AJACCIO-TFC, l’habitude ne gomme pas l’amertume (Fou de Foot, 1er avril 2014)

Encore plus que le gâchis devant Evian la semaine précédente, le nul ramené d’Ajaccio traduit la peur invisible qui inhibe une équipe sur le point de récolter la juste récompense d’un niveau de jeu en hausse constante depuis trois mois. Le Toulouse Football Club a tout pour être l’invité surprise de la saison, tel Nice l’an dernier. À force de tergiverser, il ressemble davantage à Lorient, une valeur sûre dénuée d’autre ambition que le rester.

« Arrêtez avec vos histoires d’Europa Ligue, nous n’en voulons pas de cette 5e place » aurait pu déclarer l’entraineur du TFC s’il s’appelait Francis Gillot. Il y a de quoi se poser des questions. Une tout du moins. Mais plutôt mille fois qu’une : « Pourquoi ? » Pourquoi un cadeau quasi tombé du ciel à la dernière minute d’un match se transforme en un cas épineux ? Pourquoi n’avoir pas déterminé au préalable l’identité d’un tireur, et s’y être tenu, comme cela se pratique dans tous les clubs sérieux ? Pourquoi ce manque d’autorité de Mr Rainville pour couper court aux quémandes inutiles des Ajacciens ? Pourquoi un joueur venant de réaliser une de ses plus piètres prestations en Ligue 1 s’estime apte à exceller dans un domaine qui n’est pas le sien ? Pourquoi lèse-t-il ainsi un autre, pour sa part auteur à nouveau d’un match plein ? Pourquoi leur entraineur n’est pas capable de faire valoir son autorité pour dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas ?

En définitive, pourquoi, comment et à quelle fin Jonathan Zebina a cru bon de tirer un pénalty crucial ? Son air figé, sa course d’élan frileuse, l’ouverture de son pied rigide, son regard sombre et perdu, tout traduisait le manque de confiance. L’ego de celui se sachant largement fautif dans les deux buts encaissés par son club ? La volonté d’impressionner des dirigeants lui ayant déjà garanti qu’il ne serait plus des troupes l’été prochain ?

Hold-up au coin du maquis

Le mal est fait. 2-2, score final. Deux nouveaux points de perdus, face au large dernier du championnat qui plus est, déjà auteur d’un nul au match aller.

Les prémisses étaient obscures, à commencer par l’absence de dernière minute d’Eden Ben Basat aux avant-postes. Braithwaite également blessé, le 3-5-2 ne fut conservé qu’en théorie grâce à l’avancée d’un cran d’Oscar Trejo. Les premières minutes furent timides. Flottement punis dès le premier coup franc ajaccien. Un sorte de mini-corner qui voyait Benjamin André catapulter le ballon sur la tête de Ricardo Faty (4’). Zebina a été devancé, Boucher battu. Comme souvent la révolte vient de l’intenable Serge Aurier, auteur de plusieurs centres depuis son aile droite, sans qu’ils ne trouvent preneur. Bientôt c’est toute l’équipe qui se mettait au diapason, monopolisant le ballon (66% de possession à l’issue de la première mi-temps) et perforait le rideau défensif des locaux. À un détail près : Memo Ochoa. L’énigme mexicaine (mais que fait-il donc dans le club corse ?) repoussait un tir de Didot (20’), s’interposait devant Ben Yedder (26’), s’emparait aisément d’une frappe de Zebina (27’), bénéficiait enfin de l’aide de son poteau sur une nouvelle saillie signée Chantôme (29’). L’ancien Parisien insistait, mais cette frappe fut cette fois claquée au-dessus de la barre (32’). Deux minutes plus tard, l’équipe assiégée sortait de sa boite, chance aidant. Mostefa déclencha un tir, Tallo dévia plus ou moins volontairement de la main (34’). Ça faisait 2-0.

Reconnaissons alors le grand mérite du TFC, Champion du retournement de situation cette saison (voir la statistique effarante de ses retours au score dans l’article concernant le match à Lorient :http://fou2foot.over-blog.net/article-lorient-tfc-les-nomades-vous-saluent-bien-122647603.html).

L’équipe continuait à réciter son football en dépit des circonstances. Et ça a payé. Festival de Ben Yedder à l’entrée de la surface, ponctuée d’une puissante frappe, Ochoa repoussa de nouveau, mais Sylla reprit victorieusement (37’). Petit couac en toute fin de première mi-temps avec un imbroglio impliquant deux toulousains, Chantôme et Spajic, restés au sol. Le Serbe a manifestement pris un coup et fut remplacé par Yago à la reprise. Le TFC reprit une domination stérile, se mit trop vite en danger à chaque perte de balle. Le pressing constant des violets constitua bientôt un étau se refermant sur la fierté corse : Ben Yedder chipa le ballon des pieds de Faty, adressa une passe en retrait à Clément Chantôme. Le métronome du jeu toulousain déclencha un tir croisé contre lequel Ochoa ne put rien (60’). Le retard fut comblé. La volonté toujours là : Aurier manquait le cadre de peu (63’) puis voyait sa frappe détournée sur le poteau (75’). Ochoa persistait à sauver les meubles dans les minutes suivantes, notamment par une envolée pour enlever un coup franc de Ben Yedder de la lunette à laquelle il semblait destiné (78’).

La rencontre allait se conclure sur un score de parité et nous n’avions rien à reprocher aux violets en termes d’intentions offensives. Sans l’échec du coup de pied de réparation de la dernière chance, nous aurions plutôt esquissé des regrets envers les errances défensives. Dans les deux cas le coupable désigné aurait été le même.

En route pour la huitième vict…Euh non merci, la huitième place

Sincèrement, quel amateur de ballon rond, éclairé ou non, a douté au vu des images de la 90’+3 que Zebina allait louper ce pénalty ? Tous les indices jaillissaient à vue : le long laps de temps passé entre le signalement de la faute et l’exécution de la sentence, le regard noir du capitaine, l’air contrit de Ben Yedder, le climat pesant autour du club corse, spécialiste de ce genre de retournements de situation en sa défaveur et soucieux de mourir avec honneur. Voilà que les violets passaient à côté d’un exceptionnel Grand Huit. Huit succès loin de ses bases, un quatrième de rang. Non, rien de tout cela. Non décidément, ce n’est pas tant la 6e place qui se refuse aux Toulousains, que ces derniers qui se montrent incapables de la camper. À l’issue d’un nouveau week-end où les résultats de ses concurrents directs lui ont ouvert la voie (nuls de Bordeaux, Marseille et Reims, défaite de Lyon), les violets ont préféré tourner sur place. Et qu’on ne nous raconte pas qu’un Ochoa en état de grâce a conclu son récital en repoussant une frappe faramineuse, la petite frappe poussiéreuse de Zebina aurait sans doute été sorti par un gardien de CFA tant sa trajectoire était lisible. Et peut-être même par Zacharie Boucher.  Les journalistes de la chaine retransmettant la rencontre tenteront bien d’arracher des mots aigres-doux à Clément Chantôme, mais le bon soldat a juré qu’on ne l’y reprendrait plus. Alors tout va bien du côté de la Ville Rose : Lille se présente pour un match de gala samedi prochain, les tarifs tomberont à 1 euro pour les dames, le résultat de l’élection de miss TFC sera dévoilée et peut-être même que les troupes sauront renouer avec l’habitude de se transcender face aux gros du championnat. Pourtant, aucun ne s’est incliné du côté de l’île du Ramier (nuls contre Marseille et Saint-Etienne, défaites contre Monaco et Paris). Les venues successives des Dogues et des Lyonnais permettront peut-être de mettre fin à cet énième paradoxe local. Pour un peu que chacun s’évertue à jouer avec ses qualités.

Classement à l’issue de la 31e journée

Oublions Saint-Etienne, désormais détaché, et resserrons notre classement aux adversaires encore à portée de tir des Toulousains. La 5e place serait européenne dans le cas de figure où Monaco gagne la Coupe de France et/ou le Paris SG remporte la Coupe de la Ligue.

5e LYON 48 pts +9
6e MARSEILLE 45 pts 7
7e REIMS 44 pts -1
8e TOULOUSE 44 pts -3
9e BORDEAUX 43 pts +2

 

Rappel matchs à venir des candidats à la 5e place

  32ej 33ej 34ej 35ej 36ej 37ej 38ej
LYON Valenciennes Paris SG Toulouse Bastia Marseille Lorient Nice
OM Ajaccio Montpellier Lille Nantes Lyon Bordeaux Guingamp
REIMS Paris SG St-Etienne Sochaux Nice Evian TG Ajaccio Rennes
TFC Lille Sochaux Lyon Montpellier Nantes Guingamp Valenciennes
GDB Rennes Ajaccio Guingamp Lille Valencienne Marseille Monaco

En verts clairs les matchs à domiciles, en rouge les déplacements.

Confrontations directes : Toulouse-Lyon (34e journée), Marseille-Lyon (36e journée) et Bordeaux-Marseille (37e journée).

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