Review Bellator 120 – Des surprises aux conséquences problématiques

Étonnante, cette première édition en pay per view le fut. Pas toujours dans l’intérêt général de la compagnie. Entre un Tito Ortiz en préretraite qui tape le Champion incontesté des poids moyens, des pâles finales de tournois et un Michael Chandler méconnaissable qui se (et nous) prive d’une troisième manche contre Eddie Alvarez. Les cartes sont rebattues, mais le show a surtout pointé le gouffre qui sépare le Bellator de l’UFC.

Bellator 120 Ortiz vs Shlemenko (finish)

Résultats Complets du Bellator 120 (17 mai 2014)
*Quinton Jackson bat Muhammed Lawal par décision unanime (29-28, 29-28, 29-28) et remporte le tournoi poids mi-lourds saison 10.
*Will Brooks bat Michael Chandler par décision partagée (47-48, 48-47, 48-47) et devient Champion intérimaire des poids légers.
*Tito Ortiz bat Alexander Shlemenko par soumission (Arm-Triangle Choke , 1er round 2:27)
*Alexander Volkov bat Blagoi Ivanov par soumission (Rear-Naked Choke, 2e round 1:08) et remporte le tournoi poids lourds saison 10.
*Michael Page bat Ricky Rainey par TKO (1er round 4:29)

*Cheick Kongo bat Eric Smith par TKO (2e round 4:35)
*Marcin Held bar Nate Jolly par soumission (Armbar, 1er round 4:20)
*Fabricio Guerreiro bat Shahbulat Shamhalaev par soumission (Kimura, 1er round 3:29)
*Goiti Yamauchi bat Mike Richman par décision unanime (29-28, 29-28, 29-28)

*Austin Lyons bat Zach Underwood par décision technique (30-27, 29-28, 30-27, 3e round 3 :25)
*Mike Wessel bat Justin Frazier par TKO (1er round 4:28)
*Ben Brewer bat Andy Uhrich par KO (2e round, 2:40)
*Codie Shuffield bat Anthony Lemon par soumission (Rear-Naked Choke, 2e round 2:15)
*Brian Hall bat Cortez Phelia par TKO (3e round 0:24)
Si l’on ne peut même plus compter sur ses cadres où va-t-on ? Au sortir du plus grand évènement de son histoire le supposé numéro 2 du MMA est pour le moins brinquebalant. L’ancien Champion poids légers Michael Chandler avoue avoir disputé le plus mauvais combat de sa carrière, ce que deux juges sur trois ont confirmé en sacrant Will Brooks. Le tenant du titre poids moyens, Alexander Shlemenko, est monté exceptionnellement en light heavyweight…pour mieux être descendu en flèche. Mésaventure semblable pour son compatriote Shabuhlat Shamhalaev, vainqueur du tournoi de la saison 7 en poids plumes, surpris par la rapidité d’exécution d’un modeste opposant brésilien. Peut-on parler de renouvellement lorsque trois des grands vainqueurs de la soirée étaient des figures dominantes de l’UFC il y a déjà une huitaine d’années ?

Kongo, petite frayeur et grosse destruction
À commencer par Cheick Kongo. Opposé à un combattant sans grand background en MMA (6-1 avant la rencontre), mais dont il fallait redouter le niveau en lutte (il aurait tenu tête à Cain Velasquez d’après la légende), le Français n’avait pas le droit à l’erreur. Les apparences sont pour le coup peu trompeuses, Smith apparait peu affûté, et guère prêt à aller plus loin qu’un round. En face Kongo semble avoir récupéré des cinq rounds de résistance face à Minakov il y a un mois et demi, mais débute avec son habituelle prudence. Léger avertissement puis phase de clinch où Smith pousse sans construire quoi que ce soit, finalement il projette Kongo à 2 minutes de la fin du 1er round, se maintient au-dessus en demi-garde sans parvenir à trouver une ouverture, c’est alors que les deux sont en train de se relever que l’Américain enchaine des grosses droites sur un adversaire recroquevillé. À une minute de la fin il se redresse et les efforts de Smith apparaissent comme vains, beau travail de high kicks et de genoux pour le Français, histoire de rappeler que la boxe thaï est bien son domaine et de rééquilibrer le pointage. À l’orée du 2e round il est hors de question de s’en remettre à une décision incertaine, d’où un travail au clinch immédiat et c’est cette fois Kongo qui amène son opposant au sol, l’use de coups de genoux au corps, y va de continuels crochets droits et de coups de coude, Smith se relève légèrement mais reste acculé contre la grille et ne se défend plus intelligemment, il est KO debout. Un Kongo dans un style inhabituel de recherche du sol et de maintien du contrôle au corps au corps, la variété de ses frappes a sauté aux yeux face à un homme réduit à des enchainements de poings basiques. Accessoirement le vainqueur s’est souhaité un joyeux anniversaire lors de son speech (39 ans le jour même du combat), on n’est jamais si bien servi que par soi-même.

Bellator 120 Cheick Kongo vs Eric Smith

Au vu de son rapide épuisement on peut arguer du fait qu’Eric Smith n’aurait pas dû avoir sa place à pareille fête. Qu’importe, le Français avait une mission à accomplir, il s’y est attelé sans zèle niveau spectacle, mais avec un beau professionnalisme.
Renforçons le propos en évoquant la faiblesse de cette catégorie poids lourds dans son ensemble, reflétée par les deux autres oppositions du soir la concernant. En premier lieu la conclusion du tournoi qui permet à Alexander Volkov de prétendre aussi sec à la ceinture dont il a été délesté en novembre dernier. Après un premier round soporifique, l’élève du Red Devil Sports Club s’est emparé du dos de son concurrent bulgare avec une déconcertante facilité. Notons au passage qu’il a combattu à peine plus de dix minutes au cumul de ses trois batailles de la saison. Alerte au besoin de renouvellement dans cette catégorie reine qui peinait déjà à convaincre du temps où Cole Konrad y régnait. Pas sûr que la mission échoira à Mike Wessel, besogneux vainqueur de Justin Frazier dans une joute particulièrement décousue.

Bellator 120 Volkov vs Ivanov

Ni Newton/King Mo III ni Alvarez/Chandler III
Si Volkov aura droit à sa revanche, deux autres habitués du haut de carte ont vu leurs espoirs de conquête reportés à plus tard. À l’origine, Michael Chandler devait affronter Eddie Alvarez dans ce qui aurait constitué la « belle », après deux duels de toute beauté. Suite à la blessure du Champion poids légers, l’organisation a accéléré la promotion de Will Brooks, dernier vainqueur de tournoi dans cette catégorie et mis en place un titre intérimaire. Au sortir de ce choc de remplacement, nul regret tant le petit nouveau s’est révélé bien plus qu’un outsider. Cette deuxième défaite consécutive par split décision n’a rien d’honteux pour Chandler, mais la manière n’y était vraiment pas. Connu pour son style très complet, l’ancien Champion poids légers s’est quasiment contenté d’un rôle de lutteur sans grande créativité. Après deux rounds glanés de manière poussive, Chandler ne parvient plus à imposer sa lutte, recule de plus belle en stand up et subit de continuelles amorces de soumission par Brooks, notamment un Rear Naked Choke à chaque round. La 3e reprise est particulièrement un calvaire avec une série en position montée foudroyante et des frappes au corps vicieuses. Une notation 10-8 n’aurait pas été du luxe. Exigence vaine tant est élevé le degré de domination exigé par les juges pour attribuer cet écart significatif.

Bellator 120 Will Brooks vs Michael Chandler
Le 4e round marquait la même tendance, et un incident symbolique intervient à la dernière minute, un coup de genou à la tête lancé alors que la main de Chandler avoisinait le sol de manière balbutiante. L’arbitre interpréta le coup comme illégal et l’ancien tenant du titre de la catégorie put prendre un long moment pour récupérer, précisément lorsque le KO se profilait. Se sachant désormais contraint de gommer les impressions des deux précédents rounds, il embraye le dernier avec plus d’initiative, mais Brooks reste imperméable à ses takedowns. Survient alors le seul enchainement efficace de Chandler ponctué d’un knockdown et d’une tentative d’Arm Triangle Choke. Ce retournement de situation n’aurait pas manqué de panache, mais il faudra se contenter de ce succès mérité de Brooks, avortant, au moins provisoirement, la tenue d’une troisième manche Alvarez/Chandler.

Vaincu à deux reprises par le Champion des mi-lourds Emanuel Newton, l’ancien cador du StrikeForce Muhammed « King Mo » Lawal pouvait obtenir une troisième opportunité en cas de succès sur Quinton « Rampage » Jackson lors du main event de ce show. En vertu de l’inimitié très marqué entre les deux individus depuis 2009, l’intérêt de l’opposition se situait davantage dans la coulisse.
Haine féroce, combat peu enflammé, Jackson nous avait fait le coup une fois avec Rashad Evans à l’UFC 114. Le schéma s’est presque reproduit à l’identique. Ou du moins, faute de vouloir mettre les choses « aux poings », Mo a déployé sa lutte quand Rampage n’était voué qu’à livrer une rencontre de boxe. Quand une stratégie unidimensionnelle en croise une autre cela donne rarement un bel affrontement de MMA, et celui-ci n’a pas fait exception. Le vainqueur n’a pas convaincu, le perdant ne peut s’en prendre qu’à lui-même. D’emblée Lawal fonçait sur son ennemi et un single leg était suffisant pour ce faire. Tête basse Mo maintient la pression, sans spécialement mettre en danger son opposant. La technique « sangsue » se poursuit jusqu’à l’ultime minute du round placée sous le signe du stand up mou. Jackson revient bien plus déterminé à la reprise, impose son style de prédilection, amoche sérieusement Lawal et porte au sommet l’art du sprawl. Le clinch reprend sa loi au dernier round et à ce petit jeu King Mo tire son épingle du jeu, sans exercer un Ground & Pound assez puissant pour toucher de manière considérable son rival.

Mo Lawal vs Rampage Jackson
Certes sa lutte ne provoque pas de dommages visuellement perceptibles, mais Lawal n’est pas plus coupable que Rampage de la piètre qualité du combat, que l’on peut tout autant taxer de ne pas être sorti de sa zone de confort et de ses combinaisons de boxe si reconnaissables.
Flop parmi le flop, Jackson a d’ores et déjà confirmé que le titre n’était pas un objectif, encore moins quand c’est un de ses équipiers, Emanuel Newton, qui détient la ceinture. Alors il réclame un rematch pour perpétuer le buzz autour de cette rivalité, sous prétexte de vouloir obtenir un KO clair et net. Lawal acquiesce à cette proposition. Pas sûr que cela se traduise par un affrontement prodigieux.

Point commun entre les deux affiches étant allé à la décision : les juges ont privilégié un scoring évaluant les frappes et dommages importants à celui de l’occupation de la cage et d’amenées au sol prolongées en position favorable. Au nom du 10-9 round system, les fights auraient clairement pu déboucher sur un 3-2 pour Chandler ou 2-1 pour King Mo, surtout si l’on se remémore les décisions controversées ayant affectées les deux derniers championnats welters à l’UFC (St Pierre-Hendricks et Hendricks-Lawler).
Dans les deux nouveaux cas l’égalité était de mise à l’amorce du dernier round d’où une confrontation des deux fighters en connaissance de cause. En apparence justice a été rendue puisque ce sont les visages les plus marqués qui auront été déclarés perdants. Or on ne juge pas un combat de la même manière qu’une bagarre de cour d’école, d’où ce sentiment d’imperfection au coup de gong final. Notamment dans le cas Jackson/Mo, dont le rythme pesant ne garantissait pas d’issue plus incontestable dans l’hypothèse de deux rounds supplémentaires.

Bellator 120 Mo vs Rampage II

Autre star affichant le refus d’être mis au placard, Tito Ortiz. Avant le coup de gong son sort paraissait réglé et nous attendions simplement la confirmation du déséquilibre et de la mauvaise idée constituée par ce combat, par ailleurs dénué d’intérêt autre que symbolique. Et bien oui ce match up était insensé, mais la conclusion aura été tout autre que celle attendue. Shlemenko perd beaucoup de son crédit acquis en tant que Champion dominateur des poids moyens, car être défait par un homme à l’aube de la quarantaine et inactif depuis deux ans ne manque pas de piquant. Le Russe a-t-il été intimidé par le prestige de son opposant ? Sa boxe timide et son cardio assez vite défaillant ne trouvent pas d’explications rationnelles. Comment expliquer qu’il n’ait vu venir une exécution d’Arm Triangle Choke largement téléphonée ? De même un takedown plutôt grossier permettait dans un premier temps à Ortiz de prendre le dos, avant d’exécuter une transition mollassonne. Image désolante d’un Shlemenko succombant à un malaise plutôt que d’accepter la reddition avérée. Retour de la joie fiévreuse du Huntington Beach Boy avec ses célèbres pelletées de terre post-victoire. Malgré la nette différence de poids en faveur d’Ortiz, ce succès est aussi assourdissant que la finalisation express sur Ryan Bader il y a trois ans, jusqu’ici la seule victoire du Californien lors de ses neuf derniers duels. Il s’agissait bien d’une opposition Openweight dans le fond, puisque l’Américain affichait à la pesée près de dix kilos au-dessus de son concurrent, incapable d’avoisiner les 93kg, plafond de la catégorie. Si on y ajoute le processus du cutting/récupération, Ortiz approchait les 100 kg au moment du match. Un défi bien trop lourd et irréfléchi pour un poids moyens.

Bellator 120 Ortiz vs Shlemenko II

Le retour manqué de Shamhalaev, le tour de force de Marcin Held
Un an après son échec au titre des poids plumes face à Pat Curran, Shamhalaev n’a pas fait dans la facilité en croisant le fer avec l’expérimenté Fabricio Guerreiro. Il était cependant largement favori à l’aube de ce duel.
Le jeune brésilien (23 ans, record de 19-3), aucune victoire notable à son tableau de chasse, restait sur deux échecs en trois matchs au Bellator. La méfiance de rigueur concernait sa propension aux clés de bras diverses (juji, kimura, keylock), porteuses de douze de ses dix neuf victoires.
Shamhalaev (12-2) a débuté de manière tonitruante en saison 7, 100% de finalisations à la clé et un tournoi en poche. Ses défaites étaient à relativiser puisque le fait du Champion Pat Curran et d’un certain Khabib Nurmagomedov au M-1 fin 2009.
Pourtant censé être plus à l’aise que son adversaire jiu-jitsuka en stand up, le Russe est sur le reculoir lors de la phase pieds/poings. Le brésilien multiplie les enchainements de punchs et de front kicks, puis finit par trouver le sol au milieu du round suite à glissade de son concurrent. Il s’enroule autour de lui dans un faux contrôle latéral (le Russe sur le ventre avec un des bras de son adversaire bloqué), puis enchaine un travail de sape pour amener une clé de bras, Shamhalaev pousse pour se rapprocher de la structure, mais cela causera sa perte. Guerreiro bascule dans un vrai side control et conclut d’une Kimura.

Bellator 120 Shamhalaev vs Guerreiro

Dans l’attente de disputer la finale du tournoi lightweight de cette saison, Marcin Held remettait en quelque sorte son statut en jeu dans un combat à l’allure de piège.
Held (18-3 dont 7-2 au Bellator), vaincus notamment par Chandler et Dave Jansen en finale de tournoi (mars 2013), est déjà une figure enviée pour sa large palette de soumissions (RNC, Armbar, Heel Hook, Kneebar, Arm-Triangle).
Jolly (12-6), a notamment perdu contre Jamie Varner et Dustin Poirier, tous deux à l’UFC actuellement. Il peine à convaincre d’un quelconque style incisif, d’où huit de ses victoires par décision dont les six plus récentes. Un simple plan de secours de prime abord.
Début de l’opposition survolté avec un knockdown express des deux côtés lors des vingt premières secondes en mode dirty boxing. Held prend ensuite le dessus en corps à corps, plaque ensuite son concurrent contre la grille, puis le projette en saisissant le dos. Amorce de position de RNC, Jolly retarde l’échéance mais ne peut se débarrasser de la sangsue sur son dos. Patiemment et sans forcer le finaliste du tournoi lightweight poursuit sa construction avec des frappes n’ayant pour but que d’améliorer l’emprise. Et c’est alors que Jolly parvient à s’extirper et lui assène un ground and pound que Held change d’idée et place une juji-gatamé d’école à 40 secondes de la fin du round.

Bellator 120 Marcin Held vs Nate Jolly

Mister « Provoc » Page au rendez-vous
L’OVNI du MMA a encore frappé et continue de cliver l’assistance. Objet d’un buzz depuis ses débuts, Michael Page (5-0) croisait un Ricky Rainey sans grande envergure (8-2 dont 1 victoire au Bellator 116). Ceux qui dénoncent le style de Page comme de la poudre aux yeux auront encore du grain à moudre.
Bras gauche levé, doigts pointés en forme de bec (apparemment son geste caractéristique) pendant tout le staredown, regard provocateur, petits mouvements de moulinets du bras droit, déplacements ultra rapides confinant à de la danse et toujours cette absence de garde caractéristique. Tous les ingrédients de l’homme que l’on aime détester ont été au rendez-vous. Puis le talent aussi il faut bien le reconnaitre. Lorsqu’il déclenche ses coups en diffusant l’idée d’une non-implication, fixe l’arbitre ou l’horizon plutôt que son adversaire, et que cela fonctionne toujours aussi bien. Prépondérance de jabs du gauche puissants et beaucoup de coups venus d’ailleurs évoquant Jon Jones. Ce sera cependant une percussion plus classique, gros crochet droit, qui mettra fin à la résistance de Rainey à trente secondes du terme du 1er round. Page ponctue le tout de révérences appuyées envers les quatre coins de l’arène, dont une partie a tendance a largement conspué son style tape-à-l’œil. Il conclut de ses doigts pointés en bec, serait-ce un mouvement appelé à fédérer ses fans dans le futur ?

Bellator 120 Michael Page vs Ricky Rainey (gif finish)

Le danger pour ce type de phénomène est de tomber dans la logique du « toujours plus » d’un combat à l’autre, prendre un peu plus de risque à chaque fois pour se montrer spectaculaire. Sans être vraiment inquiété, il a pour la première fois dû se sortir d’un corps à corps défavorable et obtenu le succès plus tardivement que lors de son duel précédent (4:29 contre 3:48). Pas de quoi modérer l’emphase de ce showman, seul éclair de renouveau aux côtés de Will Brooks. Et dieu sait que le Bellator a besoin de cette fraicheur, au moment où certains de ses cadres flanchent.

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