Sequence Court-Métrage 2014 – My own private Festival Saison 3 Episode 3 (Arte Creative)

Pour lire dans la version d’origine : http://creative.arte.tv/fr/community/my-own-private-festival-saison-3-episode-3-par-ebartoli

ÉPISODE 3 : Familles, macabre routine et précarité

Mardi 25 novembre : Panorama « Voyage en Asie » (Bar Le Caméléon)

 

http://www.sequence-court.com/

Ah Le Caméléon, ce temple rustique situé à proximité du Pont St Pierre, un bar associatif pas loin d’être culte qui donne l’impression de gagner en taille et ergonomie d’année en année. Aller y suivre le traditionnel « Voyage en Asie » de Séquence court-métrage c’est un peu comme être invité à une soirée vidéo dans le salon d’un ami. Une garantie de convivialité, de participation libre et de confort approximatif pour les derniers arrivés. On ne me prendra plus au piège, désormais c’est avec une demi-heure d’avance sur l’horaire théorique que j’investis les lieux, en profitant pour me désaltérer au meilleur rapport qualité/prix des alentours. Oui, oui, le verre de vin plafonne toujours à 1,50 euro.

Les films présentés

Nous démarrons sur les chapeaux de roues, c’est le cas de le dire, avec Le camion de mon père (Xe tai cua bo), immersion de yeux innocents dans un business routier un peu louche. Reposant principalement sur la relation tendue entre un père et sa fille, ce court-métrage dépeint aussi le peu de considération pour la cause animale dans certains pays asiatiques.

En l’espace de trois minutes d’animation noir et blanc en constante accélération, By the stream dresse la vie routinière d’un kiosquier : son stand, son vélo, le trafic urbain, ses petits bonheurs, ses ventes déclinant au fil des années, puis son inévitable mort dans l’exercice de ses fonctions. Ce film à la musique lancinante nous questionne sur la pertinence de « perdre sa vie à la gagner ». Chacun aura sa propre réponse.

Springtime décrit une épreuve de vie tout aussi morose. Celle rencontrée par une vieille dame forcée de trouver un emploi d’urgence pour ne pas être à la rue. Hélas les codes du marché du travail lui sont aussi étrangers que les nouvelles formes de management. Dans la dernière ligne droite un regain d’humanisme vient adoucir le climat.

D’un noir et blanc extrêmement lumineux, l’animé Love games semble constituer une réponse à By the way. Nous suivons un protocole amoureux très rôdé, témoignant lui aussi d’habitudes immuables. Mais contrairement à son prédécesseur ces jeux sont teintés de fantaisie et de joie de vivre (voir par ailleurs).

Le tragi-comique The way back conte le dilemme d’un jeune homme vis-à-vis de son oncle dans le besoin. Tantôt manipulateur empreint de cynisme, tantôt culpabilisé par les circonstances. Il ne peut se résoudre à l’abandonner, mais envisage un plan pour que les services sociaux le recueillent. Un numéro de composition dans la composition, franchement drôle dans son élaboration, poignant le moment de l’exécution venu.

Raconté du point de vue d’un personnage obèse incapable de se lever de sa chaise, Man on the chair est une plongée d’ordre métaphysique. L’existence ne tient-elle qu’à notre degré d’imagination ? La volonté spirituelle suffit-elle à réaliser un acte ? Des éléments, éparses et déstructurés, finissent par se mettre en place lors du final, révélant l’insoupçonnable pot aux roses.

Le programme se conclut avec That afternoon we went to see the pandas, film en apparence le plus léger du soir. Des Chinois visitent Singapour par le bout de la lorgnette, en l’occurrence un parc touristique autour du panda. Le choc des cultures pointe régulièrement à l’horizon, via notamment des malentendus liés aux codes sociaux. Le désabusement succède à la vision de prime abord idéalisée.

 

Le film coup de cœur

Love Games

Love Games

Un rectangle tracé au sol comme décor unique, espace à la fois libérateur et castrateur, un couple avide de partage, un superbe noir et blanc, l’absence totale de dialogues, voilà les bases de Love games posées. Le minimalisme de la forme n’empêche pas le propos de gagner en épaisseur au fil des quinze minutes. Le focus est mis sur les sons des objets et des mouvements durant la réalisation de ces différents jeux, découpés en huit mini chapitres. D’une anecdotique partie de thé à une variation autour de la mort, les défis du couple montent en puissance et perdent progressivement leur caractère enfantin. L’intensité gagne, l’ambiance devient inquiétante, le doute et l’ambiguïté subsiste jusqu’aux ultimes secondes…avant de nous rappeler qu’il s’agissait d’une histoire d’amour, aussi retorse soit-elle.

 

Le petit « La preuve qu’on y était » du jour

Sympathique rencontre avec un monsieur âgé, fidèle parmi les fidèles de Séquence. Ayant suivi les précédentes séances du Festival dans des lieux « alternatifs », il se désole que si peu de monde se laisse gagner par la curiosité. Rappelons qu’une bonne partie des projections sont gratuites ou sujettes à une participation symbolique.

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