Critique Magic in the moonlight (Allociné)

Allociné Magic in the moonlight

Magic in the moonlight de Woody Allen avec Colin Firth, Emma Stone, Eileen Atkins (USA; 2014) *

Le prestidigitateur chinois Wei Ling Soo est le plus célèbre magicien de son époque, mais rares sont ceux à savoir qu’il s’agit en réalité du nom de scène de Stanley Crawford : cet Anglais arrogant et grognon ne supporte pas les soi-disant médiums qui prétendent prédire l’avenir. Se laissant convaincre par son fidèle ami Howard Burkan, Stanley se rend chez les Catledge qui possèdent une somptueuse propriété sur la Côte d’Azur et se fait passer pour un homme d’affaires, du nom de Stanley Taplinger, dans le but de démasquer la jeune et ravissante Sophie Baker, une prétendue médium, qui y séjourne avec sa mère.

Ainsi ai-je enfin vu un Woody Allen. Expérience maintes fois repoussée, faute d’attirance pour les nombreux éléments à ma connaissance sur les films du maître new-yorkais. Prédominance de comédies romantiques, empilage de personnages dépressifs, humour fin tendance bourgeois difficilement compréhensible par les non-initiés : de l’aveu même de ses fans chacune de ses réalisations, livrées au rythme prolifique de une par an, quasiment toujours à la même pèriode, est une variation sur les mêmes thèmes. Reste que chaque millésime recèlerait des qualités propres. Les premiers échos émergeant à propos de la cuvée 2014 concluaient à un retour en grâce. Au final le scepticisme gagne. Où est la patte spécifique si vantée ? Où sont les dialogues savoureux promis ? Ce numéro de chat et de la souris entre un magicien et une jeune femme dont il met en doute les dons de voyance est bien propret, ankylosée de tous les codes classiques de la comédie amoureuse, jamais traversé par le moindre instant de grâce. Le duo d’acteurs donne son meilleur, mais n’est pas aidé par le rythme lent à souhait, la musique de jazz pompeuse omniprésente, la pauvreté du récit dont le seul rebondissement notable est facile à anticiper. Nous voici face à une œuvre paresseuse s’appuyant exclusivement sur le prestige de sa distribution. Vraiment trop faible pour sublimer un scénario aux ressorts restreints. Moralité : mieux vaut ignorer l’actualité d’un cinéaste et attaquer les choses par leur commencement.

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