Montpellier-TFC, une défaite comme tant d’autres (Fou de Foot, 29 avril 2014)

À croire que la huitième victoire à l’extérieur ne viendra plus. La force collective des hommes de Casanova n’a pas suffi face à une équipe qui avait encore un enjeu à relever. Et le risque de démobilisation totale pointe.

 

« En une semaine nous avons perdu cinq points » lâche Alain Casanova en conférence de presse samedi soir. Impossible de le contredire pour le coup. Les poteaux contre des Lyonnais amorphes le mercredi précédent, une incapacité à inscrire le but du KO à la limite de la pathologie face à un Montpellier miné par sa course au maintien… Une certaine continuité depuis un mois où les violets n’ont pris que trois points en six rencontres.

 

Un scénario vu et revu

Ce bilan comptable famélique doit beaucoup à un art renouvelé de se tirer une balle dans le pied. Avant l’OL et les Héraultais, il y avait eu la nonchalance ayant permis l’égalisation de fin de match d’Evian TG au Stadium ou le couac du pénalty décisif à Ajaccio. Neuf points balancés aux orties, un supplément non négligeable qui aurait entretenu l’espoir d’une qualification européenne. Aujourd’hui la modeste ambition de rester dans la première moitié de tableau ne fait pas rêver grand-monde. Mais elle a le mérite de ne pas inhiber les troupes. C’est un attelage étrangement conquérant qui a débuté la rencontre en terres héraultaises. Une pelouse où le TFC ne s’est plus imposé depuis mars 2004. Hormis l’absence pour blessure de Didot, le onze de départ était marqué par le retour de suspension de Chantôme et la confirmation du dispositif comprenant Aurier en arrière gauche, ainsi que la paire Akpa Akpro-Ninkov sur les ailes.

Le premier quart d’heure frise la perfection : Une possession de balle de 64%, un pressing très intense, une mise sous éteignoir des habituels feux follets adverses (Cabella, Martin, Deza), et surtout un but inscrit dès la première opportunité. Sur une passe en profondeur de Ninkov, Chantôme s’échappe, centre de la droite pour un Oscar Trejo démarqué. Le milieu offensif ajuste un plat du pied d’école et ouvre le score (5’). Décidément en forme, l’Argentin combine intelligemment avec Ben Yedder, action se concluant par une frappe hors cadre d’Aurier (10’). Les corners se succèdent pour les Toulousains, donnent lieu à des déviations dangereuses ou des frappes non cadrées telle une reprise de volée de Braithwaite (15’). Incapables de s’approcher de la surface adverse, les Montpelliérains frappent de loin, Boucher veille sur la tentative de Niang (25’) puis celle de Martin (41’). Les autres vélleités du suractif Niang voient le cadre se dérober (36’, 38’, 42’). Malgré un net recul de ses lignes à l’orée de la demi-heure de jeu, le TFC atteint logiquement la mi-temps avec l’avantage. Au rayon des principales satisfactions, l’apport d’Akpa-Akpro pour mener de rapides contre-attaques ou la solide copie délivrée par Uros Spajic dans l’axe.

 

Les nouveaux « coups de coaching » de Casa

La deuxième période reprend le schéma de Toulousains opérant par des contres redoutables. La basse arrière reste suffisamment solide pour contraindre les locaux à se montrer créatifs : centre fuyant devant Niang (53’), boulet de canon des 30 mètres de Stambouli, effleuré juste ce qu’il faut par Boucher (57’).

Survient un étrange remplacement : Chantôme quitte le terrain au bénéfice de Regattin. Ce n’est pas tant l’identité de l’entrant qui étonne, que les conséquences qu’elle implique. Déjà dominé dans la récupération au milieu de terrain, le TFC perd son meilleur pourvoyeur, lui substituant un homme davantage tourné vers l’offensive. Choix d’autant plus risqué en l’absence de Didot. Bientôt l’entrejeu n’existe plus et nous allons d’un but à l’autre. Les qualités de l’international marocain ne sont pas en cause, il s’illustre d’ailleurs rapidement par ses dribbles chaloupés (60’) et le match se débride un peu plus. Les occasions de tuer le suspense se multiplient, souvent gâchés par le manque de justesse entre Ben Yedder et Braithwaite, le second ne s’alignant pas sur le rythme du premier. D’où des choix individuels qui ne payent pas (64’, 68’). Le plus insensé est à venir lorsque, suite à un festival d’Akpa-Akpro côté gauche, Pionnier repousse sur sa ligne une véritable fusillade de Braithwaite, avant que Trejo n’expédie le cuir sur le poteau (74’).

RDH

Les Héraultais restent des possesseurs du ballon improductifs face à un bloc toulousain de plus en plus bas. La tendance se poursuit avec l’entrée de Yago à la place de Ninkov. Sur une nouvelle percée de Trejo conclue d’un centre, la tête depuis un angle fermé de Ben Yedder provoque des sueurs froides dans les travées (77’). Mais déjà l’euphorie succède à la peur panique. Entré depuis quelques minutes à la place d’un Deza essoré par de bels efforts vains, Aït-Fana se rappelle à ses heures de gloire de 2012. D’abord en reprenant d’un gentillet plat du pied un centre de Deplagne, ce qui suffit à clouer Aurier et Boucher sur leurs appuis (79’), puis en provoquant avec métier un pénalty (82’). Le crochetage de Veskovac est léger, mais bien réel, impossible de ne pas siffler dans la ferveur ambiante. Cabella, presque inexistant durant la renconte, transforme (83’) et assure quasiment le maintien des siens dans l’élite. Deux buts en quatre minutes, on pourrait rétorquer que cela arrive souvent sur l’ensemble d’une journée. Ceux-ci n’ont hélas rien d’irrationnels, ils témoignent d’un relâchement coupable plus que de l’aboutissement d’une pression. Dans les derniers instants, c’est le TFC qui en est réduit aux frappes lointaines, notamment par Trejo et Aguilar.

Ce scénario sonne comme le symbole d’un club, à la fois lassé que l’on écrive toujours la même chose sur lui et reproducteur zélé de ses travers. Rendez-vous le 7 mai face aux Nantais pour une rencontre où l’enjeu, entre deux équipes à l’abri, se limitera à la 9e place. Suivra un déplacement chez des Guingampais, qui seront sauf surprise encore susceptibles de relégation, et enfin une tristounette réception de Valenciennes, alors définitivement condamné. On souhaite bien du courage aux commerciaux du TFC pour nous « vendre » le caractère festif des dernières réceptions, à force coups de yo-yo tarifaires.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s