipe a tendance à opter pour le circuit préférentiel Aguilar/Chantôme/Aurier, mais sa lenteur au moment de se replier est coupable. Ses erreurs, autant que celles de Zacharie Boucher, sont à inscrire dans le cadre plus global des changements, intervenus pendant le mercato hivernal, aux arrières-postes. La défense communique peu ou mal, ce qui explique en partie l’augmentation des buts encaissés ces derniers temps : 16 lors des neuf dernières rencontres, alors que seulement un total de 23 durant toute la phase aller. Autre anomalie, cinq pénaltys concédés simplement lors des six derniers matchs (tous à domicile). On l’a compris, le nouveau portier de la maison violette est bien souvent abandonné par ses coéquipiers. Doit-on pour autant balayer ses manquements sous couvert de son bon état d’esprit ? Est-on autorisé à relâcher un centre peu dangereux sous prétexte qu’un latéral n’aura pas su empêcher sa concrétisation ?

La relégation de son prédécesseur, Ali Ahamada, en virtuel numéro 4 du poste (derrière Blondel, placé sur le banc et Vidal, gardien de l’équipe réserve) atteste que des critères autres que sportifs conditionnent son statut actuel. Heureusement dans le même temps l’identité du jeu s’est affinée, a davantage pointé vers l’attaque. Ainsi, à revers de sa dégradation défensive, le club haut-garonnais a déjà inscrit 17 buts en ligue 1 sur l’année civile 2014, quand il a difficilement atteint les 20 durant la première moitié du championnat.

Gageons que si le TFC avait été capable d’enchainer les rencontres à trois buts marqués en phase aller, les coups de mou d’Ali Ahamada auraient eu une allure plus anecdotique. Voire seraient passés crème.

Maintien acquis, et maintenant ?

Sur ce sujet comme sur d’autres il serait appréciable que le club précise sa politique. Que penser des déclarations post-match d’Alain Casanova du côté de la Route de Lorient ? « Il faut regarder devant nous, mais sans avoir d’ambitions démesurées. » Où serait cette mesure ? Terminer juste après le dernier accessit européen pour ne pas s’encombrer le calendrier l’an prochain, tout en grattant la prime plus importante ? Quelques millions d’euros naviguent entre une 6e et une 10e place. Mais l’histoire prouve que les calculs financiers et administratifs et/ou logistiques finissent par plier sous le poids de la motivation sportive. La 3e place de 2007 (et même la 4e de 2009) sont sans doute intervenus prématurément dans la croissance du club, menée au pas de gazelle depuis la remontée de 2003. Il ne convient pas pour autant de regretter ces expériences amères et formatrices, tant l’obtention de bons résultats européens dépend d’autres facteurs que la valeur sportive d’un groupe. Peu de joueurs ont vécus ces échecs, quand l’encadrement est demeuré stable, à commencer par le président Olivier Sadran et coach Casanova. Une qualification européenne ne serait-elle pas le meilleur socle pour un groupe en pleine éclosion ? Le comportement des dirigeants à l’intersaison vis-à-vis d’un Ben Yedder, pour qui les offres ne manqueront pas, ou d’un Chantôme, a priori appelé à retrouver le PSG où il aurait une infime chance de jouer régulièrement, en diront long sur l’éventuelle dimension que veut prendre le club. La stabilité devrait être de mise dans un effectif où seul Didot a connu l’intégralité de l’ère Casanova (débutée en 2008), tandis que près de la moitié des 27 joueurs recensés n’ont posé leurs valises au Capitole qu’à l’orée ou au cours de la saison 2013-2014 (Boucher, Veskovac, Spajic, Moubandje, Chantôme, Furman, Trejo, Aguilar, Braithwaite, Roman, Zaniou). L’émulation a fonctionné à plein tube cette deuxième partie de saison et rien, surtout pas la rationalité de bureaucrates, ne peut empêcher un groupe de se lancer un défi interne, de regarder un classement de plus en plus favorable sans nourrir d’ambitions.

Calendrier : à Toulouse le plus facile, Reims le plus dur et Lyon le destin entre ses mains

Les neuf points pris en trois matchs ont davantage de valeur encore, puisque dans le même temps ses devanciers au classement stagnaient légèrement (Lyon, Saint-Etienne, Reims) ou marquaient franchement le pas (Bordeaux, Marseille). Considérons Lille (3e avec 53 points) hors de portée et concentrons-nous sur ce qu’il convient d’appeler la course à l’Europe. Rappelons enfin que la 5e place sera selon toute vraisemblance qualificative pour l’Europa League compte tenu de la finale de coupe de la ligue PSG-Lyon (19 avril 2014). Autre possibilité, une place supplémentaire libérée selon le vainqueur de la coupe de France, quarts de finale à venir les 25-26 mars dont Monaco-Lens et Rennes-Lille. Il va de soit que les hommes du Rocher et les Dogues pourraient être les meilleurs alliés des prétendants à un strapontin.

Classement à l’issue de la 29e journée

4e

SAINT-ETIENNE

48 points

12

5e

LYON

45 points

9

6e

MARSEILLE

44 points

8

7e

REIMS

43 points

1

8e

TOULOUSE

42 points

-3

9e

BORDEAUX

41 points

2

Calendrier des équipes concernées

 

30eJ

31eJ

32eJ

33eJ

34eJ

35eJ

36eJ

37eJ

38eJ

 

Sochaux

Lyon

Nice

Reims

Rennes

Evian TG

Montpellier

Nantes

Ajaccio

 

Guingamp

StEtienne

Valenciennes

Paris

Toulouse

Bastia

Marseille

Lorient

Nice

 

Rennes

Sochaux

Ajaccio

Montpellier

Lille

Nantes

Lyon

Bordeaux

Guingamp

 

Bastia

Lorient

Paris

St-Etienne

Sochaux

Nice

Evian TG

Ajaccio

Rennes

 

Evian TG

Ajaccio

Lille

Sochaux

Lyon

Montpellier

Nantes

Guingamp

Valenciennes

 

Nice

Nantes

Rennes

Ajaccio

Guingamp

Lille

Valenciennes

Marseille

Monaco

En verts clairs les matchs à domiciles, en rouge les déplacements.

Confrontations directes : Lyon-Saint Etienne (31e journée), Reims-Saint Etienne (33e journée), Toulouse-Lyon (34e journée), Marseille-Lyon (36e journée) et Bordeaux-Marseille (37e journée).

 

Pour les neuf journées restantes, on ne compte en tout et pour tout que cinq croisements de chemin entre ces six équipes, dont trois concernent le seul Olympique Lyonnais. Un inconvénient en trompe-l’œil puisque le club rhodanien a l’opportunité de réaliser un beau coup double : les trois points dans sa besace, plus les trois points « virtuels » dont ils priveraient ses concurrents. À commencer

Détail non négligeable concernant le TFC-OL de la 34e journée, il est d’ores et déjà reporté à une date ultérieure puisqu’il s’agira du week-end comprenant la finale de la coupe de la ligue. Pas inintéressant de disputer cette rencontre après le verdict de la Thiriez Cup. Dans la perspective d’un accessit européen des hommes de Rémi Garde via cette compétition, il y a de fortes chances pour qu’ils trainent un peu la patte début mai.

Toulouse possède sur le papier le calendrier le plus favorable, sauf pour qui veut chipoter sur l’occurrence positive ou non de rencontrer des clubs jouant encore ardemment le maintien (Guingamp, Valenciennes, Evian TG, Nantes, Sochaux) plutôt que des équipes à l’abri du pire…et du meilleur.

Pour ce qui est de St Etienne, Marseille et Bordeaux, leur parcours parait équilibré, avec alternance de gros clients et équipes à leur portée. À noter pas moins de six adversaires communs avec le Tef’ pour les Verts de Christophe Galtier.

Seul Reims nous parait clairement le moins bien loti dans ce sprint final, notamment pour cause de déplacements des plus hostiles hors contexte touristique : Paris, les deux clubs corses et Nice. On ne donne pas chère d’une équipe n’ayant su profiter de notre si douillet Stadium…

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