OL-Juventus, chronique d’une élimination annoncée (Be In Sports Your Zone, 3 avril 2014)

Le tirage au sort des quarts de finale de l’Europa Ligue a été particulièrement cruel avec l’Olympique Lyonnais. Ce jeudi c’est ni plus ni moins que le grand favori qui débarquera à Gerland.
Voici en cinq points les raisons qui rendent ce défi insurmontable.
1 La Juventus est quasiment assurée d’un nouveau scudetto
À lire ici et là les comptes-rendus de la prestation des Turinois du côté de Naples (défaite 2-0) le week-end dernier, on croirait le club du piémont en proie au doute et à la frilosité. Ils oublient de préciser qu’avant le déplacement au San Paolo, le leader de la Série A comptait vingt points d’avance sur son hôte. Quant à son actuel dauphin, l’AS Roma, il vient tout juste de revenir…à huit points, suite à son match en retard remporté contre Parme. Une belle marge de manœuvre pour les zébrés à sept journées de la fin. D’autant que le calendrier ne leur réserve aucune embûche particulière d’ici le déplacement au stade Olympique de Rome à l’avant-dernière joute. De quoi aborder la perspective européenne l’esprit tranquille.

2 Qui peut cracher sur une finale de coupe d’Europe à domicile ?
La Juventus n’a rien à faire dans cette Europa Ligue, c’est entendu. Mais voilà qu’un concours de circonstances digne du film Les Collègues (terrain quelque peu miné) a permis à Galatasaray de l’exclure de la course à la grande sœur C1. En temps normal, les clubs italiens n’accordent que peu de crédit à ce genre de sous-compétitions, ne déplaçant pas foule. Or la coïncidence veut que la finale de la compétition a été programmée au Juventus Stadium. Un gage de pression supplémentaire et un beau moyen de minimiser le couac hivernal.

3 Un OL décimé par les blessures
On a beau dire qu’il n’y a jamais de bon moment pour « prendre » une équipe que l’on sait pertinemment supérieure à soi, il y a quand même mieux que la dynamique lyonnaise actuelle. La défaite face à Saint-Etienne exclut quasiment tout espoir de décrocher un accessit européen via le championnat. Et voilà la spirale de l’infirmerie, déjà empruntée en début de saison, qui ressurgit. Aux indisponibilités prolongées de Grenier et Fofana s’est ajoutée l’hécatombe des trois quarts de la ligne défensive face à Monaco, soit M.Lopes (tibia), Bisevac (ischios) et Umtiti (cuisse). Loi des séries, Gourcuff y est allé d’une énième rechute lors du derby dimanche dernier, sa cheville droite sévèrement touchée sur un tacle de Cohade. Tous ces hommes ne devraient pas être de la partie ce soir et obliger Rémi Garde à jongler de nouveau pour son onze de départ. Un milieu défensif s’improvisant défenseur central (Gonalons), un meilleur buteur se métamorphosant en meneur de jeu (Lacazette), ce ne sera pas le soir idéal pour expérimenter, mais quand il faut…

4 Quitte à sortir UN gros match dans l’année, autant que ce soit contre le Paris SG
Dans la foulée de cette double confrontation, les Rhodaniens auront à plancher sur la finale de la coupe de la ligue (19 avril). Sur une rencontre « couperet », les Gones sont plus susceptibles de se hisser au niveau d’un adversaire supérieur sur le papier. La configuration aller-retour laisse peu de place au coup de chance ou au fameux « match de leur vie ». Et pour le coup ce sera un PSG vraisemblablement tourné vers les demi-finales de Champions League qui lui fera face. Laurent Blanc a déjà démontré son goût pour le turn over calibré, il pourrait y aller encore plus franco que d’habitude lors de cette finale on ne peut plus mal placée sur le calendrier (à trois ou quatre jours de la demi-finale aller de C1 selon tirage au sort). De l’art de définir des priorités entre un doublé Championnat-Ligue des Champions ou Championnat-Coupe de la Ligue.

5 Un monde d’écart, tout simplement
Quand ton propre entraineur qualifie de « miracle » une éventuelle qualification, tu sais que toute résistance à l’ogre en face de toi sera saluée comme un acte de bravoure. Il y a encore quatre ans l’Olympique Lyonnais aurait sans doute abordé cette double confrontation la fleur au fusil. La Juventus, alors dans le groupe de Bordeaux en ligue des champions, avait dévissé là aussi en 3e place. Lyon avait tracé sa route jusqu’en demi-finales. Si la Série A n’est depuis une bonne décennie plus le championnat regroupant les stars mondiales du football, elle a retrouvé de l’allant offensif et les vertus de la formation. Emblème de ce mal pour un bien, la Juventus regroupe douze internationaux azurri, pour la plupart débauchés très tôt de petits clubs de la Botte. Ses vieux briscards (Buffon, Pirlo) font mieux qu’encadrer, ils sont le meilleur gage de réussite du club. Quant aux stars étrangères, elles doivent autant à un recrutement malin (Arturo Vidal, seulement 21 buts en quatre ans avec Leverkusen) qu’à des opportunités conjoncturelles (Carlos Tevez, acheté à un moment où on le jugeait déclinant ou le pari Paul Pogba). Une équipe désormais bien huilée qui tranche avec un OL en transition.

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