Présentation/Preview Bellator 120, l’heure de payer pour voir

Bellator 120 Affiche

PRÉSENTATION BELLATOR FC 120
(17 mai 2014)
L’heure de payer pour voir – Conclusion de la saison 10

Dernier épisode de la fournée printanière du Bellator Fighting Championship, cette 120e édition est capitale pour la croissance de l’organisation. Malgré des désistements ayant rendu impossible la clôture de tous les tournois de la saison, les enjeux sportifs et financiers sont au rendez-vous. Notamment pour cause de diffusion en pay per view. Rite de passage devenu obligatoire sur le circuit américain, mais qui interroge sur la nouvelle stratégie de la compagnie. Coup d’essai, coup de maitre ?

 

Pour une fois les téléspectateurs de Spike TV n’auront pas droit à leur session martiale du vendredi soir. Du moins, ils ne seront gratifiés 24 heures plus tard que des rencontres de la très fournie carte préliminaire (neuf combats dont cinq via le site Internet de la chaine). À eux de juger si la suite du programme justifie de dégainer la carte bleue ou non. Après une tentative avortée en novembre dernier, le Bellator va tenter d’envoyer un signal fort aux autres outsiders au titre de numéro 2 mondial des Mixed Martial Arts.

Les vedettes à la rescousse
Et les embûches ont été légion face à cette « heure de vérité » qui se profile. La plus importante modification est intervenue tout juste une semaine avant l’évènement : le Champion poids légers, Eddie Alvarez, a dû annuler sa présence et de fait la tenue de la « belle » face à Michael Chandler. Cette opposition très attendue aurait dû être la cerise sur le gâteau, concrétiser une saison pleine où toutes les autres ceintures de la compagnie ont été défendues. En lieu et place, un titre interim en jeu entre le challenger officiel et le vainqueur du tournoi saison 9, Will Brooks. L’occasion de clarifier la donne et d’éviter l’embouteillage de prétendants, puisque un nouveau title-shot est promis au vainqueur de la finale du tournoi en cours, Marcin Held ou Patricky Freire. Une rencontre qu’il fut question d’intégrer à la carte de cette prestigieuse édition, avant la blessure du deuxième nommé. Or se situe ici la limite principale de la saison 10 dans son ensemble : elle s’achève sans que la moitié des tournois qui la composaient n’ait trouvé d’issue. Trois des six finales, actuellement en suspens, seront au mieux fixées pour les numéros estivaux. Heureusement la plus bancable d’entre toutes, la guerre entre Quinton « Rampage » Jackson et Muhammed « King Mo » Lawal aura bien lieu ce 17 mai au soir. Les deux anciens Champions mi-lourds, l’un à l’UFC, l’autre au StrikeForce, appartiennent enfin à la même bannière et trouvent une finalité à la longue bataille de mots livrée depuis des années. Un échange aigre-doux digne du concours de la plus grosse quéquette du rap français entre Rhoff et Booba.
Les raisins de la colère remontent à cette joute verbale de 2009, avec Bobby Lashley dans le rôle d’arbitre.

Depuis, chacun se sent obligé de commenter abondamment le parcours de l’autre. Lawal en mai 2010 avant l’affrontement Jackson/Evans à l’UFC 114 : « Ce sera un match à sens unique pour mon pote Sugar Rashad, c’est tout. Rampage peut gagner sur un punch, mais il n’a rien d’autre pour lui. Conditionnement physique, non. Vitesse, non. Athlétisme, non. Motivation, non. Ambition, concentration, non. Lutte, non. » Revanche Jacksonienne en bonne et due forme trois mois plus tard lorsque King Mo perd à la surprise générale sa ceinture StrikeForce aux mains de Rafael Cavalcante : « C’est ce qui arrive quand tu dis des conneries, espèce de p*** aux tétons percés. Garde mon nom hors de ta bouche maintenant, avant que je t’écrase gamin. »
La promo a largement mis l’accent sur le trash talking, il faut avouer que les autres aspects sont moins reluisants. Ce match arrive peut-être un peu tard. Malgré ses deux KO inauguraux au Bellator, Quinton Jackson (record de 34-11) n’affiche plus la forme physique des grands jours, son éternel game plan centré sur la boxe est connu de tous, donc susceptible d’être contré par qui ne fait pas du maintien du stand up une affaire de fierté. A priori Lawal est de ceux-là et ira volontiers sur le terrain de la lutte. Sa double défaite face à l’actuel Champion de la catégorie, Emanuel Newton, a sévèrement écorné son aura et l’incite à davantage de prudence encore. King Mo, largement moins expérimenté (12-3 et 1 no contest) est néanmoins favori pour accrocher un nouveau nom prestigieux à son palmarès.
Aperçu de ses performances les plus mémorables face à notamment Gegard Mousasi, Mark Kerr et Roger Gracie.

Shlemenko-Ortiz, tout à perdre…et si peu à gagner
Le co main event suscite curiosité et appréhension. Ressusciter le mythe des matchs openweight ou offrir en pâture une vieille gloire à un des Champions emblématiques de l’organisation ? L’objectif caché derrière le match up dénué de toute cohérence sportive entre la terreur des poids moyens Alexander Shlemenko et le légendaire Tito Ortiz, ne restera connu que des pontes du Bellator. À trois jours de son trentième anniversaire, le Russe devrait selon toute vraisemblance s’adjuger une douzième victoire au sein de sa compagnie fétiche. Champion survolté depuis sa prise de titre le 7 février 2013 (déjà trois défenses à son actif), il ne compte qu’un échec au cours de ses vingt dernières sorties. Et loin d’être un flop puisque son tombeur est un certain Hector Lombard, par décision unanime à l’issue de cinq rounds disputés. Shlemenko possède toutes les vertus du combattant carnassier : ultra-polyvalence acquise dés son entrée en MMA, hyper activisme (quatorze combats livrés pour la seule année 2004) qui l’a conduit à un record enviable de 50-7 aujourd’hui, goût pour l’accumulation de trophées dont certains impliquaient de livrer bataille deux à trois fois le même soir, sans oublier son vécu de globe-trotter, distillant son art de la Russie aux Etats-Unis en passant par le Brésil, le Canada, la Finlande…ou le Kazakhstan.
En comparaison, Ortiz (record de 16-11 et 1 match nul) passerait presque pour un pantouflard, un homme de la vieille école qui a eu la possibilité de débuter directement à l’UFC balbutiant de 1997. À l’exception d’une pige au West Coast NHB Championships, The Huntington Beach Bad Boy a disputé l’intégralité de ses rencontres dans l’Octogone. Sa lutte de classe mondiale n’est plus à démontrer, son endurance a également constitué une de ses grandes forces. Mais Tito le showman a depuis longtemps pris le dessus sur Ortiz le compétiteur. D’autant qu’une succession de blessures l’empêche de combattre régulièrement depuis 2007. Adieu celui qui assénait trempe sur trempe à Ken Shamrock et régnait sans partage au début des années 2000, bonjour le courageux outsider n’affrontant que des membres du top 10 light heavyweight, malgré une baisse de régime manifeste. Les chiffres sont impitoyables : un seul succès pour ses neufs derniers duels à l’UFC. Après une nouvelle coupure de deux ans, cela s’apparente à une mission impossible sur le papier. On peut comprendre néanmoins les motivations d’une star sur le retour, de près de dix ans l’aîné de son adversaire. Vu que Shlemenko a accepté de monter pour l’occasion dans la catégorie du dessus, la ceinture poids moyens ne sera pas en jeu, contrairement à sa crédibilité et celle du Bellator tout entier. Imaginons le plaisir que se fera Dana White, inamovible président de l’UFC, à railler une défaite surprise du Russe face à un hall of famer de son ancienne écurie. En termes d’images ce serait une catastrophe. Quant au scénario probable, un succès aisé du Russe, il serait perçu comme une simple logique du temps qui passe.
En attendant de juger sur pièce l’intérêt de ce combat, voici la façon dont il est vendu.

Michael Page, poursuite du buzz ?
Autre piège, celui tendu à Michael Chandler, désormais opposé au prometteur Will Brooks pour un titre de Champion intérimaire. Ce dernier a d’ores et déjà vengé son unique défaite en MMA (en quatorze combats) au cours du tournoi lightweight de la saison 9. Une domination de trois rounds sur Saad Awad qui valide la thèse du KO chanceux lors du premier duel huit mois plus tôt. Brooks pourrait bien continuer sur sa lancée et priver les fans d’une dernière manche Alvarez/Chandler.
Il s’agira vraisemblablement du duel technique de la carte principale, complétée par deux affrontements à l’odeur de souffre. La finale du tournoi poids lourds d’abord, consécration de l’ère des combattants de l’est dans la reine des catégories. Qui du bulgare Blagoi Ivanov, encore invaincu (11-0 et 1 no contest) ou de l’ancien Champion Alexander Volkov (21-4) ira défier Vitaly Minakov la saison prochaine ? Une chose est sûre, les Américains n’ont plus leur mot à dire chez les + de 93 kg du Bellator.
Pour l’anecdote, voici le motif du no contest figurant au palmarès d’Ivanov. À 1’00 ».
http://vbox7.com/play:07b9f5b9

Dans le rôle du jeune casse-cou arrogant et promis très tôt aux sommets, l’UFC possède une belle perle en Conor McGregor. Même approche ou presque concernant Michael Page. Le Britannique a remporté ses cinq premiers matchs avec une facilité déconcertante (tous finalisés au 1er round), doublant ses résultats d’un style spectaculaire et insolent. Absence de garde, façon de se mouvoir provocatrice, air détaché ostentatoire, Page reprend les codes comportementaux d’Anderson Silva avant même de s’être constitué son palmarès. Objectif buzz réussi, son nom est sur toutes les lèvres, d’où déjà des apparitions au Bellator et à la Super Fight League. Jusqu’à quand va durer le show ? Une chose est sûre, Ricky Rainey (8-2 et aucune victime réputée à son actif) n’a pas le background susceptible d’inquiéter les ambitions de Venom.
Pitreries ou fulgurances, chacun en jugera.

La carte préliminaire n’aura que peu d’intérêts concernant la hiérarchie des diverses catégories. Les fans français auront néanmoins un œil attentif sur la prestation de Cheick Kongo, de retour dans la cage du Bellator un mois et demi seulement après son échec au titre. Eric Smith s’annonce comme le client idéal à la relance, mais la méfiance est de mise. En cas d’impair, la French Sensation pourrait se retirer du circuit sans le moindre regret. Son transfert au Bellator est au moins une réussite sur un point, il lui a permit de reprendre la compétition à un rythme soutenu (Smith est son 4e adversaire en sept mois), loin des fréquences sénatoriales de l’UFC. Essentiel pour un homme à l’aube de la quarantaine. Il ne lui faudrait qu’une poignée de victoires pour prétendre à nouveau aux sommets. Et dans le pire des cas il pourra s’enorgueillir d’avoir été du soir où le Bellator a décidé de jouer dans une nouvelle dimension.

 

Carte complète du Bellator 120 (17 mai 2014)
Finale du tournoi Light Heavyweight : Quinton Jackson vs Muhammed Lawal
Catégorie Light Heavyweight : Tito Ortiz vs Alexander Shlemenko
Championnat Intérim Lightweight : Michael Chandler vs Will Brooks
Catégorie Welterweight : Michael Page vs Ricky Rainey
Finale du tournoi Heavyweight : Blagoi Ivanov vs Alexander Volkov

Catégorie Lightweight : Shahbulat Shamhalaev vs Fabricio Guerreiro
Catégorie Flyweight : Cheick Kongo vs Eric Smith
Catégorie Featherweight : Mike Richman vs Goiti Yamauchi
Catégorie Lightweight : Marcin Held vs Nate Jolly

Catégorie Featherweight : Zach Underwood vs Austin Lyon
Catégorie Heavyweight : Mike Wessel vs Justin Frazier
Catégorie Welterweight : Ben Brewer vs Andy Uhrich
Catégorie Welterweight : Anthony Lemon vs Codie Shuffield
Catégorie Bantamweight : Cortez Phelia vs Brian Hall

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