Critique The Grand Budapest Hotel (Allociné, 19 mars 2014)

Allociné The Grand Budapest Hotel

The Grand Budapest Hotel de Wes Anderson avec Ralph Fiennes, Tony Revolori, F. Murray Abraham, Adrien Brody et une flopée de rôles secondaires prestigieux (USA ; 2013) ****

Le film retrace les aventures de Gustave H, l’homme aux clés d’or d’un célèbre hôtel européen de l’entre-deux-guerres et du garçon d’étage Zéro Moustafa, son allié le plus fidèle.
La recherche d’un tableau volé, oeuvre inestimable datant de la Renaissance et un conflit autour d’un important héritage familial forment la trame de cette histoire au coeur de la vieille Europe en pleine mutation.

À l’heure où une frange importante du public boude les comédies cousues du même fil blanc, formatées pour flatter les plus basses cellules de notre cerveau, une œuvre comme The Grand Budapest Hotel agit comme une bouffée d’oxygène salutaire. Que l’on soit initié ou non à l’univers de Wes Anderson (je me trouve dans le deuxième cas), nous pouvons adhérer sans mal à cette folle créativité esthétique et scénaristique, ce côté cartoon assumé, ce goût prononcé pour les couleurs et décors flashy. Des spécificités qui donnent un ensemble baroque, détaché des codes classiques de la comédie populaire, successivement drôle par une action fantasque ou une réplique tranchante. Sans perdre de sa cohérence via la force de tous ces stratagèmes s’imbriquant les uns dans les autres.  Sans la dévoiler totalement mentionnons à ce titre une des plus belles séquences d’évasion de toute l’histoire du cinéma, convoquant tous les classiques du genre pour aboutir en une surenchère savoureuse. La cavale qui suivra fera autant appel à l’imaginaire de l’auteur, chapeautant au mieux un scénario qui se permet de multiplier les apparitions/caméos de personnages sans perdre pied. Derrière le duo M.Gustave/Lobby Boy (Ralph Fiennes/Tony Revolori) se dévoile un incroyable éventail d’acteurs (Edward Norton, Willem Dafoe, Bill Murray Jude Law, Harvey Keitel), dans des rôles au diapason de la fantaisie ambiante. Mais inventivité et mise en scène ingénieuse ne font pas à elles seules un film : Wes Anderson les dote d’un sujet plus fort que ce qu’il ne parait de prime abord, offre une double lecture dans bon nombre de scènes, place le récit dans un ancrage spatio-temporel malgré son aspect « hors du temps ». Un jeu d’équilibriste subtil, presque imperceptible. La référence du générique à Stefan Zweig comme principale source d’inspiration, donne envie de plonger amplement dans l’œuvre de l’écrivain autrichien puis voir à nouveau le film pour cerner l’ampleur de l’hommage rendu. Le Septième Art n’est jamais aussi précieux que lorsqu’il pousse la curiosité à découvrir encore et toujours plus. Du cinéma, du vrai.

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