TFC-PSG, à un Pesic près… (Fou de Foot)

Le stadium, citadelle imprenable ? On va finir par y croire. La venue du Paris SG, même diminué, constituait le test ultime en la matière. Les violets y ont répondu avec une emprise sur le jeu encore jamais démontrée cette saison. Tant et si bien qu’il y en avait beaucoup pour faire la fine bouche sur le résultat nul.

TFC-PSG02En avant pour la fête foraine ! Le président Sadran et ses ouailles nous l’ont suffisamment promis : le Stadium sera aussi (surtout?) un lieu de fête cette saison encore. Une politique familiale matérialisée en cette fin de samedi après-midi par le déploiement d’auto-tamponneuses, jeux de tirs et manèges sur le parvis. De biens belles intentions qui étaient rentabilisées par la flambée des tarifs pour cette rencontre de gala, de 9 euros en virage Est contre Caen la place était plus que quadruplée. Sans que cela heurte visiblement les sensibilités financières puisque l’objectif remplissage fut atteint, à quelques nuances près.

TFC-PSG03Le public pop-corn et ses exigences
La sensation d’un abonné dans pareil contexte est ambivalente : d’un côté on se félicite d’être parmi les élus déboursant moins de 8 euros par match en moyenne, d’un autre on a l’impression d’être dépouillé de son lieu de prédilection le temps d’un soir par un public occasionnel. Des réflexions incongrues entendues dans les gradins à la présence massive de locaux soutenant le club visiteur, on se demande où est passé notre havre de paix, sa résonance creuse à dix minutes du coup d’envoi, son calme si plat en cours de match que l’on puisse discerner les cours tactiques de Dédé La Science trois rangs plus haut. Il faudra s’y faire : ce soir l’avis de la mère de la famille ne connaissant guère que Ben Yedder dans l’effectif croisera celui de la copine surjouant la méconnaissance du football auprès de son copain pro-PSG. Je me délecte justement des réflexions cocasses d’un couple de quadras et leur fils au moment de prendre place sur les hauteurs du virage. La mère s’offusque des strapontins « Euro 2016 », fustige à raison le resserrement qu’ils ont induit entre les travées, rendant impossible les enjambements et joyeux sauts d’antan entre les sièges violets : « Eh ben ce n’est pas une réussite ça non plus. De toute façon ce stade, il valait mieux le raser et tout recommencer de zéro. » Derniers soubresauts de la campagne municipale ? Que nenni, la politique ne s’immiscera pas dans dans les lieux. L’émotion est elle palpable, quand sur l’initiative des Indians retentit le chant du souvenir à l’égard de Brice Taton, assassiné il y a cinq ans , presque jour pour jour, alors qu’il s’était rendu à Belgrade pour soutenir les violets en Ligue Europa. Des tifos noirs et blancs, répartis sur toute la tribune, sont brandis par le public sur fond du message invitant à ne jamais oublier.

TFC-PSG10Un autre que l’on oubliera jamais c’est Serge Aurier, désormais dans le camp d’en face. Au moment de l’annonce des compositions des équipes, il est accueilli par une standing ovation supérieure à certains noms de joueurs téfécistes, à commencer par le gardien Boucher. Le speaker s’y prendra à deux fois pour obtenir une réaction unanime des spectateurs. Les équipes alignées, venons-y. Côté TFC, la stabilité du trio défensif est à présent avéré (Veskovac-Grigore-Moubandjé), au milieu de terrain le forfait de Didot, touché le mardi précédent à Rennes, pousse à titulariser d’emblée Doumbia. Le seul autre changement par rapport à l’équipe victorieuse Route de Lorient est la présence de Ninkov milieu droit au lieu de Tisserand. La confiance est renouvelée envers Regattin, Aguilar et Akpa-Akpro. Idem en attaque avec le duo Ben Yedder-Pesic, plus vraiment un choix par défaut puisque Braithwaite (sur le banc) a recouvré ses moyens. Côté PSG, les absences de marque ne se limitent pas au forfait d’Ibrahimovic. Thiago Silva manque toujours cruellement dans l’axe défensif, tandis que Laurent Blanc a ménagé Thiago Motta, Marquinhos, Van Der Wiel ou Lucas en vue de la réception du Barça le mardi suivant en Champions League. L’équipe de la capitale garde fière allure avec ses neuf internationaux au coup d’envoi. Le jeune Bahebeck, aligné aux côtés de Cavani en attaque, est la petite touche fraicheur du jour.

Une demi-heure en mode total régal
Les débats démarrent avec un pressing haut des locaux. Sans round d’observation, Ben Yedder sert Pesic dont la frappe spontanée manque de clairvoyance (2′). C’est au tour du futur attaquant des bleus (on en prend le pari) de s’illustrer d’une tête décroisée sur un centre de Regattin mais Sirigu veille (4′). La défense parisienne cafouille de plus belle, Pesic oppresse David Luiz et tente un tir en angle fermé, pour l’instant seul le petit filet tremble (6′). La domination est aussi suffocante que la chaleur. Elle se concrétise lorsqu’une mise en retrait hasardeuse d’Aurier envoie le renard des surfaces Ben Yedder crocheter Sirigu et marquer dans le but vide (8′). Même empêtré du maillot bleu, l’international ivoirien en oublie pas les vieilles habitudes. Paris a la tête sous l’eau et les locaux sont bien déterminés à provoquer la noyade : tir puissant de Ben Yedder détourné en corner, volée dangereuse de Regattin sur ce même corner, passe à dix dans un petit espace conclu par une frappe fusante de Ninkov, repoussée par Sirigu…sur Pesic qui ne trouve pas le cadre. Le tout entre la 17e et la 21e minute. Il ne manque plus que les piquets et la tente.

TFC-PSG16Hélas, la pause exceptionnelle pour se désaltérer va casser la dynamique. Blanc distille ses consignes, Paris durcit le jeu tandis que Pesic est toujours aussi peu en réussite en s’empalant sur Sirigu après une percée de Doumbia (32′). Tant de naïveté se devait d’être sanctionné par un coup de vice. Sur un coup franc rapidement joué (sans arrêter le ballon comme le veut la règle), Verratti et Bahebeck prennent de court tout le monde. Le jeune dont tous raillaient la présence s’en va crucifier un Boucher toujours aussi perméable dans ses sorties (33′).
La suite de la mi-temps témoigne d’une grosse fébrilité défensive dans les deux camps, les tentatives se multiplient sans provoquer de frisson.

Qui dit horaire inhabituel dit after de circonstance
Voici l’heure du Challenge Orange Football. Ce jeu pervers où un joueur de champ part du rond central à la rencontre du gardien adverse. Qui des minots de Castelnaudary ou de Verfeuil comptera une passoire dans ses rangs ? À ma stupeur personne. Les deux portiers s’illustrent de fort belle façon, une habileté expliquant en grande partie le score final de 2-1 quand cet exercice récréatif aboutit le plus souvent à des 9-3 ou 8-4.
À la reprise, les cartons pleuvent davantage que les occasions.Verratti pour une intervention antijeu ostentatoire (48′), Cabaye pour un tacle tardif (51′), en revanche Matuidi y échappe pour sa semelle involontaire sur la cheville de Regattin (58′). Le plus petit gabarit de l’effectif Casanovien n’y résiste pas et doit céder sa place à Trejo quelques minutes plus tard. Dans le même temps Ninkov rend son tablier pour introduire Tisserand en piste. La dernière opportunité offensive viendra de nouveau de Pesic, idéalement lancé il fait preuve d’excés de collectivisme en cherchant à remettre sur Ben Yedder (70′). L’addition est décidément lourde pour l’international espoirs de la Serbie, son remplacement par Braithwaite clôt la litanie de regrets (80′). Entre-temps, Blanc y est allé de trois changements simultanés : Lucas, Motta et un Chantôme très acclamé entrent sur le terrain (« Ben oui lui Paris l’avait prêté à Toulouse l’an dernier c’est pour ça » glisse le fana du PSG à l’oreille de sa copine). Cette 2e mi-temps s’avère houleuse, ce qui persiste avec la charge bourrine de l’attaquant danois des violets sitôt en jeu. Un Braithwaite dont on ne retrouve guère la vista durant ces dix dernières minutes, l’obstruction de David Luiz à son encontre compliquant la tâche (86′). Les coups de pied arrêtés se succèdent en vain, ce résultat consensuel satisfera tout le monde.
Comme de coutume, voici la synthèse-vidéo officielle de la LFP.

Un résultat dont se satisfait Tout le monde ? Non. Les commentateurs de Radio Mon Pais démontrent une virulence sans précédent à l’égard d’Alexander Pesic. Je me vois obligé d’endosser de nouveau le rôle de l’avocat du diable (du cave diront les moins conciliants). Pour ce faire, un règlement de comptes à OK Honest s’impose. La fin de match à la tombée de la nuit m’incite en effet à convier en mes appartements les voix radiophoniques ainsi que l’incontournable The Kick. Le debriefing s’annonce rageur et passionné. Ni les sandwichs de Ronald Le Jaune, ni les matchs bas de gamme de Ligue 1 du samedi soir ne calmeront les ardeurs. Je me mets à la recherche désespérée de vidéos prouvant les accomplissements studieux de Mr Pesic du côté du Sheriff Tiraspol. Mais si vous savez, ce prestigieux club moldave qui joue couramment la Ligue Europa. Hélas, même YouTube sèche sur le sujet. Ses statistiques seraient-elles une création wikipédieque pure ? Denis P. inonde l’assistance de comparaisons fallacieuses entre le moindre fait d’actualité et l’attaquant maladroit, Jack se frotte déjà les mains à l’idée du compte-rendu de l’Équipe le lendemain, Kick oublie ne plus être chez lui et espère visionner Jour de Foot.

TFC-PSG 27-09-2014 dvd jeu Thierry GilardiTFC-PSG 27-09-2014 dvd jeu Voix RMC

L’après-match (et avant-Ruquier) réconciliera les troupes. Je me souviens soudain avoir pêché dans un tout à 1 euro un dvd interactif avec des questions footballistiques concoctées par les voix de RMC. Devant le faible dynamisme de l’animation et le peu de difficultés des demandes formulées, j’avise d’enchainer avec le quizz plus incisif sorti pendant l’âge d’or de Don Thierry Gilardi. La voix rocailleuse du regretté « meilleur d’entre nous » nous entraîne de la D1/Ligue 1 fin des 80’s à la première moitié des années 2000. Nous nous délectons de ces images d’archives glorieuses, jusqu’au bug concernant le but historique de Grégory Wimbée avec Nancy en 1996. Les propositions de réponse indiquent tout sauf la bonne année. Un bon moment néanmoins. Jouera-t-on avec le même plaisir dans dix ans en revoyant les exploits d’Ibra, Ben Yedder…et Pesic ?
Las, je rêve que le bonhomme ajoute rapidement des unités à son compteur, sous peine de devoir compiler sous tous les angles son seul but à Rennes.
Sans rapport, encore que, Bernard Kouchner tombe dans la politique spectacle en tendant haut son majeur devant Aymeric Caron. Laurent Baffie détend l’atmosphère avec ses questions spatiales. Qu’importe, nous n’avons rien écouté, préférant ressasser le dessous de caniveaux de cette société excrémentielle, le replay sera de nouveau obligatoire. Tiens Eric Zemmour sera placé sur le grill de son ancien royaume la semaine prochaine, cela promet ! Il est 2 heures et demi bien sonnées lorsque nous nous séparons. The Kick tente bien de me chourer un ou deux dvd dans la dernière ligne droite, Jack répète une dizaine de fois « Ah oui quand même il est tard. », Denis nous agrémente de témoignages inédits, sans même une boutade entre les lignes ! Signe que oui il se fait tard. Chacun à sa place, et tous pour le TFC, lui-même ré-indexé à sa très chère 10e place à l’issue de la huitième journée du championnat. Il est des conventions qui résistent aux loupés d’Alexander Pesic.

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