Critique Dallas Buyers Club (Allociné, 21 mars 2014)

Allociné Dallas Buyers Club

Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée avec Matthew McConaughey, Jennifer Garner, Jared Leto (USA ; 2013) **1/2

1986, Dallas, Texas, une histoire vraie. Ron Woodroof a 35 ans, des bottes, un Stetson, c’est un cow-boy, un vrai. Sa vie : sexe, drogue et rodéo. Tout bascule quand, diagnostiqué séropositif, il lui reste 30 jours à vivre. Révolté par l’impuissance du corps médical, il recourt à des traitements alternatifs non officiels. Au fil du temps, il rassemble d’autres malades en quête de guérison : le Dallas Buyers Club est né. Mais son succès gêne, Ron doit s’engager dans une bataille contre les laboratoires et les autorités fédérales. C’est son combat pour une nouvelle cause… et pour sa propre vie.

De l’utilité d’avoir le moins d’informations possibles sur un film avant de se rendre en salles. Sous peine d’en attendre monts et merveilles. Or, cérémonie des oscars étant passé par là, il est bien dur de regarder Dallas Buyers Club sans se focaliser sur ses deux acteurs récompensés d’une statuette. Juste consécration pour Jared Leto, devenu champion des seconds rôles ambitieux (La ligne rouge, Fight club, American psycho, Lord of war). Il excelle ici dans la partition d’une transsexuelle en fin de vie. Au-delà de la métamorphose physique que le rôle a nécessitée, il adopte postures et gestuelles féminines tout en délicatesse, loin de célèbres précédents ayant tourné à la caricature. Matthew McConaughey incarne l’antihéros dans ce qu’il a de plus repoussant : misogyne, raciste, arriéré. En combattant le virus dont il est infecté, il procédera simultanément à une remise en cause de ses vieilles « valeurs ». Disons que son changement total de perception intervient un peu trop rapidement pour convaincre, trop radicalement, bien que justifié dans un premier temps par des motifs peu louables (son business de médicaments). C’est dans sa deuxième phase que le film dévoile son intention : dénoncer les juteuses affaires de l’empire pharmaceutique, au mépris de l’efficacité des soins apportés aux malades. Nous avons alors droit au combat, classique parmi les classiques, d’un homme contre un Système. Hélas, le récit manque de souffle, faute à une réalisation proprette et sans identité particulière. Seule la scène d’ouverture, à l’atmosphère fiévreuse et haletante, laissait croire à un film à climats. Nous devrons nous contenter d’une œuvre de très bonne facture, ce qui est déjà pas mal.

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