Après Sochaux-TFC, déjà l’heure du bilan (Fou de Foot, 15 avril 2014)

Voilà c’est fini…On a eu ce qu’on a voulu, et on peut même se demander si on n’a pas voulu ce qu’on a eu. Dès le maintien virtuellement acquis (barre des 42 points atteinte au soir de la 29e journée), les Toulousains ont basculé dans un rythme de sénateur. Face à un adversaire aussi motivé que le FC Sochaux Montbéliard, cela ne pardonne pas. Ce qui ne saurait masquer les enseignements d’une saison 2013-2014 plus intéressante que prévue.

 

La fin de l’invincibilité à l’extérieur en 2014 est presque passée inaperçue. Perdre chez ce Sochaux-là n’a rien d’honteux, ce stade où seul Valenciennes s’était incliné au cours de la phase « aller » est devenu une véritable citadelle imprenable depuis deux mois et demi. Ses résidents ont par ailleurs amélioré leurs prestations d’ensemble puisqu’ils ne comptent que trois défaites (à Lille, Monaco et Saint-Étienne, autant dire le top du championnat) au cours des douze dernières journées. Le TFC a subi le même tarif (2-0) que Bordeaux et Lorient avant lui, autres clubs spécialistes du ventre mou, anesthésiés par une place confortable, découragés par l’écart creusé par ses devanciers, sécurisés par l’écart obtenu sur ses poursuivants. Mettez tout cela dans l’ordre que vous voudrez. Contrairement aux couacs devant Evian TG et à Ajaccio, cette dernière prestation ne laisse aucun regret. À force de ne pas croire en leurs possibilités, les violets ont abdiqué (deux points pris dans les quatre dernières rencontres). À vouloir relever une mission impossible, les Sochaliens ont appliqué la maxime « dans le Doubs, ne pas s’abstenir ».

 

Match de la faim contre match de la fin

 

Et l’addition aurait pu être bien plus lourde. En à peine plus de dix minutes, les poteaux de Zacharie Boucher avaient tremblé à deux reprises (7’, 11’), saillies de Jordan Ayew, auteur de son match le plus accompli de la saison tous clubs confondus. Tour à tour, Corchia, Contout, Prcic et donc Ayew se jouaient de l’arrière-garde toulousaine, composée du même trio qu’au match précédent (Yago-Spajic-Veskovac). Il y a fort à parier que l’affaire Zebina, du nom de l’ancien capitaine, écarté depuis son initiative burlesque à Ajaccio, a davantage déstabilisé le secteur flottant de l’architecture violette. Face à l’équipe de L1 la plus prolifique dans le jeu aérien, la chance n’allait pas durer. Le même Ayew coupa victorieusement un centre de Contout (15’). Déjà peu entreprenants au coup d’envoi, les Toulousains s’ankylosèrent un peu plus et ne parvirent pas à prendre l’emprise sur le milieu de terrain, malgré le renfort du revenant Akpa-Akpro en lieu et place de Sylla. La torpeur des visiteurs tranchait avec la vive tension côté doubiste, ce que symbolisa la grosse colère de l’entraineur Hervé Renard (37’) sur une décision arbitrale anecdotique. Un homme saura apaiser sa colère : Alain Casanova. Cherchez l’erreur. Sur le terrain, la léthargie battait son plein et la mi-temps intervint sur le score de 1-0. Une statistique inquiétante surnageait : aucun tir tenté côté haut-garonnais contre sept à l’actif des locaux. Une misère à laquelle nous n’avions plus goûté depuis fort longtemps.

 

Tentative d’électrochoc ? Casanova effectua deux changements dés le retour des vestiaires. Exit Akpa-Akpro et Yago, bonjour Sylla et Trejo. Une remise en cause tardive d’un 3-5-2 en passe de convertir les plus sceptiques ? La surprise fut de taille, mais les rebondissements attendus se firent attendre. Pis, Sochaux réalisa un bis repetita avec Ayew cette fois dans le rôle du passeur et Contout pour la tête smashée (50’). Les toujours relégables (passés de la 19e à la 18e place à la faveur de la défaite de Valenciennes à Lille) accentuaient leurs assauts de manière plutôt maladroite, refusant de se contenter de cette avance. Compréhensible pour une équipe spécialisée dans les craquages de fin de match. Or elle n’aura pas vraiment l’occasion de trembler : une première tête hors cadre de Ben Yedder (63’), une frappe en pivot trop croisée du même homme (70’), une intervention dans les pieds signée Yohan Pelé (81’). Alors que les jaunes et bleus manquaient la passe aérienne de trois quand Boucher claqua au-dessus de la lucarne une tête de Sunzu (83’), Ben Yedder finit par toucher du bois à son tour (88’). L’avant-centre franco-tunisien reste la valeur-étendard des violets lors de ces matchs retours, d’autant plus dans un match où Serge Aurier, l’autre artilleur habituel, aura donné dans un registre faiblard. Quand l’envie n’est plus là, le talent suffit rarement. Quand le talent n’est pas flagrant, l’envie peut faire la différence. L’équipe de Sochaux ne récite pas ses gammes depuis deux mois, elle se contente de pousser la conviction à son paroxysme.

 

TFC-OL, dernière chance de gagner un match un gala

 

Encore cinq matchs à tirer donc. Dans une ambiance où le « vivement la fin » surpasse le « vivement demain ». Alors, qu’attendre du dernier mois de compétition ? Commençons par nous pencher sur la prochaine venue de Lyon, décalée de plusieurs jours pour cause de finale de Coupe de la Ligue. Ainsi la bête « blanche » des Toulousains (quatre victoires, deux nuls, une seule défaite lors des sept dernières joutes face à l’OL au Stadium) débarquera le mercredi 23 avril en fin d’après-midi. Soit dans l’euphorie d’une compétition remportée le week-end précédent, soit marquée par une nouvelle déception. Dans les deux cas, la probabilité d’un concurrent amoindri par les circonstances. Occasion idéale pour se faire pardonner les récents errements devant un public jusqu’ici témoin de déconvenues répétées face aux ténors du championnat (défaites face à Paris, Monaco et Lille, nuls avec Saint-Étienne, Marseille et Bordeaux). Le visiteur du jour, dix points d’avance sur le TFC, est solidement accroché à une 5e place à laquelle on pouvait légitimement croire il y a peu. Ce sera donc une partie dégagée de toute velléité comptable, une sorte de rencontre bonus, la seule éclaircie potentielle d’une fin de calendrier nous conviant à confronter des candidats au maintien (Montpellier, Nantes, Guingamp et Valenciennes). Le vrai challenge n’est plus sur le terrain, il s’est déplacé côté coulisses.

 

Mission 2014-2015 : Conserver l’essentiel de l’effectif et trouver un patron en défense

 

Cette saison de transition pourra être qualifiée de réussie si elle ne débouche sur un nombre de mouvements aussi conséquent que lors du dernier mercato estival. Aucun véritable flop n’est à déplorer parmi les récentes recrues : avec une cinquantaine de minutes jouées lors des deux dernières rencontres, Mihai Roman est impossible à évaluer, mêmes réflexions pour François Moubandje ou Dominick Furman, guère plus lotis en temps de jeu ; rayon « satisfactions » nous trouvons Clément Chantôme loin devant tout le monde, le Paris SG ne devrait pas hélas prolonger son prêt, suivent Abel Aguilar, solide ratisseur, Dusan Veskovac et Uros Spajic, membres d’une arrière-garde rugueuse mais correcte, et bien sûr Martin Braithwaite, prometteur attaquant en légère baisse de régime en cette fin de saison. Mention « peut mieux faire » pour Zacharie Boucher, victime en un sens d’une exposition prématurée sitôt débarqué, ce qu’il a ponctué d’une moyenne de 1,77 buts encaissés par match (23/13). Même verdict pour Oscar Trejo, pourtant volontaire et doué techniquement, ce qui ne s’est pas traduit en statistiques reluisantes.

Le bon sens voudrait que la majorité de ces dix nouveaux soient présents à la fin de l’été.

 

Pronostics partants : Chantôme, Moubandje

Pronostics bonnes surprises de l’an prochain : Trejo, Veskovac, Furman

 

Concernant les « anciens », qualificatif un peu galvaudé car la plupart n’ont que deux ans de vie au club, le constat est beaucoup plus mitigé. Ben Yedder, Aurier ou Didot ont franchi un nouveau palier (devront-ils quitter les terres toulousaines pour passer le prochain ?) quand Ahamada ou Zebina ont clairement régressé. Le premier a été poussé sur le banc de manière rude. Agé de seulement 22 ans, il ne devrait pas manquer de propositions pour rebondir. Le défenseur central, son aîné de treize ans, se posera sans doute la question de la retraite, dorée ou non. Cependant, l’absence de montant de transfert à régler pourrait attirer l’œil d’un dénicheur. Pantxi Sirieix a peut être livré sa dernière saison du côté de la Ville Rose, fin de décennie en mode mineur avec un cumul de 374 minutes jouées en onze apparitions.

 

Autres contrariétés, les approximations répétées de Steeve Yago et Issiaga Sylla, deux jeunes besogneux qui pourraient se bonifier au contact d’un taulier défensif rassurant. Le TFC ne possède pas cet oiseau rare et serait bien avisé d’en faire la priorité de son recrutement. Pour conclure sur cette zone de jeu, l’utilisation parcimonieuse de Jean-Daniel Akpa-Akpro n’a pas permis de le confirmer dans un rôle d’alternative. D’abord intermittent, l’ivoirien a gagné sa place lors des matchs retours, mais s’est blessé à son meilleur (six titularisations entre la 20e et la 26e journée, seule absence due à une suspension). Il mérite d’être revu sur du moyen terme.

 

Le fidèle Pavle Ninkov a rempli aussi bien que possible son rôle de joker, choix forcé devant les étincelles provoquées par Serge Aurier au poste de milieu droit. Sa patience a des limites et l’intérêt financier du club pousse à un départ imminent.

 

Dernières énigmes, les statuts d’Adrien Regattin et d’Eden Ben Basat. L’un a laissé entrevoir une fougue bienvenue lors de ses rares titularisations, l’autre un sens collectif certain et une efficacité en hausse. Deux éléments en sursis, ni sur la liste des dégraissages prioritaires ni pièces indispensables, juste des promesses susceptibles d’être confirmées selon le projet pour lequel opteront les dirigeants.

 

Pronostics partants : Ahamada, Didot, Ninkov, Sirieix, Zebina. Cinq hommes n’ayant plus qu’une année de contrat à honorer (pour les trois premiers), quand ils ne seront pas tout simplement libres en juin prochain.

 

Pronostics bonnes surprises de l’an prochain : Akpa-Akpro, Ben Basat, Regattin.

 

Stratégie globale du prochain mercato ? Garder presque tout le monde parmi les nouveaux arrivants de l’été 2013 et hiver 2014, laisser partir les cadres en manque de perspectives (à ce titre, le départ de Didot est probable mais pas souhaitable), recruter a minima en termes de quantité, a maxima niveau qualité : un défenseur central confirmé, un milieu axial à quatre poumons pour palier la perte de deux des grandes messieurs de la saison.

 

La stabilité serait donc le maître-mot, la seule attente de changement porte sur la position visée au classement. Et si le TFC ne se contentait plus du seul maintien ?

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