Critique La frappe (Allociné)

Allociné La Frappe

-La frappe de Yoon Sung-hyun avec Je-Hoon Lee, Jun-Young Seo, Jung-Min Park (Corée du Sud; 2010) ***1/2
Ki-tae, Dong-yoon et Hee-june (surnommé « Becky ») sont inséparables depuis le collège. Mais un jour, l’un d’eux décède dans des circonstances mystérieuses. Le père du garçon, pris de remords à l’idée de ne pas avoir pu le sauver, décide de trouver les raisons qui se cachent derrière la mort de son fils et va à la rencontre de ses camarades de lycée. Il découvre peu à peu que derrière l’amitié qui semblait lier les trois garçons se cachent des secrets insoupçonnés…

 
L’occasion de voir du cinéma coréen est si rare du côté de l’occident que l’on a tendance à l’apparenter seulement à l’action pure et dure des films d’un Park Chan-wook (Old boy, Lady vengeance) ou d’un Kim Jee-woon (Deux sœurs, Le dernier rempart). Mais ces deux figures dominantes de la dernière décennie voient tout doucement apparaitre leurs successeurs. Pour son premier long-métrage, Yoon Sung-hyun évoque une chronique sociale où la violence entre les êtres est omniprésente. Nul besoin d’effusion de sang ou de scènes de combat grandiloquentes, c’est avant tout d’un rapport de force sociétale dont il est question, plus précisément de cette hiérarchie implicite qui s’installe dans les relations d’amitié. Dans le cadre d’un collège réservé aux garçons, la nécessité d’en démontrer prend encore plus d’ampleur. Mais alors que les identités du leader bourreau et de la victime nous semblaient évidentes d’emblée, le film brouille habilement les pistes. Grâce notamment à une construction narrative basée sur les témoignages et les différents points de vue plutôt que sur la stricte chronologie. Ni ange ni démon, mais une responsabilité partagée entre tous les protagonistes. Les images dérangent, le climat oppresse, le propos demeure suffisamment énigmatique pour laisser place à une fin ouverte, et suffisamment suggestif pour déceler les origines du profond malaise. Une belle photographie, au service d’une interprétation toute en ambiguïté des trois personnages principaux, contribue à laisser perdurer ce flottement émotionnel. Impossible de porter un jugement sur l’un ou l’autre. Cette ambiance mitigée provoquera sans doute de la lassitude chez certains spectateurs…elle en séduira beaucoup d’autres.

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