Sequence Court-Métrage 2014 – My own private Festival Saison 3 Episode 1 (Arte Creative)

Pour lire dans la version d’origine : http://creative.arte.tv/fr/community/my-own-private-festival-saison-3-episode-1-par-ebartoli

ÉPISODE 1 : Se souvenir des belles choses

Vendredi 21 novembre : Programme Coups de Coeur – Ouverture du Festival (Cinéma ABC)

http://www.sequence-court.com/

En apparence rien n’a changé : l’ABC accueille toujours le coup d’envoi de l’évènement, Theodora N. s’active, une goutte de sueur façon manga perlant à son front, Élisa F-V dispense son humeur étoilée à l’assistance, Alain E. supervise les opérations, la salle A affiche complet avec un mélange d’habitués des courts-métrages et de profanes en quête de découvertes.

Et pourtant cette 23e édition est placée sous le signe des nouveautés. Après le format spécial de l’an dernier, rétréci à dix jours, le Festival étale de nouveau son riche programme sur deux semaines et demi. Les organisateurs de la dernière décennie ont passé le relai à certains bénévoles des années précédentes (et ont donc inversé les rôles en retour). En discours préliminaire, le nouveau président de l’association, Hervé Schindler, insiste sur la part belle faite aux compétitions (au nombre de neuf) dont la majorité implique un vote du public. Il évoque aussi la notion d’exploit permanent constitué par la tenue du Festival. Et puis une petite recommandation détournée pour conclure : « Si vous n’aimez pas, parlez-en à vos ennemis, ça leur donnera peut-être envie de venir ». Avec tout ça on en oublie de demander qui « vient voir une projection de Séquence pour la première fois ». Heureusement le cocktail d’après-séance permettra d’évaluer les forces en présence.

Les films présentés

La séance débute par le déstabilisant Je m’appelle, ode littéraire composée de multiples témoignages de combattants, militants, manifestants. Le sujet s’épaissit au fil des minutes et nous plonge au cœur des grandes (r)évolutions du XXe siècle.

Amal conte le rêve brisé d’une petite fille, élève studieuse dans un environnement rural défavorisé. Le poids d’une famille orientale traditionaliste complique sa tâche : comment prétendre à une carrière indépendante quand votre mère a pour seule ambition de vous marier à un bon parti ?

L’animation en noir et blanc Bird strike tranche avec les univers précédents. Trêve de réalisme, voici venu la guerre fantaisiste entre un amateur d’avions téléguidés et un escadron d’oiseaux espiègles. Sous un ciel hostile, l’harmonie des éléments n’est pas chose gagnée.

Suit le kitsch et kafkaïen Le dossier Satchel, sketch à tiroirs dans une bureaucratie démentielle. L’art de pousser une idée loufoque à son paroxysme.

Big Buck Bunny nous présente la vie tumultueuse d’un lapin géant (sorte de pendant de Shrek), souffre-douleur de petits animaux de la forêt. Lorsqu’ils s’en prennent à son seul ami, le papillon, c’en est trop ! Son plan de vengeance sera aussi savoureux qu’implacable.

Ce film lance un ultime virage composé de feel-good movies : le paradis fantasmé, mais pas idéal, de Jogging catégorie, la tentative de fugue de deux poulpes en passe d’être hachés menu par un cuisinier dans Oktapodi, et enfin la comédie musicale faussement naïve Heureux qui comme Edouard, parodie de propagande libérale plus efficace qu’une dénonciation brutale. Transmettre des messages limpides de manière brève et sous une apparente forme de légèreté, n’est-ce pas la plus belle force du court-métrage?

Le film coup de cœur

Le dossier Satchel

Le dossier Satchel

Deux personnages, un seul décor, un scénario malicieux jouant sur tous les ressorts de l’humour absurde, voici les ingrédients gagnants du court-métrage Le dossier Satchel. La mise en scène de ce duel administratif poussé à l’extrême donne dans la référence au cinéma muet ou à la bande dessinée. Tous les traits y sont volontairement grossiers et démesurés : le salarié besogneux et oisif face au patron rigide et sans considération. Le tout est plongé dans une imagerie fin années 1970/début années 1980, couleurs criardes et témoignages de temps ancien tels ces téléphones à long fil, ces armoires surannées, ce dispositif de travail résistant encore à l’open space. Les gags s’enchaînent jusqu’au point de non retour : un jeu d’inversion des personnages, de dilution des éventuels enjeux de l’intrigue au profit du non sens jubilatoire. Cette succession de tours de passe-passe aura d’ailleurs ravi l’assistance du Festival.

Le petit « La preuve qu’on y était » du jour

Après la diffusion de Jogging catégorie, initialement prévu comme film de clôture du soir, un certain flottement règne chez les spectateurs. Idem du côté des projectionnistes puisque les trois minutes d’Oktapodi seront ponctuées d’allumage/extinction de lumières à différentes parties de la salle. Les protestations du public seront plutôt mesurées et bon enfant. Le plus étonnant dans ce léger incident c’est qu’il collait parfaitement avec l’ambiance du court-métrage, sorte de film dans le film à l’accent tout aussi comique.

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