Critique States of Grace (Allociné, 25 avril 2014)

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Allociné States of Grace

States of Grace de Destin Cretton avec Brie Larson, John Gallagher Jr, Kaitlyn Dever (USA; 2013) *1/2
Sensible et déterminée, Grace est à la tête d’un foyer pour adolescents en difficulté. Parmi les jeunes membres de son équipe, diversement expérimentés, la solidarité et le bon esprit sont de mise. Jusqu’à l’arrivée soudaine d’une fille tourmentée qui ignore les règles du centre et renvoie Grace à sa propre adolescence… pas si lointaine.

 
Auréolé d’une solide réputation acquise tout au long des festivals indépendants qu’il a écumé, States of Grace illustre pourtant les limites de la transposition autobiographique littérale. Ne s’improvise pas metteur en scène qui veut. Aussi c’est sans finesse que Destin Cretton est passé d’un court sur le même sujet à son premier long-métrage. Tout n’est pas loupé, telles ces séquences où sont exaltées la libération par l’art de ces jeunes désœuvrés. Le rap de Marcus provoque même quelques frissons, mais reste comme une rare éclaircie dans la brume. Aussi grave soit-il, ce sujet devait-il être traité par les seuls pathos et grosses ficelles ? À force de survoler tous ses personnages, le film empile les bribes sans s’arrêter en profondeur sur la moindre histoire. À ne pas trancher entre fiction et documentaire, la narration noie aussi la quelconque empathie qui aurait pu naitre. Les scènes se succèdent sans le moindre souci de fil rouge ou de cohérence. Palme de la médiocrité à Mason, personnage interprété par John Gallagher Jr, dont la niaiserie et la candeur transpirent à chaque plan. À mille lieux de la saine ambition que recouvrait ce projet.

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