TFC-Lens, que d’errances ! (Fou de Foot)

Pour lire dans la version d’origine : http://fou2foot.over-blog.net/article-tfc-lens-que-d-errances-124883749.html

Les signaux avaient été allumés, le peu d’attrait des violets pour les rencontres avancées au vendredi soir avéré, la tendance au nivellement par le bas contre les équipes mal classées stigmatisée, pourtant le TFC n’a pu éviter une défaite d’école face à des nordistes affamés. Explication de cet échec en cinq points.

TFC TFC-LENS 24-10-2014 Tableau de score

Face à l’hécatombe sportive connue par le RC Lens (cinq absences majeures au cumul des blessés et suspendus), additionnée à une situation backstage toujours aussi floue (qui veut lâcher des millions ?), certains dirigeants auraient craqué. Gervais Martel n’est pas de ceux-là, Antoine Kombouaré encore moins. L’entraîneur artésien a déjà prouvé sa capacité à mobiliser en situation de crise, de créer une union sacrée face à un amoncellement d’obstacles. La route du promu, lanterne rouge avant ce déplacement au Stadium, est particulièrement minée ces dernières semaines. Si la citadelle toulousaine est imprenable depuis le début de la saison (2 victoires, 2 nuls), elle sourit historiquement aux équipes à la relance.

Malgré ces éléments en mains, le suiveur moyen du TFC ne pouvait croire à une défaillance de ses poulains, opposés en bonne partie à des joueurs découvrant la Ligue 1 ou n’ayant disputé que des miettes de matchs depuis deux mois. L’infirmerie violette affiche les mêmes patients depuis un petit moment : l’emblématique Didot, l’espoir Matheus, le rugueux Spajic ainsi que les rarement vus Roman et Tisserand. Pas de quoi conclure à une équipe déséquilibrée ou victime de problèmes de rendements liés aux absences, ce que défendait étonnamment le journaliste de l’Équipe dans son papier le jour de la rencontre. Après la parenthèse Steeve Yago à Marseille, le trio défensif mis en place avec succès depuis le forfait de Spajic reprenait du service. Au milieu les interrogations concernaient l’animation, confiée à Trejo plutôt qu’à Regattin, et l’aile gauche où Sylla était préféré à Ninkov. Enfin, Pesic retrouvait sa place aux avants-postes au détriment de Braithwaite.

Voici une sélection de données concernant les violets sur cette rencontre :

Composition de départ : Boucher / Veskovac-Grigore-Moubandjé / Akpa-Akpro-Trejo-Aguilar-Doumbia-Sylla / Ben Yedder-Pesic

Remplacements : Spano à la place de Veskovac (44′) Regattin à la place de Trejo (46′) Braithwaite à la place de Sylla (72′).

Nombre de centres (coups francs compris) : 64

Possession de balle : 73 %

Nombre de corners obtenus : 15

Tirs effectués : 16 dont 5 cadrés

Joueurs ayant touché le plus de ballons : Moubandjé (95), Aguilar et Akpa-Akpro (93)

Joueur ayant le plus frappé au but : Pesic 5 fois dont 3 tirs cadrés.

Pour l'occasion votre humble narrateur avait été invité dans la loge "Social Zone" du TFC.

Pour l’occasion votre humble narrateur avait été invité dans la loge « Social Zone » du TFC.

À l’aune de ces chiffres et du jeu observé, nous pouvons pousser la réflexion plus loin, distinguer les diverses failles d’un soir :

1. Un plan d’attaque non respecté

« Nous n’avons pas effectué le premier quart d’heure intense que nous avions prévu, pas mis la pression qui aurait été susceptible d’installer le doute chez cette équipe de Lens fortement renouvelée » avoue Alain Casanova en conférence de presse. Oui le TFC avait le ballon entre les crampons avant l’ouverture du score adverse (11′), mais qu’en faisait-il ? Et surtout à quel rythme ? Hormis le centre-tir de Pesic (4′) obligeant le jeune Belon à se détendre, nul danger à l’horizon. Le jeu se caractérisait par de timides transmissions sur la largeur, des passes redoublées symptomatiques d’une absence de prise de responsabilité. Alors faute de pouvoir percer le double rideau adverse, les Toulousains ont opté pour un usage abusif des ailes et des centres. Pas des centres rendus favorables par des décalages ou des débordements, non, des centres purs et durs, non soucieux de leur devenir. La faute relève avant tout des joueurs, d’abord statiques puis maladroits et progressivement asphyxiés par le scénario défavorable. Cependant, compte tenu du prévisible schéma défensif adopté par Lens, n’y-a-t-il pas eu erreur de coaching dans le choix de Trejo en principal distributeur ? Aussi technique soit-il, l’Argentin a besoin de beaucoup d’espace pour s’exprimer, ne possède pas la pointe de vitesse qui permettrait de fausser compagnie à une défense resserrée. Soit tout l’inverse d’un Regattin, champion du dribble en cabine téléphonique et susceptible de faire voler en éclat tout plan de jeu rigoureux.

2. Une course après le score maladroite

« On aurait pu jouer encore six heures que l’on n’aurait pas marqué. » Voilà une phrase qui a émergé de nombreuses lèvres à la sortie du Stadium vendredi soir. Il est vrai que les ultimes coups de boutoirs lensois ont même fait craindre le 0-3, notamment l’action de Fradj stoppée in extremis par Spano (83′). Le ratio tirs cadrés/tirs tentés (moins de 30%) révèle aussi de la précipitation dans l’exécution du dernier geste. Trop mous à 0-0, balbutiants suite à l’ouverture du score, carrément perdus entre le but du 0-2 de Bourigeaud (27′) et la mi-temps : chandelle direction le néant pour Akpa-Akpro, dégagement en touche de Boucher, douleur aux adducteurs gênantes pour Veskovac, loupés inquiétants d’Aguilar. Déjà grippé, le moteur passe près de céder durant cette vingtaine de minutes. Au retour des vestiaires, les intentions sont meilleures, toutefois improductives : « La deuxième mi-temps a davantage reflété notre niveau, mais le handicap était trop conséquent pour faire plier nos adversaires » admet Casanova. Les entrées de Spano et Regattin ont effectivement apporté un vent de fraîcheur et de détermination. Ce dernier a transcendé les offensives et été amené à frapper plus de corners sur une mi-temps que depuis le début de la saison. Mais il ne pouvait sauver une rencontre à lui seul, compenser les multiples ratés de Pesic et Braithwaite durant les vingt dernières minutes jouées en 4-3-3.

3. Des lignes trop espacées

À la vue de la feuille de match, j’ai cru un temps qu’une variante allait être introduite à l’habituel 3-5-2, à savoir la création d’une ligne intermédiaire avec Abel Aguilar devant sa défense et premier relanceur pour les milieux à vocation plus créateurs que sont Trejo et Doumbia. Hélas il n’en fut rien et les sorties de balle s’en sont ressenties. Face à un pressing diabolique des Lensois, la ligne arrière, Grigore en tête, a éprouvé les pires difficultés pour rendre une copie propre. Réputé pour avoir le profil « box to box », Doumbia a trop peu pesé sur les duels autour du rond central et n’a jamais alimenté les deux attaquants comme son rôle le suppose. Frustré, Ben Yedder n’a pas hésité à décrocher à plusieurs reprises au cours de la première période. L’entrée d’un joueur comme Regattin, capable de porter beaucoup le ballon, a fluidifié les connections sans lever les interrogations persistantes autour du 3-5-2.

4. Une confiance qui s’étiole au fil du temps

« Peut-être un peu de suffisance dans la façon de jouer, la possession aurait dû être accompagnée de l’esprit de sacrifice allant avec. Trop peu de rythme, trop de déchet, ce qui a favorisé le plan de jeu des Lensois » poursuit le coach toulousain dans son analyse. Suffisance ? Encore faut-il définir ce que l’on entend par là. Le fait de conserver longtemps le ballon, de le faire abondamment circuler, de varier le jeu d’un côté à l’autre du terrain ? Autant de phases de jeu répétées qui traduiraient d’un manque de respect et/ou de crainte vis-à-vis de l’adversaire ? Par opposition, balancer de longs ballons devant témoignerait d’une attitude appropriée ? Au lieu de trancher ce procès de perception éminemment subjectif, il faut se contenter des faits. À savoir un démarrage poussif, deux boulets aux jambes en moins d’une demi-heure, une perte de qualité dans la construction, des gestes élémentaires mal maîtrisées. Finalement, ce TFC-Lens n’aura peut-être été que cela, un scénario qui se goupille mal et dont l’intrigue stagne faute de protagonistes capables de créer des rebondissements. Bien loin d’un véritable non-match comme avait pu l’être TFC-Rennes (0-5) l’an dernier. À un flop irrationnel répond une défaite purement technico-tactique.

5. Des visiteurs en terrain conquis

Même de vieux abonnés du Stadium en convenait : rarement le kop d’une équipe visiteuse s’était autant distingué par la chaleur de ses encouragements, à la fois omniprésents et jamais agressifs envers le club accueillant. Leur nombre d’abord : une centaine selon la police, plus de trois cent selon les observateurs sur place. À eux seuls plus bruyants que le reste du stade, alternant leurs grands classiques (Les Corons de Pierre Bachelet, Les lacs du Conemara de Sardou) à des chants spécifiques au contexte tels « On est chez nous ! » ou ceux répondant directement aux incantations lancées par les Indians (« Nous sommes le téfécé…Nous sommes les Lensois ! »). Leçon de réalisme sur le terrain, leçon de supportérisme en tribune, un café l’addition…salée, forcément.

Les performances à retenir

Akpa-Akpro : Il a eu le mérite de beaucoup tenter sur son aile droite durant la première mi-temps, seulement plombé durant les dix minutes flottantes suivant le but du 0-2. Moins prégnant suite au rééquilibrage offensif vers l’axe en deuxième période, Akpa-Akpro aura tout de même approché le total de 100 ballons touchés et adressé plus de dix centres pour ses attaquants.

Regattin : Le chouchou du Stadium a encore donné des arguments à ses partisans. Parti à l’échauffement dés la 30e minute, il n’entrera qu’à la mi-temps pour suppléer un Trejo statique. Dribbles chaloupés, coups francs intéressants obtenus, centres dans tous les sens, perforations du milieu athlétique des Lensois, tout ce qu’on aurait aimé voir dés le coup d’envoi.

Spano : Pour une entrée inopinée, due aux blessures (Spajic à la base puis Veskovac en cours de match), ce fut une réussite. L’arrière droit a parfaitement tenu la boutique en deuxième mi-temps. Citons sa résistance face à une ultime contre-attaque des visiteurs (83′) qui fleurait bon le 0-3.

Les performances à oublier

Boucher : Toujours aussi peu autoritaire dans ses interventions, pas en phase avec sa défense, il se distingue aussi par un plongeon curieux sur le 2e but. Encore une fois la mauvaise prestation d’ensemble lui permet d’échapper à toute considération personnelle.

Sylla : L’obstination de Casanova à tenter régulièrement la carte du jeune Guinéen (20 ans) est dure à comprendre tant ce dernier affiche ses limites. Trop végétatif et pas assez rude dans son engagement défensif, il est en cause sur les deux buts encaissés. Ne faut-il pas envisager une utilisation comme joker, le temps qu’il s’aguerrisse pour être apte à livrer 90 minutes de bonne facture ?

Aguilar : Un déchet inhabituel dans les relances, un positionnement qui ne permet pas de prêter main forte à son arrière-garde, si même une valeur sûre comme le Colombien baisse pavillon, il sera bien dur de tirer l’équipe vers le haut. Notamment fautif sur le ballon intercepté à l’origine du deuxième but.

Pour conclure sur ce TFC-RCL, voici l’habituelle résumé vidéo concocté par la LFP.

La semaine à venir

TFC TFC-Bordeaux 28-10-2014 Coupe de la Ligue avant-match

Double cuvée bordelaise au programme de cette fin octobre/début novembre. Une première manche à la maison en coupe de la ligue mardi puis un déplacement à Chaban-Delmas le dimanche après-midi. Le discours officiel insiste sur l’importance accordée aux coupes cette saison, nous avons envie d’y croire si tant est qu’on puisse décréter en amont viser un succès final ou au moins un beau parcours dans ce genre de compétitions, dépendant largement de la chance au tirage. À ce titre recevoir un Bordeaux en nette perte de vitesse (un point pris lors des trois dernières rencontres de L1) constitue un challenge largement abordable. Contexte sportif auquel s’ajoute une gentillette rivalité pour déterminer de quelle couleur va se parer la Garonne. Les hommes de Willy Sagnol choisiront-ils de privilégier le rendez-vous du championnat ? Peut-être inconsciemment, pas sur le papier. Le groupe annoncé par l’ancien taulier des bleus pour ce mardi soir comporte pour seuls absents de marque les blessés (Rolan, Saivet, Planus, Sané) et suspendu (Poko). À noter qu’en cas de victoire dimanche, Bordeaux, actuel 6e repousserait son rival régional à sept longueurs, écart qui serait quasi rédhibitoire dans la perspective de regagner le premier tiers du classement d’ici la fin de l’année civile.

Côté TFC, pas le luxe de choisir : quatre jours après l’épisode lensois, une qualification empêcherait une mauvaise dynamique de s’installer. Pas de révolution d’effectif à attendre, la seule nouveauté sera la titularisation de Marc Vidal dans les cages, une forme de récompense pour la fidèle doublure (ex « triplure »). Quant au déplacement de fin de semaine, il paraît paradoxalement moins périlleux puisque les violets ont prouvé leur capacité à être davantage mobiliser dans un contexte où ils ne sont pas favoris. Rappelons que la dernière virée à Chaban s’était conclu sur un succès 1-0 en janvier 2014, à une pèriode où les Toulousains entamaient une série exceptionnelle à l’extérieur. On est habitué à entendre qu’il est difficile de remporter deux matchs à domicile consécutivement, quid d’une double victoire face au même adversaire ? On sortira les calculettes dimanche soir.

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