Sequence Court-Métrage 2014 – My own private Festival Saison 3 Episode 5 (Arte Creative)

Pour lire dans la version d’origine : http://creative.arte.tv/fr/community/my-own-private-festival-saison-3-episode-5-par-ebartoli

ÉPISODE 5 : La fantaisie l’emporte sur la morosité

Lundi 1er décembre : En Espagnol d’Ici et d’Ailleurs (Institut Cervantès)

 

http://www.sequence-court.com/

Haut lieu de la culture hispanique sous toutes ses formes, l’Institut Cervantès est un associé de longue date du Festival Séquence Court-Métrage. Sont diffusés des raretés venues aussi bien d’Amérique Latine et Centrale que de l’Espagne frontalière. Petite précision de Marine O., une des organisatrices, sur la sélection d’un film venu des États-Unis, car son histoire se déroule à la frontière mexicaine. Par ailleurs certains films n’étant pas disponibles avec des sous-titres français ils comporteront des traductions anglaises (voire aucune dans le cas de Democracia).

La présence d’un public majoritairement initié explique aussi cette petite spécificité. Pour ma part cette projection requière une attention beaucoup plus vive et intuitive que les autres. Aussi vais-je exceptionnellement me poster au premier rang comme un bon élève.

 

Les films présentés

Ouverture avec le court-métrage péruvien Kay Pacha, chronique d’une famille nombreuse de fermiers devant faire face à de grosses difficultés financières. L’ambiance navigue entre le spleen et la grâce, incarnée notamment par le petit agneau avec lequel les deux filles les plus âgées tentent de créer un business salvateur.

Ange ou démon ? Telle est la question que pose en filigrane Ni-ni, nous laissant libre d’interpréter le propos comme bon nous semble. Un jeune homme en errance après un conflit familial, des appels auxquels il ne daigne pas répondre, un braquage tournant court, puis une lueur pointant à l’horizon. Trouver rapidement une perspective ou se laisser aspirer dans le chaos, une oppression que l’on ressent vingt minutes durant.

L’animation pate à modeler de Nuestra arma es nuestra lengua constitue une sorte de manège désenchanté, empruntant à différents genres cinématographiques pour donner de l’épaisseur à son scénario burlesque (voir par ailleurs).

Techos rotos nous fait suivre l’éducation religieuse d’une communauté d’enfants, en partie laissés à leur sort par des parents démunis et brutaux. La séquence finale de la communion résume la situation : une jeunesse volée et l’accélération de responsabilités allant avec.

Democracia est un huis-clos au sein d’un amphithéâtre : un séminaire d’entreprise organisé par un manager peu scrupuleux. Pour décupler la motivation des troupes, il imagine une expérience sociale composée de jeux de rôles, déterminés par tirage au sort. Une véritable joute verbale à l’humour acerbe sur l’entreprise.

La séance s’achève avec le tendre Solecito. D’abord reportage confessionnel dans le cadre scolaire, puis chronique d’une amourette balbutiante. Bénéficiant d’une photographie lumineuse, ce film colombien interroge les codes de la relation homme/femme à travers les yeux naïfs et passionnés d’adolescents.

 

Le film coup de cœur

Nuestra arma es nuestra lengua

Nuestra arma es nuestra lengua

L’animation rappellera aux plus anciens Pollux et Zébulon, mais la ressemblance entre les personnages du Manège Enchanté et ceux de Nuestra arma es nuestra lengua s’arrête au physique. Le comique carton/pâte revendiqué par ce court-métrage n’exclut pas une dimension épique, celle de la vengeance du pêcheur ayant survécu au carnage de son village. Le graphisme se rapproche des marionnettes type Guignol, mais s’enrichit des codes du cinéma d’action, de l’univers des mangas, ainsi que de celui des jeux-vidéos début années 90. L’ultime affrontement, entre le héros et le serpent détenant sa fiancée, confine au moment de bravoure. Conclusion idéale et sans moralité d’un patchwork maîtrisé.

 

Le petit « La preuve qu’on y était » du jour

En voilà qui repartiront avec quelques idées reçues en moins. Persuadés de voir des films à dominante joyeuse car « c’est hispanique donc forcément sympa », un trio de spectateurs placés un rang derrière moi dût convenir en fin de séance de la teneur relativement sombre du programme. Le court-métrage colombien Solecito était a contrario plébiscité pour avoir clôt la projection avec un message d’espérance humaniste.

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