TFC-Lyon, un petit record inutile dans son genre (Fou de Foot, 26 avril 2014)

Il s’en est fallu de peu pour que les violets obtiennent une nouvelle victoire devant une équipe visiblement marquée par sa défaite en finale de la coupe de la ligue quatre jours plus tôt. Poteaux et maladresses en ont décidé autrement. Il est vraiment temps de tirer un trait sur une saison bercée par un tranquille anonymat.

 

Le constat est implacable : le TFC n’aura vaincu aucun des sept premiers du classement lors d’une réception au Stadium. Comment prétendre à une place dans le quinté final dans ces conditions ? On peut d’ailleurs globaliser le problème à l’ensemble des points pris dans son enceinte : sur 17 rencontres à domicile seules 4 ont rimé avec succès, bilan famélique digne d’un club aux portes de la relégation. Malgré une nette domination, il manquait le supplément d’envie pour faire plier le 5e du championnat, place qui paraissait encore accessible aux locaux il y a un mois.

TFC TFC-Lyon 23-04-2014 2 sur 2

Un visiteur fidèle à lui-même
Pourtant l’OL s’est présenté dans ses habits de victime idéale. Étrange série noire qui touche les Gones en terres toulousaines. Aucune victoire en près de neuf ans…et plus encore, pas le moindre but inscrit. La réception du club de Jean-Michel Aulas a souvent été un tournant dans le parcours violet, la prise de conscience d’un important potentiel qui sommeillait jusqu’alors. Telle en 2006-2007 où la clique des Emana-Elmander-Mansaré-Mathieu, alors 12e, faisait plier le leader de L1 (2-0) lors de la première journée des matchs retours. Dans la foulée le club enchainera une série vertueuse pour finir à une inespérée 3e place. La saison suivante les Lyonnais sont les premiers visiteurs du Stadium et chutent à nouveau (1-0), sans que les espoirs affichés ne se soldent d’une brillante année. Si le 0-0 reste le score de prédilection de cette rencontre (le troisième en huit saisons), les fulgurances des victoires de 2011-2012 et 2012-2013 (les deux fois 3-0) ont mis le TFC sur la voie européenne, avant que la route ne se dérobe sans la moindre logique sportive.

Or, en ce jour et cet horaire inhabituel (mercredi, 18h30) pour un club du ventre mou, il n’y avait cette fois aucune perspective à chercher à l’issue d’un match face à une équipe devançant son hôte de dix longueurs. Un OL toujours aussi décimé. Sont absents au coup d’envoi Gourcuff, Fofana, Grenier ou encore M.Lopes. Pour des raisons autres que médicales, Gomis démarre sur le banc. Côté TFC le bricolage est au rendez-vous, au vu du manque de sérénité de la base arrière et de la suspension de Chantôme. Notamment un Aurier descendu arrière gauche, Ninkov de retour en milieu droit et Trejo en milieu offensif. Sur l’aile gauche, Akpa-Akpro conserve le poste récemment récupéré au détriment de Sylla. Cet alliage porte ses fruits rapidement, avec comme à l’accoutumée Ben Yedder premier à se mettre en valeur, via une frappe croisée qui rase le poteau droit (5’). L’emprise toulousaine est massive durant le premier quart d’heure, grâce à un pressing constant et de belles projections vers l’avant par les deux ailiers. Il faut attendre la demi-heure de jeu pour voir le premier tir cadré adverse, il est signé Jimmy Briand, mais bien capté par Zacharie Boucher. Si l’on excepte les coups de pied arrêtés, les occasions sont d’ailleurs aux abonnées absentes de la première mi-temps. Même topo à la reprise : une tête décroisée de Gonalons qui rase le poteau droit d’un côté (51’), une envolée de Ben Yedder de l’autre (55’). Le jeu s’équilibre au milieu de terrain et se durcit fortement, comme l’illustre l’engagement viril entre l’attaquant star du TFC et Milan Bisevac (62’). Le Franco-Tunisien provoque le plus gros frisson de la rencontre avec une volée s’écrasant sur le poteau (65’), s’acharne en vain à reproduire son geste technique préférée (74’). Les dernières minutes sont pesantes et seulement riches en temps mort. Néanmoins les Toulousains se procurent une ultime opportunité dans les arrêts de jeu : bien lancé dans le dos de la défense, Braithwaite allume une première mèche…directement sur le poteau gauche, Regattin arrive comme un furibard et frappe largement au-dessus (90’+4). Le partage des points jette un sérieux doute sur la place de l’OL en coupe d’Europe l’an prochain, et confirme l’ancrage du TFC dans le carcan de l’inutile, entre la 7e et la 12e place.

TFC TFC-Lyon 23-04-2014 1 sur 2

Et maintenant un rôle d’arbitre de la relégation
Alain Casanova l’assure, il y a encore des défis à relever pour terminer la saison…tel celui de préparer la prochaine. Les quatre dernières rencontres devraient servir à réaliser des essais, aligner davantage des joueurs sevrés de temps de jeu ou privilégier le maintien de ceux assurés d’être de la partie en 2014-2015. Ou qui sait encore, de tester un nouveau dispositif de jeu, comme le 3-5-2 succéda en son temps au 4-1-4-1 ? Les dirigeants affirment vouloir conserver 90% de l’effectif actuel et ont rassuré les sceptiques avec les récentes prolongations de Didot et Akpa-Akpro, ils ont aussi précisé leurs intentions sur Zebina et Aurier, l’un en fin de contrat, l’autre attisant trop de convoitises pour être conservé.
Reste donc à finir dignement. Et là tout dépendra du degré de motivation des adversaires au moment M. Si l’on pouvait penser que Montpellier, prochain déplacement, et Nantes, prochaine réception, seraient deux clubs concernés jusqu’au bout par le maintien, ils bénéficient aujourd’hui d’une marge de manœuvre assez large pour laisser Guingamp (17e), Sochaux (18e) et Valenciennes (19e) derrière eux. Avec leur nul en match avancé vendredi soir, les Canaris sont à l’abri avec 44 unités, tandis que les Héraultais ont encore besoin d’une petite victoire pour atteindre la barre, censée suffisante, des 42 points. L’obtiendront-ils nécessairement lors de cette 35e journée ? Les deux ultimes rencontres paraissent davantage cruciales puisque le TFC ira chez l’actuel 17e le 10 mai avant de recevoir le 19e du moment une semaine plus tard. Match foutraque en vue au cas d’une équipe de VA condamnée mathématiquement. Partie autrement plus tendue en Bretagne alors que les Guingampais auront livré la finale de la coupe de France quelques jours plus tôt. Plutôt que de viser quelques millions de droits télé supplémentaires en passant de 9e à 7e, le Toulouse Football Club doit à ses supporteurs une fin d’exercice dénuée de tout calcul d’apothicaire. L’heure n’est plus au bonus, mais au plaisir.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s