My Own Private Festival 2014 – 2e Présélection Séquence Court-Métrage vue du jury Mai 2014 (Arte Creative)

Dimanche 18 mai (Cinéma ABC)

Après quinze jours de projections dans diverses salles de Toulouse et sa région, l’ABC a accueilli l’ultime tour de piste de la deuxième présélection du Festival Séquence. Le public, présent en nombre, a désigné par son vote les deux courts-métrages qui intégreront la compétition française en novembre. Les membres du jury ont également été conviés à une table ronde à l’issue de la séance, histoire de plancher eux aussi sur la question.

T'étais où quand Michael Jackson est mort

T’étais où quand Michael Jackson est mort

Les films présentés

Ouverture du bal avec le vrai/faux documentaire Inupiluk. Prix du public au dernier Festival de Clermont-Ferrand, ce film donne à voir la découverte de la société industrialisée par des habitants du Groenland. Aventure humoristique que l’on aurait pu sous-titrer « Les pieds nickelés font de l’ethnologie », elle rend compte de la tendance infantilisante de tout accueillant pour son visiteur, de la relativité entre ce que les uns perçoivent comme routinier et les autres comme extraordinaire. Au final les deux Thomas auront tout autant joué le rôle de guides touristiques, que profité de l’occasion de porter un nouveau regard sur le monde qui les entoure.

De cette ambiance bavarde et joyeuse nous basculons dans un chaos silencieux avec Enfin la fin, mais ne pas se fier au fond alarmant, c’est d’un enterrement sous forme de feu d’artifice dont il s’agit. La volonté de réaliser un ultime pied de nez face à la mort. L’art, et surtout l’âme comme survivants à la fin de l’être humain ?

Oripeaux est, sous couvert d’une animation épurée, une belle charge contre cette même humanité, coupable de ravager son environnement naturel. Seule la résistance d’un petit garçon, leader d’une rébellion pacifiste, saura remettre en cause la loi du plus fort.

Place au véritable OFNI de cette présélection, le film franco/cubain Habana, débutant sous la forme d’un portrait/documentaire d’un jeune adulte désœuvré, élargissant son propos d’une chronique sociale, teintée d’un climat post-nucléaire, pour achever sa mue dans la science-fiction. L’utilisation du noir et blanc contribue à rendre cet univers fascinant.

Du futur nous basculons vers une imagerie kitsch assumée avec Et que ça saute !, pamphlet au rire jaune à l’encontre d’une société capitaliste qui a falsifié les règles du jeu et accru les écarts entre dirigeants fortunés et salariés précaires. Du cinéma militant faussement naïf, en partie grossier sur sa forme, sans perdre l’essence de son propos.

Autre choc visuel avec l’oscarisé Mr Hublot, fable au final positive, malgré sa contextualisation dans un monde hostile. Le personnage principal est replié sur lui-même, maniaque, miné de troubles obsessionnels compulsifs, élément à part entière d’une technologie envahissante. Et au milieu de cette domination du tout mécanique, il trouve un souffle salvateur avec l’adoption d’un compagnon canin bouleversant son quotidien. Ou comment raconter une histoire simple dans un univers sophistiqué.

Le point de départ de T’étais où quand Michael Jackson est mort ? est tout ce qu’il y a de plus basique : la rencontre anecdotique d’un homme et d’une femme. Et pourtant il projette toute la part de perspectives et de fantasmes ouverts par ce concours de circonstances.

Le film coup de cœur !

Rien d’extraordinaire en apparence : les rues de Paris la nuit, deux inconnus habités par le même objectif (rentrer chez eux au plus vite), un quiproquo prétexte à un échange viril, et voilà le cadre de T’étais où quand Michael Jackson est mort ? installé. La jeune femme manifeste de l’hostilité quant à son « suiveur », mais sa première perception cède vite la place à la curiosité. Les deux basculent dans une posture d’alliés objectifs, partagent bien plus qu’un taxi. Les regards disent davantage que les mots, les postures trahissent l’attirance, le mystère n’est plus synonyme de peur mais d’intérêt renforcé. Puis la rationalité et l’interdit reprennent le pouvoir, balaye l’éventualité d’un nouveau rendez-vous, d’une rencontre dans un cadre plus codifié. Final ni fataliste ni négatif, ayant pour but de préserver la magie du moment originel.

Le vote du jury

Pendant la diffusion du film surprise, soit une petite dizaine de minutes, le jury a débriefé la sélection proposée dans les grandes lignes. Une belle unanimité se dégage autour de Habana, de loin l’œuvre la plus ambitieuse et novatrice. Le deuxième choix provoque une plus vive interrogation : faut-il privilégier la qualité technique de Mr Hublot, ou la fraicheur de T’étais où quand Michael Jackson est mort ? C’est ce dernier qui emporte les suffrages, notamment pour la qualité de sa photographie et son art de la synthèse.

Rendez-vous en septembre pour la 3e et dernière présélection !

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