TFC-OL (mal) vu des gradins (Fou de Foot)

Nouvelle saison, nouvelles résolutions. Fini d’observer les performances des violets tranquillement installé dans mon canapé…Du moins quand elles se dérouleront au très peu hostile Stadium Municipal de la toute aussi peu redoutée Île du Ramier. Désormais abonné du fringant virage est, me voilà partie prenante de la SAOSL (Société Anonyme à Objet Sportif Limité) toulousaine. Avec ce premier succès convaincant, l’heure n’est pas encore à demander remboursement.

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Décision raisonnée autant que raisonnable. Comptes d’apothicaire plutôt que de supporteur. Moyenne de 7 euros 80 le match de Ligue 1, possibilité de la céder à quiconque en cas d’absence, il n’y avait plus à hésiter. D’autant que cela écarte le risque que des résultats souriants et la venue de grosses Cylindrées fassent bientôt fluctuer les tarifs du simple au triple. La raison avant la passion. Pas de doute ce club est pour moi.

Déjà un parfum d’Euro 2016 dans l’air
S’il fallait un autre argument pour convaincre qu’il fait « bon vivre » au Stadium, on pourrait évoquer l’avancée des travaux en vue d’accueillir l’Euro 2016. Les petits sièges en plastiques violets ont été remplacés par de confortables chaises à dossiers rabattables, les tribunes ont été réaménagées de manière à créer une plus grande proximité avec le terrain, les différentes zones de buvettes sont mieux mis en valeur…jusqu’aux toilettes frisant la comparaison avec celles d’un restaurant luxueux. Club familial qu’ils disent, on a de plus en plus envie d’y croire.
Mes premières sensations de la journée ne laissaient pas augurer d’un climat propice à une exultation footballistique. Végétant en milieu d’après-midi dans un centre-ville des plus moribonds (sinon les sempiternelles rues « vaches à lait » que sont St Rome et Alsace-Lorraine), je décide de poursuivre l’étude de la grille loto-foot du week-end dans un commerce à proximité du Stadium. Une brasserie à l’ancienne, sorte d’institution qui sera encore là le jour où les dinosaures auront pris leur revanche sur le monde. Hélas, voilà t-il pas qu’elle est fermée durant ce pont du 15 août. Bref je ne verrai pas d’images de la deuxième mi-temps du PSG-Bastia, mais au moins vais-je aller valider mes pronostics du jour. Délit de naïveté caractérisée : tous les lieux du coin affichant le logo de la FDJ ont rideaux fermés. Signe indien pour me permettre l’économie de ma mise de 4 euros ? Je renonce à cette petite confiserie pour me recentrer sur le gâteau. Ma traversée du Pont Coubertin coïncide avec l’arrivée du bus lyonnais sur le parvis. Je saisis l’occasion pour zoomer une petite photo opportune. Le fichier s’avèrera intransférable sur PC, faute sans doute à l’intervention d’un agent de sécurité soucieux de jouer les gros bras devant ses collègues :
– Vous ne pouvez pas rester là monsieur !
– Non mais je ne reste pas !
Inutile de préciser que le mec ne voit que moi à rappeler à « l’ordre », dix centimètres plus bas il y a des familles entières penchées sur le pont pour zieuter les arrivants, idem dix centimètres plus haut. À croire que j’avais occupé l’unique emplacement alloué au dispositif de sécurité.

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Le zèle réservé aux gens ponctuels
18h45 Il y a déjà une belle affluence dans l’entrée principale, comprenant les guichets. C’est bien connu, aller voir le TFC se décide en dernière minute pour la plupart, c’est un peu comme Capitaine Flam, quand il ne reste plus aucun espoir d’occuper son début de soirée… J’ai d’ailleurs peu d’appétence pour le réveil tardif d’un Toulouso-lyonnais, couvrant d’un seul coup mon répondeur de messages vocaux alors que je l’ai aiguillé sur le match depuis le début de la semaine. Il faudrait le prendre par la main avec ça !
Je rejoins l’entrée réservée aux abonnés, voit le petit « 1 » (pour premier match de la saison) de ma carte perforé avant une séquence de fouilles toujours aussi minimaliste. Rien à cacher heureusement. Je remarquerai une fois de plus la dichotomie propre à cette enceinte niveau sécurité : deux premiers rideaux composés d’un personnel courtois aux abords des travées et une présence davantage antipathique au sein des gradins eux-mêmes. Ainsi, aussitôt les escaliers grimpés, des gros bras vous tombent dessus avec un zèle inégalé sous prétexte de vous diriger vers votre place attitrée. Jusqu’ici tout irait bien, si ce n’est qu’ils ne sont pas physionomistes pour un sou et que si d’aventure vous voulez descendre pour accéder aux toilettes vous devez leur en référer. Nouvelle présentation de votre place au moment de remonter, et ne croyez pas que le statut d’abonné vous autorise à répondre que vous savez où aller. Ces règles ne s’appliquent évidemment qu’aux couillons comme moi venant profiter de l’échauffement, étant entendu que les stadiers doivent combler leur ennui durant ce laps de temps. L’échauffourée des retardataires au moment du coup d’envoi ne provoque elle aucune intervention ni régulation pour les emplacements. Avec un taux de remplissage dépassant tout juste les 50% de la capacité du Stadium (réduite à 20 000 au lieu de 35 000 personnes pendant la durée des travaux), on ne peut pas dire que la candeur estivale a rameuté les troupes. Beaucoup de vacanciers, pas mal de jeunes en tenue sportswear, les maillots estampillés locaux (et floqués) sont l’apanage de gamins, papys ou puristes. Parmi ces derniers des nostalgiques de Cetto et Capoue nous renvoient des bons souvenirs en mémoire.
Ironie de l’histoire suite, la tribune sud, latérale donc censée être davantage cotée, doit encore composer avec les vieux sièges. Rare moment de revanche du prolo sur le nanti.
J’affectionne déjà mon rang 46, idéalement perché à trois crans des plus hauts sommets. Je suppose alors que le jeu m’apparaitra de manière limpide, à défaut de discerner clairement les larges tifos et banderoles déployés par le kop des Indians : « Virage Brice Taton, Ici Respire La Passion » annonce l’un d’eux. Après la mise en route poussive à Nice le week-end précédent (défaite 2-3), on a envie de croire à une entrée en matière triomphale à domicile.

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Quand le soleil en cache plus que la nuit
Inutile de rappeler que l’antre des violets a été loin d’être une citadelle imprenable l’an dernier (cinq victoires en dix neuf rencontres), mais depuis le retour toulousain dans l’élite française l’OL possède étrangement le profil d’une victime expiatoire. Mieux, il n’a pas inscrit le moindre but en Haute-Garonne depuis novembre 2005. Or il se présente cette année amputé de huit titulaires ou assimilés (Gourcuff, Malbranque, Fekir, Bedimo, Fofana, Bisevac, Grenier, Dabo). Côté TFC on ne peut déplorer que les deux départs majeurs de l’intersaison (Aurier et Chantôme, tous deux à Paris dont un retour de prêt pour le second) et les sempiternels « hors de forme » que nous ne nommerons pas ici par respect pour leurs proches. Concentrons-nous donc sur le onze de départ concocté par maître Casanova :
Boucher/Veskovac-Spajic-Grigore/Akpa Akpro-Didot-Aguilar-Trejo-Matheus/Ben Yedder-Braithwaite.
Nous voilà embarqués dans la configuration familière du 3-5-2 maison (« conforté par ce que m’a donné à voir la coupe du monde » précisait le coach toulousain deux jours avant la rencontre), d’autant que neuf joueurs alignés étaient déjà présents dans l’effectif l’an dernier.
Démarrage en trombe avec un tir cadré de Braithwaite (2’), opportuniste au milieu d’une défense centrale adverse confuse. L’action se déroule devant un virage ouest vide, puisque à son tour en réfection, mais ce n’est pas tant la distance qui trouble ma vision que des rayons de soleil persistants. Peu de spectateurs ont pensé à s’équiper d’une casquette, ainsi le haut de la tribune incline à qui sa main à qui son journal sur le front en mode « Marie, ma sœur Marie, ne vois-tu rien venir ? ». Suite à une sortie énergique de Boucher (4’), Spajic reste au sol et une longue pause court-circuite la prise à la gorge du visiteur du jour. Suffit-il que des chants en faveur de Luzenac descendent des gradins pour que se déclenche une contre-attaque d’école. Akpa-Akpro s’appuie sur Trejo pour transpercer le rideau défensif adverse. Un petit ballon piqué permet de contrecarrer la sortie d’Anthony Lopes (9’). Ouverture du score récompensant une belle entame des violets. Dans la foulée, Ben Yedder manque de profiter d’une nouvelle mésentente entre le gardien lyonnais et Koné (10’). On a cru l’espace d’un instant vivre le scénario du Brésil-Allemagne un mois plus tôt.
Le soleil gêne au-delà des spectateurs, comme en témoigne les quelques bourdes évitées de justesse entre Boucher et sa défense. Heureusement qu’en face la bête est blessée, même moribonde. Voilà qu’un des rares cadres rhodaniens valides, Samuel Umtiti, se plaint à son tour de la cuisse droite et doit céder sa place prématurément à l’ancien Valenciennois Lindsay Rose (28’). Le jeu s’est sérieusement endormi entre temps, bien avant le couché de l’obturateur jaune. Y’a pas à dire, un match c’est bien plus beau la nuit. Et accompagné de noix de cajou si possible.

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Braithwaite use, Ben Yedder transforme
Une pensée aussi furtive que non apéritive m’envahit : comment l’ami Braithwaite peut-il être à la fois si doué pour être placé dans tous les bons coups (15’, 33’, 38’, 41’) et si peu prompt à scorer en bout du compte ? Ce serait comme posséder le côté Pippo sans le côté Inzaghi. Mais ne jetons pas la pierre au travailleur de l’ombre qu’est le solide Danois, dont les appels en profondeur rendent fou l’arrière-garde lyonnaise. Saluons également un entrejeu qui retrouve des couleurs avec le retour d’Aguilar pour épauler le travail de récupération de Didot, l’implication propre de Trejo. La tactique est désormais rôdée, ce qui évitera le retard à l’allumage de la saison dernière, bien plus chargée en termes de renouvellement d’effectif. Que dire justement des deux petits nouveaux alignés ? Le Brésilien Matheus possède au moins la hargne en commun avec son célèbre homonyme allemand. Sans être encore parfaitement intégré au collectif, on le voit se jeter sur tous les ballons, quand bien même ses relances ne sont pas toujours des plus constructives. Quant à Dragos Grigore, grand gaillard venu de Roumanie, il se signale surtout pour sa discrétion. Même le carton jaune reçu en fin de première mi-temps passe inaperçu. La vitesse de pointe du duo Lacazette-N’Jie aura constitué malgré tout un test concluant.
Le retour aux vestiaires se profile sur ce score de 1-0…C’était sans compter sans ce bon petit diable de Ben Yedder. Le meilleur buteur toulousain des deux dernières saisons profite d’un coup franc à vingt cinq mètres pour placer une fine frappe enroulée au bas du piquet droit de Lopes. Tout le monde anticipait un centre, or l’audace du numéro 10 est récompensée par un poteau rentrant. Un but qui fera à n’en pas douter le tour de l’hexagone ce week-end. Une peur sous-jacente émerge dans mon cœur (et sans doute celui d’autres suiveurs locaux) : le marché des transferts dure encore une petite quinzaine de jours, comment imaginer que des offres ne s’amoncellent pas sur le bureau d’Olivier Sadran concernant cette petite perle ?

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Des remplacements qui n’ont rien de choix
Mais avant d’interroger les éventuelles retombées de la fulgurance des hommes de Casanova sur l’image positive de la restauration selon NewRest, il y a une deuxième période à livrer. Or devient vite évident qu’elle sera subie plutôt que vécue. Les blocs se neutralisent davantage, les espaces se réduisent. Les Lyonnais se montrent bien plus incisifs et décidés à réduire l’écart au plus vite. Côté TFC, Braithwaite perpétue sa légende naissante dans le registre technique ne rimant pas avec efficacité : crochets dans tous les sens, coup du sombrero…pour mieux obtenir un corner (49’). Les visiteurs ne sont pas plus en réussite, ils mitraillent la cage de Boucher sans trouver le cadre. Le danger viendra finalement de sa propre défense, d’abord Spajic, passant près de le prendre à contre-pied sur un tacle aventureux (57’), puis surtout le flottement généralisé à partir de l’entrée de François Moubandjé à la place de Veskovac (59’). La frayeur envahit d’ailleurs la tribune en voyant débouler le défenseur suisse, si peu utilisé l’an dernier, si peu convaincant quand il le fut. À l’image des rires gras du rang d’étudiants devant moi sur fond de « Ho putain pas lui ! ». On suppose que le coach toulousain a voulu préserver le Serbe, encore un peu juste physiquement. Lyon ne s’en laisse pas compter et favorise l’offensive avec Bahlouli, nouvelle trouvaille de la formation, en lieu et place de Danic, peu à l’aise en meneur de jeu. L’effet attendu attendra puisqu’on frise le 3-0. Sur une succession de centres fuyants, Ben Yedder finit par détourner, Akpa-Akpro prolonge dans les filets, mais le but est refusé pour hors-jeu indiscutable (63’).
Alors que l’OL reste atone, une nouvelle circonstance de jeu va déséquilibrer l’organisation des violets. Le vaillant Matheus voit son genou vriller suite à un appui engoncé dans la pelouse du Stadium (66’) et cède son poste à Issiaga Sylla.
L’heure n’est pas encore à l’inquiétude, ce que vient rappeler un nouvel assaut de Ben Yedder (70’). Alors qu’il s’apprêtait à fusiller Lopes, le feu follet est accroché par derrière. L’arbitre central a l’air de se diriger vers le point de pénalty, mais se déjuge lorsque son assistant signale un hors-jeu préalable. Pour le coup on a le droit d’être plus sceptique. Le jeu se hache un peu plus dans la dernière ligne droite, l’énervement se mêlant désormais aux volontés de serrer les vis d’un côté, faire sauter le verrou de l’autre. Et si cette pâle équipe de l’OL parvient finalement à stopper à 875 sa série de minutes sans marquer au Stadium (Lacazette 75’), elle le doit plus à une jonction d’éléments qu’à sa valeur pure. Ainsi se sont additionnés l’attentisme d’une équipe menant de deux buts + un changement de composition forcé par le sort + une décision arbitrale encline à empêcher un échec plus significatif des visiteurs.
Les habituels ballons flottant et « coups francs de la dernière chance » ne manquèrent pas d’animer les dernières minutes, mais le TFC restera vissé sur son socle.
Place à la communion avec le public. Les joueurs viennent au complet saluer ce virage Est à la chaleur retrouvée.

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Regattin dans son salon
L’éparpillement des spectateurs est rapide et formel : direction au choix métro, navette, voiture. Quelques irréductibles optent pour une after à La Bodéga du Téf, ce hall/comptoir avec baies vitrées donnant sur la pelouse, auquel on accède par un grand escalier situé en quart de virage. Je ne pouvais manquer ce rendez-vous digestif, un moyen convivial d’attendre la sortie du duo Denis/Jack, affairés sur les ondes de cette chère Radio Mon Païs. J’observe, amusé, le découragement d’une jeune fille de bonne famille pour accéder au lieu : « Pff quand je vois toutes ces marches » lâche-t-elle en guise d’épitaphe. Bref nous ne sommes qu’une quarantaine à prolonger la soirée autour d’une petite bière, pas vraiment le choix du breuvage puisque le bar est d’emblée à court de sangria (faut croire que certains ont pris de l’avance sur le coup de sifflet final). Un animateur annonce la venue de deux joueurs pour agrémenter le debrief : Adrien Regattin (entré à la 82’ pour suppléer Trejo) et Dragos Grigore. La présence du premier est d’autant plus saluée qu’un tirage au sort décerne un maillot floqué à son nom. L’heureux bénéficiaire a l’outrecuidance d’affirmer qu’il s’agit de la 2e fois consécutive où le sort lui est profitable. Aussi empreinte d’un parfum de communication qu’elle puisse être, cette rencontre démontre la réelle chaleur humaine de Regattin, très disponible pour échanger avec les supporteurs, signer autographes et prendre photos à leurs côtés. Un chargé de com du club interrompt tout juste ce ballet pour mettre en ligne le joueur avec une radio nationale. Il s’isole quelques instants avec son portable sans quitter les lieux. Nul ne vient le déranger durant cet entretien. On n’ose imaginer une telle initiative dans un club comme Marseille, ni une telle attitude respectueuse du public. Une famille qu’on vous dit.

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Grigore semble moins à l’aise avec cet exercice, sans doute aussi par manque de maitrise de la langue, mais ira tout de même jusqu’à signer de son numéro 25 mon exemplaire de l’Équipe du jour. De retour au sein de la foule, Regattin doit refuser à contrecœur de céder son survêtement à un gamin gourmand : « Non ça par contre ce n’est pas comme les maillots je ne peux pas en lâcher comme ça, sinon je me fais engueuler. » puis s’attarde plus longuemment avec un groupe de proches.
Côté comptoir on s’active pour vider les derniers fûts. Un supporteur ultra, équipé aux couleurs locales de la tête aux pieds, négocie et obtient gratuitement la dernière ardoise de tapas en stock. Il embarque son trésor à table et une nuée de nouveaux amis se fond soudainement autour de lui. Une famille qu’on vous dit.

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