Top 10 Chansons Peu Connues d’Indochine – Partie 1

Guidé par la lumière de l’excellent Denis P. je me lance à mon tour dans le top 10 de chansons méconnues d’artistes hyper connus. Indochine, souvent aimé ou détesté pour les (mêmes) mauvaises raisons, ouvre le bal. Point de singles radiodiffusés dans cette sélection donc, mais des titres pouvant cependant être connus par la portion d’auditeurs écoutant encore des albums de A à Z plutôt que des playlists anarchiques. L’occasion aussi de rappeler les passerelles et multiples mutations qui ont conduit à passer de « L’aventurier » à « J’ai demandé à la lune », non sans devoir composer avec une presque décennie de rejet médiatique (les 90’s) donnant l’impression que la Sirkis Army avait fini par jeter l’éponge.

N°10 Le Doigt Sur Ton Étoile (2001, édité sur cd en 2002).

Commençons avec cet OVNI discrètement placé en bonus track sur les premiers exemplaires de l’album Paradize. La période coïncide avec la résurrection médiatique du groupe, porté par un ample son pop/rock et une imagerie gothico/new wave d’adolescents trop prudes pour écouter du Marilyn Manson ou du Smashing Pumpkins. Or ce titre dénote complètement via sa mélodie carnavalesque so 80’s et sa structure simple, efficace, presque canada dry sur les bords. À noter un
refrain sautillant qui n’aurait pas dépareillé en générique du Gym Tonic de Véronique et Davina.

N°9 Okinawa (1983, Le Péril Jaune).

L’inspiration du groupe n’est pas au mieux au moment du « toujours difficile » 2e album qu’on lui enjoint d’enregistrer en accéléré pour surfer sur le tube de l’été 83 (nul autre que « L’aventurier »). Aussi, la plupart des titres de ce Péril Jaune ressemble à de mauvaises resucées du titre emblématique des débuts, témoignant d’errements techniques ostentatoires. Domine cette impression d’avoir affaire à un bidouillage de techniciens du son plutôt qu’à des compositions musicales. Le succès de l’opus est d’ailleurs plutôt modeste, malgré les singles « Miss Paramount » et « Kao Bang ».

Ce titre à la qualité purement musicale contestable (et aux paroles indignes d’être parodiées par Les Inconnus tant elles se suffisent à elles-mêmes) a le mérite de nous entrainer dans l’univers onirique, rêveur…et bien sûr asiatico-fantasmée de l’Indo des premiers jours. Voyage primale, limite primaire, pas primordiale certes sinon d’accepter cette naïveté bienvenue au cœur d’une usine à fric musicale qui entrait dans son âge d’or (apparition du CD).

N°8 Echo-ruby (1996, Wax).

Album injustement passé inaperçu à sa sortie, Wax signe la plus importante mutation musicale d’Indo (la présence d’un titre nommé « Révolution » ne doit sans doute rien au hasard). Dominique Nicolas a quitté l’aventure deux ans plus tôt, laissant les frères Sirkis comme seuls membres fondateurs. De la même façon que le départ du claviériste/saxophoniste Dimitri Bodianski avait sonné le glas d’un son caractéristique des 80’s, cette nouvelle scission va permettre un rebond salvateur. Les ingrédients évoluent pour permettre au groupe de s’émanciper de l’étiquette Variété Française et devenir une vraie formation Pop/Rock. Bien qu’éphémère, la collaboration avec les musiciens Alexandre Azaria (surtout spécialiste des bandes originales de films) et Jean-Pierre Pilot (possédant la double casquette de producteur) s’avère essentielle pour cet opus, considéré à posteriori comme la première étape d’une trilogie comprenant Dancetaria (1999) et Paradize (2002). C’est par sa transposition sur scène lors d’une tournée 1997 épique que l’album sera reconnu à sa juste valeur.

Titre midtempo mêlant la caresse auditive à la fureur des sentiments, « Echo-ruby » est ce que l’on pourrait appeler dans son genre un slow. Les violons sont de sortie, sans pour autant étouffer l’énergie rock sous-jacente avec notamment un travail de distorsion sur la voix que l’on retrouvera dans les deux albums suivants.
Accessoirement elle est sans doute aussi la plus belle déclaration d’amour composée par la team à Nico Sirkis.

N°7 Dancetaria (1999, Dancetaria).

Fin des 90’s, le bout du tunnel n’est plus très loin pour le groupe. Et comme toujours c’est dans l’adversité qu’il va pondre un album considéré encore aujourd’hui comme son meilleur par une grosse portion de fans fidèles. Licencié par sa maison de disque BMG après l’échec commercial de Wax (1996), Indo se refait une santé via une double tournée prouvant que le public demeurait toujours client de leurs prestations scéniques, sans être nécessairement détenteur d’albums dont ils n’a eu connaissance de la sortie (rappelons qu’Internet était encore loin d’être une source d’information alternative aux médias de masse). La formation conserve Jean-Pierre Pilot aux claviers et se renforce considérablement avec les arrivées de deux nouveaux guitaristes : Boris Jardel et le fameux Oli de Sat (un fan du groupe qui a réussi à l’intégrer après un envoi de remix qui a capté l’attention de ses membres).

Alors que les enregistrements de Dancetaria touchent au but, Stéphane Sirkis meurt d’une hépatite foudroyante. Son frère jumeau décide de poursuivre l’aventure, en concordance avec les souhaits du défunt. Le climat dans les studios est d’autant plus sombre que le disparu n’avait jamais autant composé de morceaux que pour cet opus. Malgré un délai de sortie repoussé, il est bien dur de ne pas ressentir un cri d’adieu sur certains titres (Atomic Sky, Stef II, She night). Le son du groupe prend des accents gothico-glam, cultivant également un côté progressif.

Ce titre éponyme, placé en ouverture (on ne peut l’imaginer ailleurs) témoigne d’une ambition nouvelle : structure alambiquée défiant la construction couplets/refrains, durée éloignée des formats pop standards, rythmique contrastée aboutissant à trois chansons en une (boite à musique détraquée jusqu’à 2’32 », pont angoissant jusqu’à 3’58 » puis explosion électro-pop avec second souffle à 5’24 »). Le tout servi par l’anglais approximatif de Nicola Sirkis.
Sorte d’introduction idéale qu’il devient de fait dure à écouter de manière isolée. Autant enchainer l’écoute de l’album Dancetaria au complet, le plus homogène, le plus équilibré, le plus symbolique de la discographie du groupe.

N°6 Les Plus Mauvaises Nuits (1990, Le Baiser).

Est-ce la conséquence directe du départ de Dimitri Bodianski suite à la tournée « 7000 danses » ? Devenu trio, le groupe enregistre un cinquième album aux tonalités beaucoup moins sautillantes et festives que ses prédécesseurs. Le fruit d’une volonté de limitation des synthétiseurs et autres robotisations pour aboutir à un son acoustique. Plus épurées et détachées d’arrangements de studio bancals, les compositions du Baiser privilégient l’émotion, au point de sacrifier jusqu’aux singles à succès (alors essentiels puisqu’on était en plein âge d’or des 45 tours) avec les peu bankables « Le Baiser » et « Des Fleurs Pour Salinger ». Le premier vrai risque artistique des Sirkis and co, prémisse de la traversée du désert qui suivra.

Ce titre, mélancolique à souhait, s’inscrit dans une mouvance indochinoise à part entière, à savoir la chanson évoquant l’absence d’un être cher, indifféremment du fait de parler d’amour ou de tout autre lien. Ne serait-ce que sur cet album, on peut relever « More… » et « Punishment Park » portant de près ou de loin sur ce même thème. Des textes hautement personnels, et pourtant surnage toujours ce ressenti apte à nous les faire s’approprier.

La nuit se lève, la lune s’élève
Les plus mauvaises nuits
Maudits soupirs, maudits matins
Les plus mauvais matins

Je voudrais juste me coucher, dormir contre toi
Je ne te toucherai pas, juste m’endormir avec toi

Un lit défait à te rechercher
Le désordre et l’absence
La nuit est noire et sans espoir
Et sa présence me manque

L’amour n’est plus qu’une impression,
Qu’une mauvaise impression
Mais la lumière est sale et pâle et seule,
Comme un matin

Mais je ne t’appartiens plus
Tu ne m’appartiens plus,
On ne se connaît plus
Mais je ne t’appartiens plus
Tu ne m’appartiens plus,
On aurait disparu

La nuit se lève, la lune s’élève
Mes plus mauvaises nuits
Maudits soupirs, maudits matins
Mes plus mauvais matins

Je voulais juste me coucher,
Dormir contre toi
L’amour n’était qu’une impression,
Qu’une mauvaise impression

Et si je te revois
Mais si je te revois,
Encore une dernière fois
Alors emmène-moi
Emmène-moi encore,
Encore une dernière fois

Maudits soupirs
Mauvais matins
Et si tu reviens…
Maudits soupirs
Mauvais matins
Et si je te revois
Mais si je te revois,
Encore une dernière fois
Alors emmène-moi
Emmène-moi encore,
Encore une prochaine fois

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