Critique Se battre (Allociné, 20 mars 2014)

Allociné Se battre

Se battre de Jean-Pierre Duret & Andréa Santana, avec des anonymes dans leur vie quotidienne (France ; 2014) *1/2

Aujourd’hui, pour plus de 13 millions de Français, la vie se joue chaque mois à 50 euros près. Derrière ces statistiques, se livrent au quotidien des combats singuliers menés par des hommes et des femmes qui ont la rage de s’en sortir et les mots pour le dire. À leurs côtés, des bénévoles se donnent sans compter pour faire exister un monde plus solidaire.

Se battre, un impératif à double sens pour le jeune kickboxer qui ouvre ce documentaire. Suit le témoignage de sa mère, essentiel pour prendre conscience du milieu social difficile dans lequel la famille évolue. On bascule ensuite sur d’autres individus, tous plus ou moins en marge de la société. À qui pour cause de retraite ennuyeuse, à qui suite à un déclassement social, à qui par l’insalubrité de son logement. Nous entrapercevons aussi des membres de réseaux associatifs leur venant en aide. À vouloir mettre trop de témoignages sur la table sans se soucier de dégager des recoupements de thèmes ou une quelconque progression narrative, les auteurs diluent leur louable entreprise. On devine aisément que les moyens à leur disposition n’ont rien de fastueux, mais ne serait-ce qu’un montage mieux pensé aurait pu donner du relief au propos. Pour exemple le cinéma/documentaire engagé de Pierre Carles, aussi grossier et bricolé qu’on puisse le juger, a le mérite d’opter pour des choix tranchés, un parti pris militant prompt à rassembler ou rebuter (voir par exemple Attention danger travail). Ici on survole beaucoup trop l’essence des différentes personnalités, tout en s’attardant de manière répétitive dans les locaux du Secours Populaire. Alors, est-ce, comme le suggère la communication autour du film, un objet susceptible de modifier la perception de la misère par les nantis ? Aucunement, faute à cette étrange neutralité qui persiste jusqu’au générique final. Aussi vrai qu’un bon traitement ne sauve pas toujours un sujet limité, un sujet porteur ne constitue pas à lui seul un film.

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