TFC-ETG, trois points l’air de rien (Fou de Foot)

Statistiquement la situation des violets est limpide après quatre journées : zéro point sur six possibles à l’extérieur, le carton plein à domicile. Ce qui donne une place en début de deuxième moitié de tableau pas encore conforme à la réputation de leader du ventre mou qui colle à la peau du TFC. Avec un mois de septembre se concluant sur la venue du PSG, il ne faudra pas compter très longtemps sur le mirage d’une équipe supposée intraitable au Stadium.

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De mémoire de rédacteur, jamais le très éclectique quatuor du site Fou de Foot ne s’était réuni aussi promptement avant une virée du côté de l’Allée Gabriel Biénès. Rendez-vous du pot du bonheur avait été fixé dans un fameux English pub du secteur St Cyprien, genre d’endroit vous garantissant de sortir soignés de tous vos maux. À l’inverse du Stade Louis II, auquel nous renvoient les images du match de 17h, malaise palpable autour de cet AS Monaco promise à piocher dans les fonds de tiroirs pour aligner une équipe. Je manque de gerber mon vin blanc en réaction à l’attitude putassière d’un Falcao se dandinant au bord de la pelouse avec son téléphone portable au lieu de s’échauffer. Sans doute trouvait-il plus approprié de précipiter son départ de la sorte. Pourquoi fait-il alors mine de vibrer devant le spectacle indigent proposé face à Lille ? Nous nous retenons d’ailleurs de trop stigmatiser la faiblesse de cette rencontre avancée, aucune certitude d’assister à une prestation plus enlevée de nos violets devant le club d’Annecy (et un peu Evian, Thonon et Gaillard aussi). Et surtout le club de Pascal Dupraz, champion hexagonal de la punchline.

Une équipe composée avec une boite à outils

Si l’on tremble autant à l’idée de croiser le dernier de la classe de Ligue 1, ce n’est pas pour rien. Le petit point récolté lors des deux confrontations précédentes figure parmi les raisons invoquées. D’autres apparaissent de manière impitoyable, à commencer par la composition du onze de départ : Boucher/Moubandje-Grigore-Yago/Sylla-Trejo-Aguilar-Regattin-Ninkov/Ben Yedder-Braithwaite. Peut-on encore parler de coaching lorsqu’au moins un joueur reste sur le carreau chaque week-end ? Sans égaler l’intouchable infirmerie de l’Olympique Lyonnais, le TFC doit composer avec les absences pour blessure de plusieurs titulaires : Spajic et Veskovac en défense, Didot, Matheus et Akpa-Akpro au milieu de terrain.

À noter que le dernier mentionné sera néanmoins sur la feuille de match et fera une entrée plutôt convaincante.

À une heure du coup d’envoi, la team Fou de Foot est bien loin de gamberger sur l’issue de la rencontre, elle se pavane sur le parvis, à proximité de la boutique, réalisant une séance photo destinée à entrer dans les annales. Tandis que Denis & Jack rejoignent la tribune de presse pour éclairer la lanterne des auditeurs de Radio Mon Pais, je rejoins le flambant neuf virage Est aux côtés de Christophe « The Kick ». Nous partagerons nos analyses avisés (et non avinés) avec des abonnés de longue date côté gauche, avec Jean et Babou, couple d’amis footeux à géométrie variable, côté droit. Ces deux derniers ont tôt fait de déplorer l’apathie caractéristique du premier quart d’heure. Ces adeptes de Candy Crush et 2048 comblent aisément les risques d’être anesthésiés sous l’ennui. Les Toulousains sont peu incisifs au milieu de terrain, friables et susceptibles d’être débordés sur chaque accélération évianaise. Les joueurs de Dupraz évoluent en équipe organisée, à défaut d’être créative. Le jeu du TFC se caractérise par une constante au déséquilibre sur les ailes : Ninkov est actif mais peu influent tandis que Sylla ne centrera qu’une fois de toute la rencontre. C’est Ben Yedder, sans cesse désaxé, que l’on retrouve le plus souvent dans le rôle de centreur. Il sert brillamment son compère d’attaque, le danois Braithwaite, hélas toujours empêtré dans sa période de vendanges (27’, 30’, 36’). La disette offensive est heureusement aussi une des failles de l’ETG de cette année. Sans attaquant de pointe de métier au coup d’envoi, les Savoyards s’en remettent à leur homme à tout faire, Daniel Wass. Il sera effectivement le plus dangereux lors d’un face à face avec Boucher (43’). Quatre minutes plus tôt, une sortie virile de Boucher sur Camus aurait pu être sanctionnée d’un coup de pied de réparation sans qu’on puisse crier au scandale.

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Pas de syndrome Sirieix

Mais il était écrit que le hold-up n’aurait pas lieu au sens traditionnel ce soir. La partie redémarre sur les mêmes bases en seconde mi-temps. Alors que le 0-0 se profile, les circonstances de jeu et les choix tactiques vont se révéler favorables au TFC. Une première après trois premiers matchs où se sont additionnés deux buts refusés, un pénalty injustement oublié, à l’inverse un autre sifflé abusivement en leur défaveur, sans compter les remplacements de fortune pour pallier des blessures.

Si Braithwaite sort prématurément suite à un coup au genou (52’), son absence n’a rien de pénalisant puisqu’il a sans doute réalisé une de ses plus pâles prestations sous la tunique violette. Tout juste  entré, Pesic cadre directement son premier tir (55’). À défaut de se distinguer par sa finesse, le Serbe pèse sur l’arrière-garde des visiteurs. La rentrée d’Akpa-Akpro (68’) donnera le dernier coup de boost nécessaire. En face Evian joue la carte du KO avec le renfort simultané de Bénezet et Bruno pour arracher la victoire (72’). Pari risqué tant la défense savoyarde peine désormais à repousser proprement les assauts des locaux. Sur un coup franc peu évident aux abords de la surface, Regattin confie à Ben Yedder son bon pressentiment. Une belle « feuille morte » enroulée plus tard, voilà la situation débloquée (78’). Le sentiment partagé dans les tribunes est unanime : « on s’en sort bien si ça en reste là ». Beaucoup sont particulièrement réjouis de l’identité du buteur, l’enfant du pays qui trimballe sa bonne humeur de matchs en interviews. Sans cette concrétisation on aurait à nouveau parlé d’une rencontre cahoteuse à son endroit, espérons que cela lancera sa saison. Cinq minutes plus tard, l’expulsion d’Angoula pour un deuxième jaune conforte l’ascendant toulousain.

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ETG semble prêt à baisser les armes, lorsque Casanova se rappelle au bon souvenir de Sirieix, promulgué sur le terrain juste avant les arrêts de jeu. Le brouhaha du virage Est témoigne d’une forte désapprobation populaire. Les images du scénario du TFC-ETG cinq mois plus tôt défilent en boucle dans les têtes. À l’issue d’un match maitrisé, le coach toulousain choisit de faire entrer Sirieix. L’organisation en pâtit, les jambes flageolent et la victoire promise se solde en 1-1. Au lieu de prétendre à une place en Europa Ligue, le TFC finira en roue libre. Ce soir le supplément chance compense de criantes insuffisances.

Avec près de cent ballons touchés et très peu de déchet dans la transmission (87% de passes réussies), Oscar Trejo s’avère le meilleur toulousain de la partie. Le seul à avoir répondu aux attentes conformes à son poste. Il confirme son implication essentielle depuis le début de cette saison, supérieure au bilan mitigé de sa première année violette. Les départs d’Aurier et surtout de Chantôme ont sans doute mis à jour un travail trop longtemps ombragé.

 

Voici un petit récapitulatif de la rencontre en images.

https://www.youtube.com/watch?v=gwTzNvPQrEE

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Deuxième équipe à domicile mouahaha

Six points sur six au Stadium, total maximum toutes équipes confondues, forcément…Enfin pas tout à fait. Avec une différence de buts nettement plus favorable (sept marqués, aucun encaissé), l’ogre PSG reste le véritable roi dans ce domaine. Le boom actuel ne serait-il pas un miroir aux alouettes ? Trop occupée à s’empiffrer de burgers à l’appartement du kick, la team Fou de Foot est peu acerbe sur le débriefing. Seule ma perception positive du rôle de Pesic en 9 ferrailleur provoque un tollé chez les autres observateurs. L’esprit critique est pour le reste rangé au placard. Denis lance des énigmes insolites menant à Danny Maury, ce jeune apparu/disparu sans éclats contre Bastia la saison dernière, Jack se préoccupe de la reprise du talk show hebdomadaire de Laurent Ruquier, The Kick replonge dans ses souvenirs de vieil abonné pour dégoupiller les noms de quelques « chèvres » impérissables. On se dit que la coupure internationale va redistribuer les cartes, permettre à quelques éléments d’envergure de quitter l’infirmerie. Sur le papier ce mois de septembre se présente comme un parcours ascensionnel : déplacement à Reims, actuel relégable, réception de Caen, promu vaillant, voyage à Rennes, l’ambitieux du marché des transferts, puis accueil du club de la capitale, redevenu terrifiant aussitôt Ibrahimovic aligné sur le carré vert. L’acquisition du plein de points avant la réception du PSG ne serait ni un luxe ni un objectif irréaliste. Le TFC aurait-il trouvé en Tongo Doumbia, sa recrue de bout de course, le liant manquant à son milieu de terrain ?  Et surtout à  quel point cette coupure profite aux équipes n’ayant pas encore trouvé leur rythme de croisière ?

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