Bilan du TFC 2013-2014 – Le carnet de notes Partie 2 (Fou de Foot)

Suite du débriefing très scolaire sur le dernier exercice des violets en Ligue 1. Cette deuxième partie est consacrée aux joueurs dont on peut qualifier la saison de correcte voire satisfaisante.

 TFC Bilan 2013-2014 Logo sur fond tribune revendicative

 

*Abel Aguilar 14/20

27 matchs – 2452 minutes – 1 but – 7 cartons jaunes

Rude voire rustre, le transfuge colombien que peu connaissait avant l’été dernier (malgré 40 sélections en équipe nationale) a remplit sa mission sans hésiter à y aller de la semelle quand nécessaire. Soyons clair, avec ce type de joueur, nous ne parlons pas de conduite de balle bluffante ou d’art de l’ouverture millimétrée, mais davantage d’un travailleur du football, un besogneux à l’investissement certain. Fort de sa riche expérience (Udinese, Saragosse, La Corogne), Aguilar occupe le rôle ingrat d’empêcheur de jouer en rond…central en l’occurrence. Il ratisse, il s’accroche aux basques, il contrarie les transmissions, et se contente (souvent) une fois le bébé récupéré, de le glisser à son entourage direct, tels Chantôme, Didot ou Sylla. Un style agressif enrageant pour l’adversaire, ce qui conduit à sa présence simultanée dans les camps de ceux commettant le plus de fautes et ceux en subissant plus que la moyenne. Au fil de la saison, son influence a pris de l’ampleur dans l’entrejeu, l’a incité à davantage porté la balle, voire transpercer le premier rideau défensif et déclencher des frappes lointaines. Une belle satisfaction malgré les limites évoquées.

TFC Bilan 2013-2014 Aguilar vs PSG

Son match référence : Paris SG-TFC 2-0 (8e journée)

Fin septembre, Abel Aguilar n’a encore rien démontré au cœur d’une équipe cherchant son équilibre. Pire, il n’a plus joué la moindre minute depuis une défaite à Bastia à la 4e journée.

Il va affirmer son style viril lors d’une rencontre où il tâte le cuir à 70 reprises (ratio égal à celui de Chantôme, et seulement 4 ballons en dessous de celui de Didot), commet cinq fautes et en subit quatre en retour. La propreté de son football se matérialise aussi par un joli 86% de passes réussies, même si loin des 97% de Chantôme. Et bonus non négligeable, il joue des épaules (et vaguement des coudes) avec Monsieur Zlatan Ibrahimovic et l’expédie face contre terre. À une époque où tous les joueurs défensifs de L1 sont intimidés par le géant suédois, c’est un inconnu de la maison violette qui démontre ne pas le craindre.

 

*Martin Braithwaite 13/20

32 matchs – 2600 minutes – 7 buts et 6 passes décisives – 1 carton jaune

Bilan mi-figue mi-raisin pour l’attaquant danois. Pressenti au cours des matchs allers pour être celui des trois avants-centres à finir avec le total le plus reluisant, Braithwaite aura stoppé son compteur lors de la 25e journée à Lorient. Suivait son invraisemblable loupé sur la ligne face au PSG et un positionnement plus en retrait en faveur de Ben Yedder, auteur lui de neuf buts lors des treize derniers matchs de championnat. Aussi le successeur attitré de Daniel Braaten, sportivement et esthétiquement, aura donné l’image d’un buteur à éclipses, d’un homme parfois absent des phases entières d’une rencontre. Malgré des données chiffrées satisfaisantes concernant la dernière passe, sa complémentarité avec Ben Yedder n’a que rarement sauté aux yeux.

TFC Bilan 2013-2014 Braithwaite

Son match référence : Bordeaux-TFC 0-1 (20e journée)

Cette rencontre est une espèce d’OVNI dans la saison du Danois, il y touche environ le double de ballons qu’à son habitude (55) et plus de deux fois le total de son compère offensif du soir (Ben Yedder, 25), gagne une succession de duels en redescendant s’alimenter en milieu de terrain, se permet même quelques centres bien sentis, adresse enfin une ouverture lumineuse qui permet au même Ben Yedder d’obtenir un pénalty, hélas manqué. Qu’importe, le début de 2e mi-temps se concrétise par l’ouverture du score de Braithwaite sur une « passe de la mort ». Cette victoire dans le derby de la Garonne amorçait une série vertueuse.

 

*Ali Ahamada 12/20

21 matchs – 1890 minutes – 1 carton jaune

Quel est donc le crime honteux qui justifie que l’international espoir ait été délesté d’un poste de gardien titulaire détenu depuis 2010, au profit d’un petit nouveau à la mi-janvier ? Un passage au travers lors d’un naufrage collectif devant Rennes (0-5) comme il en arrive un tous les cinq ans ? En dehors de ce camouflet, Ahamada n’a jamais démérité. Essentiel pour ce qui est de points glanés de manière inespérée à l’extérieur, comme à Monaco où il activa le mode « mur » (0-0) ou à Lyon (1-1), il est aussi auteur de trois « clean sheet » à domicile, loin d’être négligeable quand on connait le bilan collectif au Stadium.

TFC Bilan 2013-2014 Ahamada Détente vs Valenciennes

Son match référence : Reims-TFC 1-2 (10e journée)

La deuxième victoire de la saison à l’extérieur doit beaucoup au dernier rempart toulousain. Rentrés aux vestiaires avec un but d’avance flatteur, les violets subissent les assauts des locaux durant l’ensemble des 45 minutes suivantes. L’échéance de l’égalisation est retardée en vain, mais au cœur de la vague rémoise Ali détourne un vicieux coup franc placé au ras du premier poteau (67’) puis sort des deux poings pour interrompre une offensive particulièrement dangereuse (71’). Quelques minutes plus tard, le hold-up prend la forme d’un pénalty de Braithwaite.

 

*Uros Spajic 12/20

32 matchs – 2584 minutes – 9 cartons jaunes et 2 cartons rouges

Dans le genre viril, le défenseur central/latéral serbe s’est posé là. Ceux qui espéraient voir débouler un successeur à Mauro Cetto en sont pour leurs frais. Commencée de manière cocasse lors de la purge à Valenciennes (expulsion directe pour une faute…de Yago), sa saison s’est finalement avérée largement positive. À son actif, une volonté de fer qui lui permet de lutter avec ses armes, malgré ses limites dans le jeu aérien et le sens du placement sur coups de pieds arrêtés. Son palmarès peu flatteur au niveau des avertissements reçus témoigne aussi bien de sa tendance aux fautes grossières que de son hyperactivité.

 TFC Bilan 2013-2014 Spajic vs Evian TG

Son match référence : TFC-Evian TG 1-1 (30e journée)

Sans ce flottement collectif provoquant l’égalisation en fin de rencontre, cette réception d’ETG avait tout de la copie parfaite pour le trio défensif Spajic-Zebina-Veskovac, encore qu’un léger manque d’agressivité avait permis des face à face inopportuns entre Bérigaud et Boucher. Dans son style guerrier, Spajic aura conquis vingt ballons, délivré 85% de relances propres et même réussi à trouver le cadre sur une de ses deux frappes.

 

*Dusan Veskovac 12/20

14 matchs – 1260 minutes – 1 passe décisive – 2 cartons jaunes

Adaptation ultra rapide pour l’une des trois recrues du mercato hivernal. Titularisé pour la première fois en latéral droit lors du succès au Moustoir de la 25e journée, il n’a pas loupé la moindre minute de jeu depuis. Un peu moins rugueux et légèrement plus technique que Spajic, il est de la trempe des bons petits défenseurs ne s’aventurant que très peu hors de leur zone de prédilection. À noter tout de même une passe décisive à l’attention de Ben Yedder pour ce qui constitue l’ultime but de la saison.

TFC Bilan 2013-2014 Veskovac vs Guingamp

Son match référence : TFC-Nantes 1-1 (36e journée)

Lors d’une rencontre où les violets ont monopolisés le ballon à 65%, le petit nouveau n’a pas été en reste avec une soixantaine de ballons joués et 95% de passes réussies. Sa solidité défensive n’aura été qu’une maigre consolation puisque c’est une nouvelle victoire à portée de bras qui s’échappait, enfonçant un peu plus le bilan à domicile du club haut-garonnais.

 

*Jean-Daniel Akpa-Akpro 12/20

22 matchs – 1474 minutes – 1 but et 1 passe décisive – 5 cartons jaunes

Un cas à part qui laisse toujours aussi circonspect. Autant sa fougue et ses orientations offensives séduisent, autant son repli et son implication dans les duels laisse à désirer. Le tout complexifié d’un physique fragile, cause de nombre de ses absences et son impossibilité de devenir un titulaire à part entière. Ainsi sa malencontreuse rechute face au Paris SG (26e journée) alors qu’il venait de livrer plusieurs rencontres de haut niveau entre la fin de la phase aller et le début des matchs retours.

TFC Bilan 2013-2014 Akpa-Akpro vs PSG

Son match référence : Nantes-TFC 1-2 (18e journée)

Quel panache ! Un but, treize ballons gagnés, 85% de passes réussies, cinq centres après des débordements dont il a le secret, la Beaujoire a été le temps d’un soir le jardin de JD Akpa-Akpro. Bien sûr, un certain déchet technique est toujours là (17 ballons perdus), mais ne saurait mettre en cause l’audace de ce feu-follet. À l’heure des footballeurs roboratifs, une telle fraicheur doit être encouragée.

 

*Adrien Regattin 11/20

20 matchs – 859 minutes

L’envie ne fait pas tout. La tentation de traiter le cas Regattin de la même façon que celui d’Akpa-Akpro est forte. Les deux hommes ont néanmoins des qualités et des vocations différentes. Quand l’un bouffe littéralement la ligne de touche et vise à distribuer des caviars, l’autre ne jure que par l’axe et l’attirance vers le but. Quand l’un est un adepte de la fine esquive, l’autre provoque volontiers les chocs par son goût des dribbles endiablés. Quand l’un demande sagement le ballon, l’autre mord dedans comme un mort de faim. Le marocain correspond évidemment à la deuxième description. Son maniement du ballon a peu d’équivalent dans l’effectif violet et se concrétise par l’affolant nombre de fautes commises sur lui : 46, alors même que son temps de jeu cumulé n’atteint pas les dix rencontres. L’histoire dure hélas depuis plusieurs années : Regattin demeure ce jeune au talent certain ne sachant pas se fondre dans un collectif. Sans doute convaincu lui-même de son don, il choisit encore trop souvent la solution personnelle. Illustration en cette fin de saison avec son acharnement à vouloir marquer face à Nantes (1-1, 36e journée). Pas moins de cinq tirs pour aucun cadré, attitude que ses détracteurs auront tôt fait de qualifier d’égoïste.

TFC Bilan 2013-2014 Regattin fin de match vs Bordeaux

Son match référence : Bordeaux-TFC 0-1 (20e journée)

Le temps d’un soir du côté de Chaban-Delmas, Adrien Regattin a véritablement rendu fou toute une équipe. Peu l’ont remarqué hélas puisqu’il a eu la mauvaise idée d’être excellent au moment où son club accomplissait sa prestation collective la plus aboutie. Les dix fautes commises par les Girondins sur sa seule personne témoignent de sa conduite de balle irascible. Ses colossaux totaux de 90 ballons touchés et 90% de passes réussies, un soir où le TFC devait se passer de Chantôme, prouve qu’il peut être mieux qu’un plan B. Seul bémol, le cadre s’est de nouveau dérobé sur chacune de ses trois tentatives.

 

*Oscar Trejo 11/20

32 matchs – 2073 minutes – 2 buts et 1 passe décisive – 5 cartons jaunes et 1 carton rouge

Le meneur argentin est le prototype du joueur que l’on aimerait adorer, et même que l’on apprécie pour sa savante façon de manier la chique avec élégance, mais qui au final insupporte par son manque de précision et de pragmatisme dans les trente derniers mètres. À titre d’exemple, il aura fallu attendre la 6e journée pour qu’il effectue son premier tir cadré, malgré des titularisations constantes et l’évolution dans une zone de jeu censée faire naître le danger. Au final, il sera parvenu à cadrer 9 de ses 36 tentatives, une misère ! Sa proportion de ballons perdus est tout aussi éloquente, sur ce même match à Saint-Étienne il laisse échapper pas moins de vingt fois le précieux. Adaptation délicate à la Ligue 1 pour ce relatif petit gabarit n’ayant connu que le championnat albiceleste et la Liga ?

 TFC Bilan 2013-2014 Trejo vs OL

Son match référence : TFC-Lyon 0-0 (34e journée)

Ici, le terme « référence » prend toute sa signification, ne se traduit assurément pas par « meilleur » mais par « emblématique ». Trejo a délivré une prestation résumant l’entièreté de sa première saison dans la ville rose. Joueur à toucher le plus de ballons (78), et à en perdre plus d’un tiers (28), il est aussi le premier à alimenter le duo d’attaque, à percer au milieu d’un OL très regroupé. Las, il se distingue par un tir…non cadré bien entendu.

 

*Eden Ben Basat 11/20

24 matchs – 846 minutes – 4 buts – 2 cartons jaunes

Le troisième homme de l’attaque toulousaine traine toujours son spleen dans un système de jeu peu compatible avec ses qualités. Où est passé celui qui claquait une dizaine de pions en une demi-saison à Brest ? Souvent efficace dans un jeu de déviation façon Premier League, l’Israélien a davantage joué les utilités pour libérer des espaces, faire plier physiquement une défense. Ses rares associations avec Ben Yedder ont laissé entrevoir une possible complémentarité, à condition que l’un des deux soit davantage un attaquant de soutien qu’une deuxième pointe. Or, ce rôle-ci a souvent échu à Ben Basat. On l’a souvent vu courir, faire la navette entre les défenseurs centraux pour ne toucher que modérément le cuir. Un travail de longue haleine le transformant en poison lent au détriment de son instinct de renard des surfaces. Si nostalgique du 4-1-4-1 il y a, il ne faut pas le chercher ailleurs. Son transfert imminent pourrait faire la joie d’un autre club du ventre mou.

TFC Bilan 2013-2014 Ben Basat vs Reims

Son match référence : TFC-Reims 3-2 (28e journée)

Paradoxal que de distinguer une rencontre où l’attaquant s’est illustré en marquant d’une « mimine » plongeante discrète et savoureuse, punie symboliquement par une légère blessure en l’exécutant. Heureusement, il a contribué davantage encore au plus gros renversement de situation de l’année (0-2 à la MT). D’abord en enchainant les occasions, trois tirs dont deux cadrés, puis en adressant des centres à qui voulait sonner la révolte. Enfin, et surtout, Ben Basat a su faire plier au physique une défense progressivement dépassée. Quand bien même c’est un chef d’œuvre de Ben Yedder qui aura clôt le bal.

 

*Pavle Ninkov 10/20

19 matchs – 1096 minutes – 2 passes décisives – 2 cartons jaunes

Théorie du travail invisible ou non, il est de fait que Ninkov est le milieu de terrain le moins influent de l’équipe. Ce n’est pas ses titularisations à droite de cette fin de saison qui auront convaincu du contraire. À un poste où un Serge Aurier excelle, le Serbe se singularise par sa transparence et son manque d’impact. Jamais catastrophique, jamais transcendant non plus.

TFC Bilan 2013-2014 Ninkov vs Lorient

Son match référence : TFC-Marseille 1-1 (5e journée)

Dans une rencontre où les locaux méritaient mieux que les partages des points, Ninkov a eu une activité au-dessus de ses standards habituels. Notamment un allant offensif qu’il manifesta par pas moins de huit centres, agrémentés de trois tirs dont deux cadrés. Il aura pesé sans être directement décisif. Une vertu qui lui vaut la moyenne sur l’ensemble de la saison.

 

Suite et fin de ce dossier lors de la dernière partie qui s’attaquera aux cinq joueurs dont on peut qualifier les prestations d’insuffisantes voire mauvaises.

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