Critique Zero theorem (Allociné)

Allociné Zero theorem

-Zero theorem de Terry Gilliam avec Christoph Waltz, David Thewlis, Mélanie Thierry (USA/Angleterre/Roumanie; 2013) *1/2
Londres, dans un avenir proche. Les avancées technologiques ont placé le monde sous la surveillance d’une autorité invisible et toute-puissante : Management. Qohen Leth, génie de l’informatique, vit en reclus dans une chapelle abandonnée où il attend désespérément l’appel téléphonique qui lui apportera les réponses à toutes les questions qu’il se pose. Management le fait travailler sur un projet secret visant à décrypter le but de l’Existence – ou son absence de finalité – une bonne fois pour toutes. La solitude de Qohen est interrompue par les visites des émissaires de Management : Bob, le fils prodige de Management et Bainsley, une jeune femme mystérieuse qui tente de le séduire. Malgré toute sa science, ce n’est que lorsqu’il aura éprouvé la force du sentiment amoureux et du désir que Qohen pourra enfin comprendre le sens de la vie…

 

Aussitôt les premières images apparues, les habitués de l’univers de Terry Gilliam ont l’impression d’avoir affaire à un Brazil remis au goût du jour. Une (fausse) piste qui se tient lors du premier quart d’heure, immersion brutale dans un « open space » futuriste, abrutissant à souhait le salarié. Les clés USB ne sont plus, remplacées par de mystérieuses capsules liquides que l’on enclenche les unes à la suite des autres. Une simple manette a succédé au clavier informatique, et chacun s’emploie à la manipuler de manière frénétique. Le fin mot de l’activité de cette entreprise ne nous sera jamais révélé, le propos préférant se concentrer sur la quête de sens de l’individu auquel nous sommes amenés à nous identifier. Cet antihéros rappelle furieusement la figure de proue du scénariste laborieux de Barton Fink des frères Coen ou celle du chercheur névrosé du Pi de Darren Aronofsky. Comme eux, Qohen se perd dans des méandres kafkaïens, livre un combat perdu d’avance. Se posent rapidement les limites de ce film, impossible à considérer comme objet personnel et original tant chaque idée, chaque scène, chaque situation nous renvoie à des œuvres ayant abordés les mêmes thèmes, le plus souvent de manière plus fine et harmonieuse qu’ici. Les ressorts narratifs et les traits sont trop grossiers pour toucher, pas assez novateurs pour étonner, assurément quelconques pour ne pas être oublié. Les acteurs sont les seuls à s’en donner à cœur joie, Mélanie Thierry la première, via une interprétation lumineuse, mais desservie pas le scénario. Alors que le cadre se voudrait futuriste, tout parait incroyablement daté, presque suranné, de l’esthétique ultra kitsch au message humaniste particulièrement poussif. Où est passé le réalisateur visionnaire de L’armée des douze singes, le créateur déglingué de Las Vegas parano, le conteur talentueux des Frères Grimm ?

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s