Les enseignements après TFC-Metz et avant Montpellier-TFC (Fou de Foot)

Difficile d’analyser le dernier succès des violets contre Metz. Au-delà du soulagement et de la réjouissance d’un retour que l’on espérait plus, celui d’Ali Ahamada, cette rencontre peut s’avérer fondatrice comme rester un succès conjoncturel.

TFC TFC-Metz 08-11-2014 Regattin-Sirieix joie

La malédiction du promu venant se pavaner au Stadium est donc enterrée. Avec elle le manque d’efficacité des violets (deux buts inscrits lors des quatre rencontres précédentes) et leur perméabilité avec enfin une clean sheet, à mettre à l’actif du revenant Ali Ahamada. La mini-trêve internationale est de nouveau intervenue au pire moment, quand cette équipe aurait eu tout intérêt à enchaîner les matchs pour créer une dynamique vertueuse. Deux semaines plus tard, le voyage dans l’Hérault passe pour une rencontre anodine de milieu de tableau. Sévèrement inondé en octobre, Montpellier a pour sa part dû apprécier ce break. Il s’apprête à recevoir une équipe lui réussissant bien. Sur les quinze dernières oppositions, le TFC n’en a remporté qu’une…au Stadium le 26 mai 2013, lors d’une ultime journée sans enjeu et au bénéfice du divorce alors consommé entre René Girard et ses troupes. Ce dimanche à 17h le contexte sera tout autre.

Révolution d’un soir ou tournant majeur ?

Revenons d’abord au samedi 8 novembre. La première surprise de la journée était dans les kiosques, une interview du médiatiquement rare président Olivier Sadran dans le quotidien sportif national avant un TFC-Metz sentant le souffre. « Rassurez-vous nous avons de l’ambition » jure le patron à son interlocuteur. Le journal met naturellement cette phrase en exergue, mais le reste de l’entretien tend à démontrer l’inverse avec un discours relativiste concernant les mauvais résultats (« Cela s’est joué à pas grand-chose »), frôlant les lapalissades en termes d’objectifs (« Finir le plus haut possible »), suggérant même un désengagement prochain (« Si un investisseur sérieux se présente, je pourrais vendre le club »).

Le matin de la rencontre, le journal L’Équipe, pourtant habituellement au fait de ce qui se trame en coulisses, publiait une composition de départ du TFC sans rapport avec les plans concoctés par le club. Fini de gloser sur ces entraînements à huis-clos décrétés depuis la défaite à Bordeaux, ils ont eu la vertu de surprendre jusqu’aux plus initiés. Exit Boucher dans les cages et retour du banni Ahamada, nouvelle tentative d’équilibrer la ligne défensive avec cette fois Spajic à droite et Veskovac dans l’axe, titularisation « coup de cœur » du patriarche Pantxi Sirieix sur le flanc gauche du milieu de terrain, avènement d’une ligne de deux créatifs derrière l’attaquant de pointe. Le coup de poing semble avoir été asséné sur la table, et pour une fois Casanova n’est pas le seul à avoir eu mal.

TFC TFC-Metz 08-11-2014 Sirieix course post-but

Ce onze de départ était un coup de poker qui avait toutes les chances de combler les spectateurs. Au-delà des qualités propres de ses joueurs, le supporteur violet tend à s’identifier à des figures locales, formées au club ou emblématiques de celui-ci. Il a été servi sur ce point avec cinq « enfants du pays » : Ahamada, Sirieix, Akpa-Akpro, Regattin et Ben Yedder. Ne manquait que Didot, plus ancien membre de l’effectif, blessé de dernière minute, pour donner une coloration dominante à cette politique des vieilles bases au détriment des nouveaux. Au final, seuls deux joueurs recrutés à l’intersaison étaient titularisés face à Metz (Doumbia et Pesic).

Par ailleurs, la réforme du 3-5-2 est en marche. Ainsi fut-il dérivé en un 3-4-3 lors de cette rencontre.Ben Yedder prend de plus en plus le costume d’un meneur de jeu bis, tandis que Pesic joue en pointe unique, sorte de tour de contrôle devant user l’arrière-garde adverse. Dans ce registre le Serbe est sur le point de trouver l’aisance lui faisant jusqu’ici défaut. Jeu en déviation, frappes en pivot, courses de harcèlement, le grand gaillard a donné satisfaction. Peut-être en est-ce terminé du turn over avec un Braithwaite faiblard cette saison.

TFC TFC-Metz 08-11-2014 Pesic en action

Passons rapidement sur la rencontre en elle-même. Le démarrage en trombe avec l’ouverture du score ô combien symbolique de Sirieix (3′) a donné des allures de récital à un duel pourtant très équilibré. Les défauts sont toujours là, les malentendus et couacs défensifs aussi. Disons que l’alliage des revenants et le retour en forme des valeurs sûres a fait le reste. Pour ceux qui auraient loupé ce brillant sursaut d’orgueil, voici le résumé vidéo publié par la LFP.

Concernant le retour en grâce du portier franco-comorien, Alain Casanova ne cache pas avoir pris une décision à double tranchant : « Je pensais qu’il fallait provoquer un électrochoc. Je voyais Ali depuis pas mal de temps à l’entraînement, très dynamique, démontrant une grande forme, très appliqué dans ce qu’il faisait. Ce n’est jamais facile de prendre de telles décisions, mais je me disais qu’il allait être prêt, parce qu’il a de l’orgueil, de la fierté. Cela fait un an qu’il est écarté et ce n’est pas facile pour lui. Il a su saisir l’opportunité qui lui était présenté. »

Les supporteurs valident. À chaque arrêt ou intervention, les acclamations ont fusé. Jusqu’au bout ils ont glorifié le retour au poste de leur chouchou. Quitte à inciter Ahamada de forcer le trait, tel ce maillot lancé dans le kop en fin de rencontre, offrande au parfum malicieux.

FOOTBALL : Toulouse vs Metz - 13eme journee de L1  - 08/11/2014

Une fin d’année pour définir un objectif

Cette vérité d’un soir ne permet pas d’augurer d’un apaisement général dans la maison violette. Elle rajoute même des questionnements aux incertitudes. À quel poste va se stabiliser Abel Aguilar ? Ben Yedder n’a-t-il plus vocation à évoluer en pointe ? Les relations entre Boucher et Ahamada vont-elles se tendre davantage ?

Lyon, Paris, Marseille, Saint-Étienne, Bordeaux, les plus gros clients de Ligue 1 ont déjà été croisés sur le rectangle vert. Jusqu’à la trêve hivernale, les Toulousains vont disputer six matchs à leur portée, vont pouvoir prouver que leur rang « naturel » se situe entre la 5e et la 9e place. Voici le classement du championnat à l’issue des treize premières journées, suivi du calendrier spécifique des violets pour le mettre en perspective avec les adversaires croisés.

1

Olympique de Marseille

28

13

9

1

3

27

12

+15

2

Paris Saint-Germain

27

13

7

6

0

25

8

+17

3

Olympique Lyonnais

26

13

8

2

3

27

11

+16

4

Girondins de Bordeaux

24

13

7

3

3

20

15

+5

5

FC Nantes

23

13

6

5

2

13

9

+4

6

AS Saint-Etienne

22

13

6

4

3

13

12

+1

7

Stade Rennais FC

19

13

5

4

4

15

14

+1

8

AS Monaco

19

13

5

4

4

15

14

+1

9

FC Metz

18

13

5

3

5

13

15

-2

10

Stade de Reims

18

13

5

3

5

14

21

-7

11

Toulouse FC

17

13

5

2

6

17

17

0

12

OGC Nice

17

13

5

2

6

17

19

-2

13

Montpellier Hérault SC

17

13

5

2

6

11

13

-2

14

LOSC Lille

16

13

4

4

5

9

12

-3

15

SC Bastia

13

13

3

4

6

11

17

-6

16

Evian TG FC

13

13

4

1

8

12

22

-10

17

SM Caen

12

13

3

3

7

15

17

-2

18

EA Guingamp

12

13

4

0

9

10

24

-14

19

RC Lens

11

13

3

2

8

12

17

-5

20

FC Lorient

10

13

3

1

9

10

17

-7

14e journée

Montpellier-Toulouse

15e journée

Toulouse-Lorient

16e journée

Nantes-Toulouse

17e journée

Toulouse-Monaco

18e journée

Lille-Toulouse

19e journée

Toulouse-Guingamp

À l’exception de Nantes (5e) et Monaco (8e), le TFC va rencontrer des équipes actuellement derrière lui au classement, notamment deux des trois relégables. Les écarts de points sont trop minimes pour sous-estimer ces concurrents, la zone rouge (cinq points) est d’ailleurs plus proche que l’accessit à l’Europe (sept points). Après quels lièvres seront amenés à courir les hommes du président Sadran d’ici mai prochain ? Ce dernier en a justement remis une couche dans son opération « reprise en mains » via une longue interview publiée dans le France Football du mardi 18 novembre. Il assure de la volonté des dirigeants à élever un peu plus le club chaque saison, tout en justifiant la logique du « gros » départ chaque année (Gignac, Sissoko, Capoue, Abdennour, Aurier) pour permettre la survie économique. Voici la reproduction de cette interview pour ceux qui n’auraient pu la feuilleter.

TFC ITW Sadran FF 18-11-2014 Part 1TFC ITW Sadran FF 18-11-2014 Part 2TFC ITW Sadran FF 18-11-2014 Part 3TFC ITW Sadran FF 18-11-2014 Part 4

Pour revenir sur le plan sportif, tous les voyants sont au vert. Le groupe prévu pour l’Altrad Stadium comporte les retours de blessure ou suspension de Marcel Tisserand, Étienne Didot et Dragos Grigore. Parmi les joueurs pressentis comme titulaires, seul le Brésilien William Matheus poursuit ses soins. Quant à Yago et Spano, défensivement chaotiques, ils rejoignent le loft des éternelles réservistes Marc Vidal, Lionel Mpasi et Dominik Furman. En conférence de presse jeudi dernier, Adrien Regattin saluait le nouvel état d’esprit de copains régnant au club. On ne demande qu’à le croire. Voici la bande-annonce conçue par TFC TV pour cette rencontre.

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