Destination Danger – Review TNA Impact Wrestling du 7 au 23 janvier 2015 (Les Cahiers Du Catch)

Ceci est une révolution. Steve Jobs

Nouveau diffuseur, mais même objectif. La TNA serait revenue à l’antenne avec l’aspiration de poursuivre le (bon) produit délivré durant le deuxième semestre 2014. Force est de constater, en dehors d’une production plutôt propre, le côté hasardeux des scénarios entrepris lors de ces premiers pas sur Destination America.

- Ce que je te propose c'est de se faire un méga brawl faces/heels - Vite alors, parce que j'ai le turn qui me démange

– Ce que je te propose c’est de se faire un méga brawl faces/heels
– Vite alors, parce que j’ai le turn qui me démange

Nalyse-Synthèse TNA Impact du 7 au 23 janvier 2015

New York, New York (Manhattan Center)

En premier lieu, voici les résultats rapides des combats disputés à l’antenne lors de ces trois shows inauguraux sur Destination America :

7 janvier

1- Kurt Angle bat MVP par tombé avec un Angle Slam.

2- TNA Tag Team Championship: James Storm & Abyss (c) conservent leurs titres devant The Wolves, suite à un Last Call sur Eddie Edwards.

3- TNA X-Division Championship: Austin Aries applique son Brainbuster sur Low Ki (c) et devient pour la 6e fois Champion de la catégorie.

4- TNA Knockouts Championship (bataille royale): Taryn Terrell (c) conserve son titre. Ordre d’élimination: Rebel-Madison Rayne-Angelina Love-Velvet Sky-Gail Kim-Havok.

5- TNA World Heavyweight Championship: Bobby Lashley profite de multiples interventions pour porter son Spear sur Bobby Roode (c). Il devient Champion de la TNA pour la 2e fois.

16 janvier

1- Samoa Joe parvient à faire abandonner Kurt Angle via le Coquina Clutch.

2- The Hardys dominent The Wolves et deviennent #1 contenders.

3- Eric Young bat Bobby Roode grâce à un Piledriver sur une chaise.

4- The Beautiful People ont le dessus sur Taryn Terrell & Brooke Tessmacher. Cette dernière s’incline sur un Roll Up de Sky.

5- TNA X-Division Championship : Low Ki profite de l’intervention du Beat Down Clan pour asséner le Ki-Crusher à Austin Aries ©. Il récupère ainsi le titre perdu une semaine plus tôt.

23 janvier

1- 12-Men Feast or Fired Match: Les mallettes sont successivement décrochées par Robbie E, Rockstar Spud, Austin Aries et Magnus.

2- Bobby Lashley bat Kenny King par DQ (matraquage par le Beat Down Clan).

3- Gail Kim bat Havok par DQ, car celle-ci s’attaque à l’arbitre.

4- Khoya détruit Tigre Uno et conclut avec un Slam.

5- Eric Young & Low Ki (représentants BDC) viennent à bout de Bobby Roode & Kurt Angle. Le finish voit Young assomer Roode avec une chaise, au milieu de la confusion.

6- Ethan Carter III vs Jeremy Borash finit en no contest. Les interventions cumulées de Tyrus, Rockstar Spud et Mark Andrews empêchent le match de se conclure.

7- Matt Hardy bat James Storm par tombé avec un Roll Up.

8- Bobby Lashley et MVP livrent un street fight non officiel dans l’arène. Le BDC au complet vient matraquer le Champion du monde en titre, finalement sauvé par Roode et Angle.

Thème par thème, les faits saillants et perspectives apparues :

En bref

-Au moins une chose a été réussie pour ce come-back, un mois et demi après le dernier show « inédit » sur Spike TV, le clip d’ouverture de l’édition du 7 janvier. Une présentation filmique, pour ne pas dire iconique, des catcheurs de la fédération en chemin vers le Manhattan Center. Comment resituer les figures majeures en deux minutes. Le tout de se poursuivre par un brawl faces/heels à leur arrivée. Typiquement le genre de mise en scène qui a tendance à manquer à la TNA, une façon de mieux valoriser son roster.

Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vu, ou ceux tentés de le voir à nouveau :

https://www.youtube.com/watch?v=1CWvGnPtcKw

-L’Indien Khoya est officiellement membre de The Révolution, groupe mené par James Storm. Il a littéralement atomisé Tigre Uno pour ses débuts « in ring ». Ce club hérite donc d’un big man au fort potentiel.

-Côté logistique, ne nous réjouissons pas trop vite de l’ambiance new-yorkaise ayant contribué à donner de l’épaisseur à ces shows de janvier. La compagnie devrait regagner les studios « historiques » de Orlando rapidement. Entre-temps, le mois de février verra l’habituelle tournée britannique, historiquement prolifique en bons épisodes d’Impact. Et si à terme le déménagement en Angleterre serait la clé de la survie ?

Merde, le Big Show vient de faire un turn, il va falloir que j'égalise.

Merde, le Big Show vient de faire un turn, il va falloir que j’égalise.

Les perdants du début d’année

Si dans l’ensemble la fédération a repris les choses où elles en étaient en novembre dernier, certains ont vu leurs storylines en cours être minorées, ou carrément absentes des écrans. C’est le cas du clan midcard (pour ne pas dire jobber) The Menagerie. Hormis les présences de Crazy Steve et Rebel dans des matchs à multiples participants (feast or fired, bataille royale féminine), rien à se mettre sous la dent. Knux et The Freak ont été carrément invisibles. L’histoire du mystérieux maître-chanteur incitant fortement le groupe à s’emparer d’un titre, semble rangé au placard pour de bon.

Autre victime évidente, Samuel Shaw. Son début de romance torride avec Brittany promettait de lui faire franchir des paliers. Or, sur le site de la compagnie, cette dernière est désormais rangé dans la section alumni. Privé de son binôme, que peut espérer Shaw ? Peu doué techniquement, ce heel psychopathe en puissance a besoin d’une storyline forte pour exister. À la manière des confrontations passées avec Mr Anderson et Gunner, deux autres absents notables des premières semaines sur Destination America. Nulle trace non plus du GI Chris Melendez.

Marche arrière à un niveau moindre pour Ethan Carter III et l’équipe Bram/Magnus. Le premier s’empêtre dans sa feud mineure avec Rockstar Spud, laquelle intègre l’intervieweur Jeremy Borash, et vient de déboucher sur l’irruption du rookie Mark Andrews, vainqueur du TNA British Boot Camp 2014. Autrement dit, le toujours invaincu EC3 traîne encore sa carrière au milieu de rookies et de commentateurs. Soit plus ou moins sa situation fin 2013 lorsqu’il s’en prenait à Earl Hebner et enchaînait les victoires sur Norv Fernum.

Quant au duo britannique, on l’a seulement vu lors du feast or fired. La mallette décrochée par Magnus pourrait les mener aux titres par équipe. En théorie, car on se dirige davantage vers une feud entre les deux. Bram n’a en effet pas apprécié que son partenaire lui grille la politesse pour le gain de la valise. Une Resucée même pas masquée de l’angle Gunner/James Storm l’an dernier.

Ben si j'étais là moi, même que j'ai participé au prestigieux FOF dans l'espoir qu'il ne me mène absolument nulle part comme l'an dernier.

Ben si j’étais là moi, même que j’ai participé au prestigieux FOF dans l’espoir qu’il ne me mène absolument nulle part comme l’an dernier.

Une destructrice peut en cacher une autre

La division féminine se limitait ces derniers mois à un « tous contre Havok ». Depuis le départ d’ODB, il ne restait en effet qu’une « brute » au milieu de fines guerrières. Malgré ce déséquilibre apparent, Taryn Terrell avait saisi son opportunité lors d’un triple threat : dépouiller du titre la supposée invincible sans avoir eu à la vaincre. Lors de la première édition de l’année, TT remettait la ceinture en jeu dans une bataille royale. Encore une stipulation astucieuse pour ne pas donner la victoire à Havok, tout en ne brisant pas son aura. L’essentiel se situe en dehors de la course au titre knockouts : le grand retour d’Awesome Kong, suite à une extinction des feux façon Undertaker. La légende de la division vient confronter son pendant heel. Le procédé se répète les semaines suivantes, avec pour seul échange de coups une corde à linge de Kong envoyant Havok par-dessus la troisième corde. Ce choc des titanes mériterait sans doute une issue en PPV, or la compagnie n’en produit plus jusqu’à nouvel ordre. Une question émerge : faut-il se réjouir qu’une rivalité aussi importante projette en deuxième plan la course au titre ?

À part ça, Brooke Tessmacher est également revenue en action. Et si l’on en croit les spoilers de février, la division féminine va encore se renforcer. Et qui sait retrouver son lustre d’antan.

Je veux bien qu'on se fixe chaque semaine jusqu'à Bound for Glory, mais ça risque de faire long.

Je veux bien qu’on se fixe chaque semaine jusqu’à Bound for Glory, mais ça risque de faire long.

The Révolution et la place de la division par équipe

Parce que son personnage est par nature instable, Abyss est le client idéal pour colmater les brèches, boucher les trous d’une construction narrative bancale. Son intronisation dans le gang de James Storm en novembre fut salutaire. Au sein de ce désormais « club des cinq », Abyss est l’âme en peine choisie par le gourou pour porter les ceintures par équipe. Entre les poids moyens (Manik, Sanada) et le rookie Khoya, il apparaît en effet comme le plus légitime. Mais où est l’intérêt du point de vue du Cowboy, détenteur pour la 13e fois d’un titre tag team au sein de la TNA ? Alors que la constitution d’un clan augurait d’un push, il se retrouve bloqué en milieu de carte. La création du BDC (voir par ailleurs) ne va pas favoriser la réémergence de Storm en main eventer.

En attendant, The Révolution a donc remporté le rematch face aux Wolves, ces derniers vaincus par The Hardys la semaine suivante. L’équipe historique des frangins est donc première sur la liste de prétendants, position qu’elle a due étrangement acquérir deux fois (droit déjà gagné avant la trêve). Derrière, c’est le flou. Les BroMans ne manifestent plus la moindre ambition, Magnus & Bram peuvent potentiellement être les prochains, si le split n’a pas lieu auparavant, EC3 & Tyrus ont les atouts pour s’associer plus concrètement au lieu de se réduire à voir l’un servir l’autre, quant à The Ménagerie, ses membres ont été vus séparément. Bref, la compagnie gagnerait à constituer quelques équipes, notamment chez les faces, pour entretenir une compétition significative.

Pointer les cieux... et atteindre les limbes ?

Pointer les cieux… et atteindre les limbes ?

Feast or fired, comment s’éviter un build up pour pas cher

Plus fort que le Money In The Bank, le Feast or Fired. J’ai déjà eu l’occasion d’expliciter en quoi je trouvais ce concept stupide (en gros d’à la fois récompenser et pénaliser des personnes, indépendamment de leur mérite), je n’avais en revanche pas relevé en quoi il pouvait être utile. Notamment en pleine restructuration ou recherche d’équilibre. Cette stipulation permet de s’économiser quatre storylines. De ne pas devoir justifier push ou dépush. Aries regagne le titre X-Division le 7, le perd le 16, le voilà promu au titre mondial le 23. Rockstar Spud a besoin de l’aide d’un intervieweur et d’un newbie pour résister à EC3 ? Peu importe, le voilà challenger de la X-Division. Magnus végète depuis la perte de son titre mondial en avril 2014 ? Le voilà prétendant au titre par équipe en un coup de baguette magique.

Quant au choix du licencié, il suffit généralement de regarder dans la liste de catcheurs en fin de contrat. Cette année le choix est plus tordu, puisque Robbie E., pourtant détenteur de la mauvaise mallette, nous a gratifié d’un tour de passe-passe pour refiler son sort funeste à Velvet Sky. Un segment bien fun où le leader des BroMans cabotine pour notre plus grand plaisir. À défaut de cohérence, le Feast or Fired a réaffirmé sa fonction pratique.

Je te foutrais à poil s'il le faut, mais tu ne va pas pomper ma storyline de l'an dernier.

J’te foutrais à poil s’il faut, mais tu ne va pas voler mon spot.

Chouette, un énième clan heel !

Mettons-nous dans la tête des bookers deux minutes. Votre compagnie réalise son retour après plus d’un mois sans diffusion, qui plus est sur une nouvelle chaîne et pour le début de l’année civile, il faut donc marquer le coup par un événement. Un GM imposant la défense de toutes les ceintures ? Effectivement une bonne idée, mise à exécution. Mais cela ne suffit pas, il faut un choc, un shocking moment (qu’importe s’il ressemblera davantage à un WTF moment). Alors, en matière de catch il n’y a pas cinquante formules : soit un retour inattendu, soit un changement de titre en mode screwjob, soit une trahison d’envergure. Dans le doute ne pas s’abstenir, alors on choisit un mix de deux options. Reste à désigner les protagonistes de la scène. Prenons les individus ayant le moins de raisons objectives de réaliser un turn (Low Ki, Samoa Joe, Eric Young), regroupons-les autour d’un homme qu’ils ont combattu dans un passé récent (MVP), rendons-les complices d’un autre homme qui se passerait volontiers de leur aide (Lashley). Et vous avez ainsi l’amorce du Beat Down Clan.

Et comme je suis un salaud de heel maintenant, je vais même avoir besoin d'une chaise pour battre Shark Boy.

Et comme je suis un salaud de heel maintenant, je vais même avoir besoin d’une chaise pour battre Shark Boy.

Rajoutons en chemin l’ingrédient superflu « made in TNA » (des masques proches des anonymous pour Joe et Low Ki) et une grossière fausse piste (Young semblant d’abord vider le ring en faveur de Roode, pour mieux le condamner). Or depuis un certain Bash at the Beach 1996, l’effet de surprise du babyface s’alliant à un groupe dominant ne prend plus. Non seulement cette intervention n’a pas fonctionné, mais la suite des opérations a enfoncé le clou. D’abord, comment admettre trois heel-turn simultanés ? EY a vaguement justifié ses actes (en gros le méchant Bobby Roode n’a pas pris de ses nouvelles pendant sa convalescence), Low Ki n’a pas eu à s’exprimer en tant que perpétuel tweener, Joe n’a pas convaincu non plus avec son flegme zélé. Le Samoan a de toute façon connu pire en termes d’incohérence. Si l’on s’en tient à cette seule soirée d’avènement du clan, on peut juger par exemple ridicule la perte du titre par Low Ki, une vingtaine de minutes avant son turn, comme si sa décision d’alliance était à sens unique. Contresens aussi que de favoriser la prise de titre d’un mec, Lashley, contre lequel on se retourne dès la semaine suivante. Soit la décision de l’exclure du groupe était prise en amont, alors l’aider à reconquérir le titre ne sert à rien, soit MVP espérait le contrôler comme Frankenstein avec sa créature, et nous aurions dû avoir droit à un segment du type : « Tu te couches et me laisse la ceinture ». Au lieu de cela, le BDM se retrouve sans gain matériel. Ou si peu (Low Ki de nouveau couronné la deuxième semaine).

Mais le principal risque de ce choix scénaristique est de voir un groupe de catcheurs truster la totalité du show. Les épisodes suivant celui de la formation du clan confirment cette crainte. En pleine ascension, The Révolution est reléguée au second rang, étant entendu que deux groupes heels ne peuvent coexister en main event. Et surtout, où est le groupe de good guys pour contrecarrer leurs plans ? Seul Kurt Angle, mettant ses antécédents de côté, a spontanément apporté son aide à Bobby Roode. Devant le fait accompli, Lashley a dû opter pour un fade face-turn.

Bilan : une tonalité négative domine pour ces premières semaines sur Destination America. Le niveau d’action a été correct, sans offrir le moindre match mémorable. Mais surtout la compagnie s’est sentie obligée de privilégier la surprise à la cohérence. Autant de précipitations qui rappellent furieusement les constitutions poussives de clans tels Immortal ou Aces & Eights. À présent qu’elle est sortie des nuages entourant son avenir, nous sommes en droit d’attendre que la compagnie évite de retomber dans ses travers.

- Si ça continue on va commenter dans une caverne. - Faut bien, ils ont accordé une augmentation aux bookers.

– Si ça continue on va commenter dans une caverne.
– Faut bien, ils ont accordé une augmentation aux bookers.

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