Montpellier-TFC, on entre dans le dur ! (Fou de Foot)

Sur des terres héraultaises par tradition peu souriantes, le TFC a logiquement cédé aux coups de boutoir d’un adversaire déterminé. Empêtré dans un jeu dénué de surprise ou génie, les hommes d’Alain Casanova ont peu de temps pour dégainer des solutions. Une série de trois rencontres rapprochées promet de les mettre au pied du mur.

TFC Montpellier-TFC 23-11-2014 01

Certains attendent les coupures internationales comme le messie, permettant de remettre à plat la vie de groupe d’un vestiaire. À Toulouse on va finir par les maudire. Celle d’octobre avait coupé un brillant élan de trois matchs convaincants contre des dits « gros » (Rennes, Paris SG, Saint-Étienne), bientôt suivi de quatre défaites de rang. Le goût de la victoire retrouvée devant Metz début novembre (3-0) demandait une confirmation rapide. Le calendrier n’en laissera pas la possibilité puisque les violets ont dû attendre quinze jours pour rejouer en compétition.

Le retour manqué du 3-5-2 classique

Ce déplacement à l’Altrad Stadium promettait de se situer dans la continuité de la prestation face aux Grenats. Hélas, il n’en fut rien. Mentionnons d’abord les choix de Casanova pour la composition de départ. Tel Courbis, le coach toulousain n’est pas adepte de l’expression « On ne change pas une équipe qui gagne ». Certes, dans la mesure où les hommes disponibles ne sont pas les mêmes à deux semaines d’intervalle. Que Didot, dont on ne cite plus les états de service, regagne aussitôt son rang cela va de soit, mais pourquoi faut-il que cela se fasse au détriment de Doumbia, plus value incontestable avec son profil box-to-box. Pourquoi intervertir de nouveau Pesic par Braithwaite alors que le Serbe gagnait enfin en confiance ? (une hiérarchie finira-t-elle par se dégager entre les deux ?) Pourquoi pousser Veskovac sur le banc pour aligner sur son aile droite un Grigore dont on sait la prédilection pour l’axe ? En dehors de la stabilité acquise par Moubandjé sur l’aile gauche, la ligne défensive est ballottée et remise en cause à chaque rencontre. À quand une clarification de la donne ?

Dernier point, et non des moindres, la persistance en cette dangereuse formule du 3-5-2. Face à Metz le système avait été réajusté via notamment une animation offensive à deux meneurs et un Pesic en tour de contrôle à la Marouane Chamack en son temps (sachons citer des joueurs du club ennemi quand le contexte l’exige). Ce changement prenait à la fois en compte les qualités de l’international espoirs serbe et actait la tendance de Ben Yedder à venir créer le jeu de plus bas. Ce qui n’a pas empêché le meilleur joueur de l’effectif d’inscrire son septième but de la saison…sur un service de Pesic. Ce dernier se chargeant de clôturer la marque dans la foulée. Le profil du Danois Braithwaite, joueur plus technique mais souffrant de sa tendance à déserter l’axe pour l’aile gauche, ne permit pas de reproduire un tel schéma. Le bilan famélique d’un seul tir cadré à l’Altrad Stadium (Regattin 7′) doit interpeller sur la pertinence de privilégier un système de jeu à des hommes.

TFC Montpellier-TFC 23-11-2014 02Que dire sur la rencontre en elle-même ? Les violets ont été solides et appliquées durant plus d’une demi-heure, mais tout débat tactique perd de sa force lorsque l’ouverture du score est due à un imbroglio défensif. Le tamponnage entre Aguilar et Moubandjé envoie Mounier à la cueillette au bonheur (37′). Bonne pioche. Ce handicap paraîtra insurmontable au cours d’une deuxième mi-temps où le TFC prend tous les risques (rapide entrée de Pesic à la place de Regattin) sans se soucier de son équilibre collectif. Aligner trois attaquants de pointe sans aucun distributeur de ballons derrière est-il cohérent ? De l’aveu même de Casanova, son équipe a été coupée en deux durant toute cette pèriode.

Et comme devant un mauvais film en perpétuelle rediffusion, nous assistions impuissants au contre fatal permettant aux Héraultais de se mettre à l’abri (87′). Un scénario abondant dans le sens d’un résultat en trompe-l’œil contre Metz.

Retour vidéo :

Le point sur le classement : un matelas de moins en moins confortable

Alors qu’un club poussif comme Rennes peut à nouveau nourrir des espoirs européens, que Bordeaux, Nantes et Saint-Étienne restent dans le coup malgré un rythme de sénateur, le TFC doit à présent regarder vers le bas. Avec quatre points d’avance sur le premier relégable, les violets ne seront pas, quoi qu’il arrive, dans la zone rouge le week-end prochain. Maigre consolation tant la deuxième moitié de tableau est resserrée et les positions susceptibles d’être interverties d’une semaine sur l’autre. En l’absence de victimes expiatoires assurées de descendre (ni Istres ni Grenoble ni Boulogne S/Mer), une dizaine de clubs peuvent sérieusement s’inquiéter pour leur maintien. Les trois promus (Caen, Metz, Lens) ne sont par exemple pas plus faibles que les autres. Bastions historiques du foot français, ils ont su construire, à l’exception de Nordistes minés par le DNCG, un groupe solide pour squatter le ventre mou. Sur le papier, les candidats évidents sont à chercher parmi les effectifs gravement affaiblis à l’intersaison : Evian TG, Bastia ou encore Lorient. Bien plus stable, le groupe toulousain a les armes pour se hisser au-dessus de cette zone de flottaison. L’argument des blessés ne pèse plus, puisque seul Matheus manque à l’appel parmi les potentiels titulaires.

1

Olympique de Marseille

31

14

10

1

3

30

13

+17

2

Paris Saint-Germain

30

14

8

6

0

28

10

+18

3

Olympique Lyonnais

27

14

8

3

3

27

11

+16

4

FC Nantes

24

14

6

6

2

13

9

+4

5

Girondins de Bordeaux

24

14

7

3

4

21

18

+3

6

AS Saint-Etienne

23

14

6

5

3

13

12

+1

7

Stade Rennais FC

22

14

6

4

4

16

14

+2

8

AS Monaco

20

14

5

5

4

17

16

+1

9

Montpellier Hérault SC

20

14

6

2

6

13

13

0

10

Stade de Reims

19

14

5

4

5

14

21

-7

11

OGC Nice

18

14

5

3

6

17

19

-2

12

FC Metz

18

14

5

3

6

15

18

-3

13

Toulouse FC

17

14

5

2

7

17

19

-2

14

LOSC Lille

16

13

4

4

5

9

12

-3

15

SC Bastia

14

14

3

5

6

11

17

-6

16

SM Caen

13

14

3

4

7

17

19

-2

17

FC Lorient

13

14

4

1

9

11

17

-6

18

Evian TG FC

13

13

4

1

8

12

22

-10

19

EA Guingamp

12

14

4

0

10

10

25

-15

20

RC Lens

11

14

3

2

9

12

18

-6

Calendrier : une semaine en accélérée

15e journée (29 novembre)

Toulouse-Lorient

16e journée (2 décembre)

Nantes-Toulouse

17e journée (5 décembre)

Toulouse-Monaco

Trois rencontres en sept jours, voilà un programme pour lequel un club peu coutumier de coupes européennes n’est pas rodé. On peut donc tabler sur quelques variations dans le onze de départ. Lorient a le même profil de match guet-apens que les deux derniers visiteurs de Ligue 1, Lens et Metz. Aura-t-on droit à une animation offensive ambitieuse basé sur la variante de 3-4-3 avec Pesic seul en pointe ? Voire un inédit 4-3-3 au coup d’envoi impliquant aussi Braithwaite ?

Le bilan face aux Bretons au Stadium est parfaitement équilibré depuis 2006 (année de leur retour en L1) : deux victoires, quatre nuls et deux défaites. De ce type d’adversaires contre lesquels la motivation ne vient pas naturellement.

Pourtant la perspective de repousser un concurrent direct à sept points devrait suffire en soi…Sous peine de devoir se rendre à Nantes la peur au ventre.

L’un des fiefs historiques du foot français (huit titres de champion) retrouve de sa superbe, une saison seulement après sa remontée. Actuels 4e du championnat, les canaris affichent la meilleure défense (neuf buts encaissés) et un équilibre collectif bluffant. Seul le non remplacement à l’intersaison de leur buteur Djordjevic les empêchent de viser plus haut (douzième attaque). Les confrontations récentes sont forcément restreintes face aux violets. On se souvient de cette rencontre très maîtrisée des hommes de Casanova à la Beaujoire peu de temps avant la trêve hivernale de 2013-2014 (victoire 2-1) et du nul sans saveur au retour (1-1). Toute autre référence au passé serait trop lointaine pour être significative, à l’image du cataclysmique 0-4 d’avant Noël 2006 au Stadium. Sans un TFC à la consistance retrouvée au milieu de terrain et une meilleure efficacité dans les coups de pieds arrêtés, il n’y a pas grand-chose à attendre de ce déplacement.

La trilogie herculéenne s’achève le vendredi soir suivant avec la venue de l’ogre monégasque, toujours mordant en dépit de son amputation de valeurs sûres l’été dernier. Le club princier semble avoir enfin digéré les départs de Falcao et James Rodriguez. Porté par la maturité acquise par ses jeunes pousses tels Ferreira Carrasco et Kurzawa, par la propreté technique de son métronome Toulalan, il peut aussi compter sur un Berbatov au professionnalisme exemplaire. Sur le papier, au vu notamment du manque de complémentarité du trio défensif toulousain, cela ne devrait pas faire un pli. Demeurent les incertitudes liées à la Champions League. Alourdi d’un match en amont des trois journées consécutives de Ligue 1, les joueurs de la principauté devront aussi penser à la réception décisive du Zenith St Petersbourg quelques jours après leur venue au Stadium. Peut-on espérer l’alignement d’une équipe bis ? Voilà à quels genres d’aléas sont suspendus les espoirs toulousains après un premier tiers de championnat chaotique…

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