Critique Swim little fish swim (Allociné)

Allociné Swim little fish swim

-Swim little fish swim de Ruben Amar & Lola Bessis avec Anne Consigny, Lola Bessis, Brooke Bloom (France/USA; 2013) ***1/2
Dans son petit appartement new-yorkais où il vit avec sa femme, Leeward, musicien talentueux et atypique, compose des morceaux à l’aide de jouets de sa fille de trois ans, Rainbow.
Lilas, jeune vidéaste, traîne sa valise de squats d’artistes underground en galeries branchées, en espérant percer dans le milieu fermé de l’art contemporain.
Leur rencontre pourrait bien les pousser à enfin accomplir leurs rêves…

 
Attention voici le sous-genre piège par excellence : le film indépendant tendance arty. Celui qui ravit par sa fraicheur, son minimalisme lumineux, sa joie communicative et la sincérité débordante de son propos. Au fil des années et du succès de festivals déclinés de Sundance, leader de cette division, ce type de long-métrages a eu le mauvais goût de se multiplier à l’excès, les copies de copies de copies ne devenant souvent qu’un gentillet exercice bien appliqué. Ôtons d’emblée le moindre doute, nous avons affaire ici au haut du panier, à une histoire simple magnifiée par ses interrogations universelles et ses thèmes sous-jacents. Loin d’être réservés aux artistes cherchant le compromis entre leur vocation et la nécessité financière, les questions soulevées s’attaquent à ce qui fait corps et sens dans une vie : Doit-on tuer le père/la mère pour pouvoir voler de ses propres ailes ? Peut-on s’accomplir sans être porté par des regards extérieurs bienveillants ? Dans quelle mesure notre créativité peut exister sans avoir été concrétisée au sein de la société ? Quelle part de nous-mêmes abandonne-t-on si nous empruntons une voie à l’encontre de nos principes pour atteindre nos buts ? L’efficacité ne tient pas tant à ces divers sujets, mais à la forme avec laquelle ils sont posés, tout en délicatesse et suggestion non appuyée. La caméra suit les personnages sans verser dans l’idéalisation, ni le manichéisme consensuel en leur faveur. Tout aussi bien intentionné qu’il soit, Leeward est aussi menteur et un peu voleur sur les bords. Quant à la locataire Lilas, elle fuit le réel et l’ambition sous prétexte de s’émanciper du modèle maternel. Leur début de reconnaissance passera par une prise de risques, plus ou moins relative, un coup d’accélérateur auquel contribue la petite Rainbow, véritable rayon de soleil de cet alliage de rêveurs névrosés. Le film jouit en sus d’une photographie en corrélation avec son univers, d’idées de mises en scènes novatrices (ah ces transitions floutées avec chacun des protagonistes à l’honneur !) et d’un cadre pas loin d’être l’acteur principal : New-York. En ces temps pessimistes, le fait que deux réalisateurs français décident d’ancrer le récit de leur premier film dans une ville associée à la liberté et au « tout est possible » ne doit rien au hasard. Remarque tout aussi valable pour la réussite de leur projet.

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