Preview UFC 174 – Qui pour voler la vedette au championnat des mouches ?

À présent qu’il tourne à un évènement par semaine (quand ce n’est deux le même soir), on éprouve des difficultés à discerner les rendez-vous UFC majeurs des autres. Aucun doute, celui de ce samedi soir, marqué par des affrontements dans sept des neuf divisions consacrées dans l’Octogone, sera l’un d’eux.

UFC 174 Preview - Affiche

Il est intenable, il est précis, il est divertissant, certains iraient même jusqu’à dire stupéfiant, et pourtant Demetrious Johnson ne peut encore porter une carte de l’UFC sur ses frêles épaules. Depuis la création de la catégorie poids mouches, son invincibilité laisse de marbre le grand public. Sa quatrième défense de titre aura enfin lieu sous le prisme du pay per view, alors qu’il investissait jusqu’ici les ondes de la chaine Fox. Sa dernière prestation-éclair, un KO en deux minutes et huit secondes pour asseoir sa légitimité de Champion sur Joseph Benavidez, aura-t-elle changé la donne ? Ou faudra-t-il une nouvelle démonstration devant Ali « Puncher King » Bagautinov ? Avec ses onze victoires de rang (dont trois à l’UFC) sur des combattants peu renommés, le Russe a tout du challenger de transition. Le problème se situe peut-être là, ce règne du Mighty Mouse américain a lieu dans une division 56 kg désertique, et les fans à la mémoire vive ont encore l’image d’un Johnson échouant dans la conquête du titre Bantamweight, avant de se rabattre par défaut sur la dernière née (fameux tournoi inaugural de 2012).
Voici néanmoins le meilleur du Champion Flyweight en 160 secondes.

Une rencontre à deux perdants chez les welters ?
Si encore les projecteurs étaient seulement tournés vers le duel Johnson-Bagautinov…Mais il y a de fortes chances pour que le public soit déjà rassasié au moment d’aborder le main event. Le choc des poids welters entre Rory MacDonald et Tyron Woodley promet beaucoup. Un temps pressenti pour désigner le prochain challenger au titre de Johny Hendricks, ce combat ne revêtira pas au final cet accessit, mis en jeu entre Matt Brown et Robbie Lawler fin juillet. Alors les deux fighters lésés ont de quoi ruminer : leur performance servira seulement à les maintenir dans le top 5 de la catégorie, ou à s’éloigner à long terme du title shot pour le perdant (Demian Maia ou Hector Lombard étant susceptibles d’y concourir en plus des noms précédemment cités). Reste donc l’espoir de bouleverser la donne par une prestation tonitruante, quand on connait les sautes d’humeur de Dana White et sa bande en termes de décisions « irrévocables » et si l’on y ajoute le facteur blessures, il ne serait pas vain d’y croire. L’ascension de Tyron Woodley, passé de lutteur poussif à solide destructeur depuis son arrivée dans l’Octogone, est particulièrement notable. Il s’agit d’un des rares combattants de sa division à pouvoir mettre KO sur un seul coup. Seule une courte défaite à la décision contre Jake Shields a écorné sa fiche de résultats récents. En face, le Canadien Rory MacDonald (qui évoluera donc à domicile) ne compte qu’un échec pour six victoires lors des trois dernières années. L’identité de son tombeur a cependant une valeur double : Robbie Lawler, à l’issue d’une performance qui a constitué une renaissance pour sa carrière. Bien que sous l’égide d’un GSP, qui n’est plus au sommet de son influence à l’UFC, le Waterboy a peu de chances de contrecarrer les plans de l’organisation.
D’un point de vue stylistique, nous devrions voir l’Américain chercher à imposer un stand up agressif, corps à corps viril et boxe tranchante, tandis que le Canadien ira chercher le sol et un éventuel travail de sape en mode jiu-jitsu brésilien.
Enjeux de cette opposition résumés dans la vidéo qui suit.

Cavalcante et St Preux passent un test grandeur nature
La catégorie Light Heavyweight proposera deux matchs à la problématique relativement similaire : permettre à des talents en pleine ascension d’entrer dans le top 10 de la compagnie, ou à deux valeurs sûres de remplir le rôle de barreurs de route.
D’un Côté Ovince St Preux (15-5, dont trois succès de rang à l’UFC) et Rafael Cavalcante (12-4 + 1 no contest), deux transfuges du StrikeForce en voie d’acquisition d’un nouveau statut. De l’autre, Ryan Bader, un « enfant » de l’Octogone, vainqueur du TUF il y a déjà six ans, et Ryan Jimmo, un des Champions les plus dominants du Maximum Fighting Championship canadien. Arithmétiquement trompeur, le score UFC de ce dernier (3-2) ne remet pas en cause son statut de combattant confirmé, citons notamment ses victoires au MFC sur Marvin Eastman, Emanuel Newton, Wilson Gouveia ou plus récemment sur Anthony Perosh et Igor Pokrajac. Autrement dit, Jimmo sera pour OSP la porte d’accès (gatekeeper, en anglais dans le texte) au haut niveau. Darth Bader connait encore mieux ce rôle, puisqu’il l’occupe depuis trois ans. Ses vélléités de gloire suprême se sont éteintes un soir de février 2011 où Jon Jones l’a surclassé, un mois avant de monter sur le toit du monde. Depuis, il n’a pas perdu la confiance de la compagnie, la preuve elle juge qu’un combattant obtenant une victoire sur lui est digne d’un title shot. Ce fut le sort promis à Lyoto Machida à l’été 2012 (ce que blessures et calendrier ne permirent pas au final) puis à Glover Teixeira tout récemment. Pour l’heure ses résultats en yo-yo ne lui permettent pas de pouvoir espérer autre chose que ce rôle utilitaire d’étalonneur. Rafael « Feijao » ne demande qu’à prendre la bonne mesure.
Aperçu ci-dessous des différents atouts du solide Brésilien.

À quel Arlovski aurons-nous droit ?
Sorti du quatuor Velasquez-Dos Santos-Werdum-Overeem, la division heavyweight ne possède plus de concurrents aptes à prétendre rapidement au titre mondial. Frank Mir et Rodrigo Nogueira se dirigent vers la fin, Mark Hunt, Antonio Silva et Roy Nelson nous régalent sur la forme mais ont des résultats en dents de scie, Travis Browne, Stipe Miocic ou Soa Palelei ont encore beaucoup à prouver etc. Dans ce contexte, le retour surprise d’Andrei Arlovski, Champion de la compagnie il y a près de dix ans, peut être pris comme un message provocateur envers la génération actuelle. Ou un pari sur la nostalgie si l’on veut être positif. Certes, le Bélarusse n’a perdu qu’un de ses huit derniers combats. Certes, il est rarement ennuyeux à voir évoluer dans une aire de fight. Certes, il n’est pas plus âgé que certains poids lourds éminents. Alors, retour en grâce ou simple parenthèse avant de retourner au WSOF (World Series Of Fighting) ? L’UFC a plutôt l’air bien intentionné envers son ancien héros, lui opposant le quelconque Brendan Schaub, régulièrement décevant depuis sa finale perdue du TUF Heavyweights de 2009. L’histoire serait belle, mais souvenons-nous de la fragilité du menton d’Arlovski (sept « purs » KO sur ses dix défaites) et sa tendance à sortir psychologiquement de son match quand il ne tourne pas à sa convenance.
Déjà en 2010, The Pitbull semblait avoir fait le tour de la question.

 

UFC 174 – 14 juin 2014 Vancouver, Canada (Rogers Arena)
Carte principale
Championnat du monde Flyweight : Demetrious Johnson © vs Ali Bagautinov
Catégorie Welterweight : Rory MacDonald vs Tyron Woodley
Catégorie Light Heavyweight : Ryan Bader vs Rafael Cavalcante
Catégorie Heavyweight : Andrei Arlovski vs Brendan Schaub
Catégorie Light Heavyweight : Ovince St. Preux vs Ryan Jimmo
Carte préliminaire
Catégorie Welterweight : Daniel Sarafian vs Kiichi Kunimoto
Catégorie Women’s Bantamweight : Valérie Létourneau vs Elizabeth Phillips
Catégorie Bantamweight : Yves Jabouin vs Mike Easton
Catégorie Lightweight : Kajan Johnston vs Tae Hyun Bang
Catégorie Bantamweight : Roland Delorme vs Michinori Tanaka
Catégorie Lightweight : Josh Shockley vs Jason Saggo

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