Critique I am Divine (Allociné)

Allociné I am Divine

-I am Divine de Jeffrey Schwarz avec Divine, John Waters, Ricki Lake, Tab Hunter (USA; 2013) ****
L’histoire de Divine, alias Harris Glenn Milstead : du jeune homme en surpoids de Baltimore à la drag queen de renommée internationale qu’il est devenu grâce à sa collaboration avec John Waters. Faisant fi des idées préconçues à propos de la beauté et des convenances en matière d’apparence physique, d’identité sexuelle et de sexualité, Divine est le symbole absolu du marginal devenu égérie underground.

 

Raconter de manière classique un parcours loin de l’être, voilà le défi que relève ce documentaire, vingt cinq ans après la mort de la personnalité publique dont il traite. Une dichotomie entre le fond et la forme susceptible de rebuter le public déjà éclairé sur la question, mais un exercice pédagogique nécessaire pour resituer le contexte social dans lequel se sont développées les frasques de Divine et de John Waters, réalisateur underground dont la radicalité artistique constitue l’abreuvoir de cette génération d’amateurs de cinéma B. Rien de révolutionnaire sur la forme donc, multitude de témoignages et compilation d’images d’archives se succèdent avec une belle complémentarité. Qu’importe puisque le fond regorge d’intérêts, laisse autant entrevoir les fêlures intimes que les exubérances manifestes. Au-delà de la célébration de sa figure de proue, ce film retrace trente ans de transformation sociétale : remise en cause de l’ordre moral et des conventions sociales qui sclérosaient les 60’s, libération des mœurs et excès de la décennie suivante, acceptation enfin d’un monde régi par les enjeux commerciaux. Divine apparait successivement comme avant-gardiste ou produit de ces changements, traverse les étapes de manière similaire à un personnage de fiction comme Forrest Gump, acteur omniscient autant que cobaye naïf. À la fois égérie du punk et du disco, sans se renier le moindre instant. À la fois jouisseur de l’art de se travestir et frustré d’enfermer sa carrière dans cette identité limitative. Et comme toute bonne icône de contre-culture c’est au moment où elle allait sortir de la marginalité qu’elle s’éteint.

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