Sequence Court-Métrage 2014 – My own private Festival Saison 3 Episode 2 (Arte Creative)

Pour lire dans la version d’origine : http://creative.arte.tv/fr/community/my-own-private-festival-saison-3-episode-2-par-ebartoli

ÉPISODE 2 : Des débuts sombres et mélancoliques

Samedi 22 novembre : Compétition Fiction 1ers Films (Médiathèque José-Cabanis)

« Cette séance vous donne l’occasion de faire connaissance avec les talents de demain », ainsi Julia S., nouvelle chargée de projet du Festival présente-t-elle ce programme, incontournable depuis 2007. Les lauréats ont généralement eu de brillants parcours à travers d’autres compétitions, citons notamment Tous les hommes s’appellent Robert de Marc-Henri Boulier, gagnant en 2011 ou La tête froide de Nicolas Mesdom l’année suivante. Avec son entrée gratuite et son grand auditorium confortable, la Médiathèque promettait d’attirer un public diversifié. Mission réussie puisqu’au cœur d’un après-midi très doux la salle n’était pas loin d’afficher complet.

Les films présentés

Parmi les spectateurs Ingrid Chikhaoui, auteure de Bismillah ! Son film, tranche de vie dans une cité HLM ouvre la compétition. Au-delà du récit comique d’un repas de mariage à préparer en urgence, il touche par sa sensibilité : les non-dits entre une mère et son fils, les rapports de force en banlieue, l’absence douloureuse.

Le personnage principal de La femme de Rio est pour sa part en pleine dépression. L’irruption d’une jeune femme enthousiaste va rallumer une petite flamme dans son œil. Les deux vont entamer un simulacre de relation n’excluant pas la naissance de sentiments. Très pince-sans-rire et référentiel, ce film à la teinte canal+ repose sur un casting prestigieux (Nicolas Rey, Céline Sallette) et des dialogues percutants.

Avec son choix du noir et blanc et son style proche du documentaire, Abderrahman nous embarque au plus près de ses personnages, deux vieux amis se retrouvant par hasard. Porté par la volonté de recréer un lien, autrefois solide mais distendu par les épreuves de la vie, le premier se heurte à la fierté du second. Ces retrouvailles douces-amères sont servis par une caméra intimiste et une bande son en adéquation avec le thème traité.

Nous basculons dans la rudesse campagnarde avec Solo rex, récit d’une alliance par défaut entre un bûcheron bourru et un jeune homme propret. Un plan de conquête sentimentale se met en place sur fond de clarinette, de cheval ne cavalant plus et de conseils tombés sous le sens…de la déraison.

Tout ceci reste bien léger en comparaison de Crack, construit comme un clip à l’atmosphère glauque, sourde, pesante. Pas le moindre dialogue ni éléments auxquels se rattacher pour appréhender une succession de violences à ellipses. Une œuvre à ne pas mettre sous tous les yeux, évoquant volontairement ou non l’univers de la série Breaking Bad.

Le programme se clôturait avec L’homme qui en connaissait un rayon ou la vie cloisonnée des salariés d’un magasin de mobilier. Une entreprise poussant son personnel à un sens de l’identification allant jusqu’à se fondre dans les murs. Derrière cette base comique, le débat de société n’est pas loin (voir ci-dessous).

Le film coup de cœur

Sequence 2014 Episode 02

L’homme qui en connaissait un rayon

Revenons plus en détail sur L’homme qui en connaissait un rayon, d’ailleurs récompensé dans cette compétition par le public (premier prix devant Solo rex). Ce magasin fictif Paradesign en évoque beaucoup d’autres, toutes ces grandes chaînes nous contant un monde idéal, bien que dénué d’idéalisme. Prisonnier de ses habitudes autant que de sa servitude, un vieux salarié tique lorsqu’il comprend que ce qu’on lui présente comme une promotion constitue un enterrement en première classe. Cobaye humain de ce paradis artificiel, il trouve une alliée inattendue dans son projet d’évasion, une petite fille, elle aussi astreinte à jouer le rôle d’objet de présentation dans une cuisine familiale. Bien que conscients de la sécurité revêtit par leur cocon, ils vont chercher un eldorado naturel, quitte à ce qu’il soit moins doré. Ce court-métrage invite, sans l’appuyer lourdement, à une réflexion sur le consumérisme et le confort moderne prenant le pas sur la simplicité.

Le petit « La preuve qu’on y était » du jour

Un film surprise a été projeté durant le laps de temps servant à décompter les votes du public. Il s’agissait de Bienvenue aux Acteurs Anonymes, comédie sur les lendemains difficiles de comédiens de sitcoms françaises. Ce court-métrage avait concouru dans la section prix du public l’an dernier. Son goût prononcé pour l’auto-dérision fonctionne toujours aussi bien.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s