Sequence Court-Métrage 2014 – My own private Festival Saison 3 Episode 7 (Arte Creative)

Pour lire dans la version d’origine: http://creative.arte.tv/fr/community/my-own-private-festival-saison-3-episode-7-par-ebartoli

ÉPISODE 7 : Dureté réaliste

Jeudi 4 décembre : Compétition Internationale Programme 2 (Cinémathèque)

 

http://www.sequence-court.com/

Suite de la Compétition Internationale avec une session synthétique de cinq films nous entraînant du Mozambique au Canada, en passant par la Bulgarie, la Corée du Sud et les États-Unis. Le public était en grande partie composé des spectateurs ayant suivi le Programme 1 lors de la séance précédente. Ce choix du « doublé » le même soir restait le moyen le plus sûr pour pouvoir jauger une sélection de films, a priori incomparables, dans son ensemble. Cette seconde mouture interpellait particulièrement par ses œuvres ancrées dans la misère sociale contemporaine.

Les films présentés

Dès ses premières minutes Pride nous saisit et nous flanque une boule à l’estomac persistante. Ce rapport de force déséquilibré entre un grand-père homophobe et son petit-fils s’échappe de la tranche de vie familiale pour virer au propos politique. L’ancien bloc de l’Est et ses « valeurs traditionnelles » reste prédominant chez les enfants de la Guerre Froide, tandis que les progressistes peinent à défendre le nouveau modèle.

A Tropical Sunday aborde sans tabou, et même avec un brin d’humour, la précarité d’une petite bande d’enfants souhaitant comme leurs camarades profiter de la fête foraine installée dans leur village. La cruauté entre classes sociales est montrée de manière crue et peu équivoque. Pour s’offrir un petit moment de bonheur tous les stratagèmes sont bons, en dépit de la rudesse de leurs congénères. Cette fausse comédie laisse un goût amer en bouche, et peu de foi en l’humanité.

De ce côté-là, The Way Back n’inverse pas la tendance. Un jeune homme, lui-même plutôt démuni, renonce à crève-cœur à s’occuper d’un vieil oncle sans logement. Pour vaincre sa culpabilité, il met au point un plan où chacun serait gagnant-gagnant. Pour la théorie du moins, car au moment de passer à l’acte la violence morale ressurgit à l’horizon (voir par ailleurs).

Une rencontre entre deux ados d’une campagne américaine isolée, un amour commun des chiens, un début de flirt, Skunk a dans son amorce tout l’apparence d’un feel good movie. Mais passé les prémisses, le thème s’avère là aussi la cruauté de l’homme, l’absence de rapport désintéressé, le côté primaire au-dessus de l’affectif. L’héroïne évite de céder à la haine et laisse un sourire revenir sur son visage dans la dernière ligne droite.

La franche rigolade ce sera seulement pour Petit frère, film qui clôture la compétition. L’accent québécois aidant, un duo de geeks provoque enfin de saines larmes. Leur pérégrination d’adieu (le plus âgé part en Russie) est traversée de complicité potache, de délires coutumiers et d’une petite tranche de sensibilité sans sensiblerie.

 

Le film coup de cœur

The way back

The way back

Chasser quelqu’un de proche par la grande porte. Telle est l’impossible ambition que cherche à concrétiser le jeune homme du court-métrage coréen The way back. En promettant à son oncle que les services sociaux lui permettront de rencontrer des gens de son âge, de se trouver une utilité sociale, de ne plus devoir errer continuellement, il tente de se convaincre lui-même. L’entraînement à répéter des dialogues et copier des mimiques pour ressembler à une personne sénile, séquence drôle en soi, s’avère d’une violence psychologique rare.

Les nuits froides entament la teneur du projet, sans cesse repoussé. Le vieil homme voudrait trouver une alternative, livre une lutte intérieure entre fierté et résignation tandis que son neveu doit en découdre entre responsabilité et lassitude. Cette touchante histoire est porté par son duo d’acteurs époustouflant. Tout en gardant une belle sobriété, ils diffusent une multitude d’émotions par leurs seuls regards, jusqu’à ce final poignant où les jeux de rôles s’autodétruisent pour laisser éclore les réels sentiments.

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