Un champion sans peur et sans reproche – Review TNA Impact du 30 janvier 2015 (Les Cahiers Du Catch)

Il en est de la pointe de l’esprit comme d’un crayon, il faut recommencer à le tailler sans cesse. Charles-Augustin Sainte-Beuve

Nous avions eu droit à un lancement mitigé pour les premiers pas de la TNA sur Destination America. Cet épisode a rempli sa mission : apporter consistance et épaisseur à ses prédécesseurs, tout en donnant furieusement envie de voir le suivant.

Nalyse TNA 2015-01-30 01

Et dès qu’il faut de l’épaisseur on me ressort du placard.

Nalyse TNA Impact du 30 janvier 2015

New York, New York (Manhattan Center)

En premier lieu, voici les résultats rapides de cet ultime show du mois de janvier :

1-TNA Knockouts Championship: Taryn Terrell (c) conserve sa ceinture dans un triple threat face à Gail Kim et Madison Rayne. C’est cette dernière qui subit le tombé, amené par un Neckbreaker.

2-Jeff Hardy bat Abyss par tombé, suite à sa Swanton Bomb (Monster’s Ball Match).

3-Rockstar Spud & Mark Andrews dominent les BroMans (Robbie E & Jesse Godderz) après un Shooting Star Press d’Andrews sur Robbie.

4-TNA Heavyweight Championship: Bobby Lashley (c) défend victorieusement son titre face à Bobby Roode, MVP et Austin Aries, sonné pour le compte après un Spear dévastateur.

Clip introductif résumant les derniers rebondissements de la storyline principale : la formation du Beat Down Clan début janvier, le passage à tabac de Lashley la semaine suivante, et enfin le combat de rue entre le gang et le géant chauve. L’action se clôt sur Angle et Roode venant à la rescousse, ce dernier s’emparant de la ceinture de champion avec un regard envieux.

Voilà justement le It Factor en direction du ring, muni de la précieuse belt, avec laquelle il aurait donc dormi pendant une semaine, mode kayfabe activé (rappelons au cas que les shows sont enregistrés par vagues de quatre ou cinq). L’ancien rageur, devenu homme de valeur courant 2014, entame d’ailleurs son discours au sujet du titre de champion de la compagnie. Cette ceinture signifie tout pour lui, il a consacré sa vie à le conquérir, mais un groupe d’individus nuisibles a saboté sa route, l’a dépouillé de son bien. Il vise en premier lieu Eric Young, le coupable numéro un à ses yeux. Cependant, il doit d’abord avoir une mise au point avec Bobby Lashley. Le tenant du titre s’amène aussitôt et ne perd pas de temps en palabres. Oui, il valide l’idée selon laquelle l’heure du rematch est arrivée. Suit Austin Aries et sa mallette Money In…Euh Feast or Fired pardon. Double A laisse entendre que l’utilisation de son contrat serait la bienvenue, ce soir, ici même à New York. Mais voilà que MVP déboule et réclame – attention suspense – lui aussi un match de championnat. Même pas le temps de comparer les mérites des uns et des autres, Lashley met un dix à tout le monde et accepte de leur accorder une chance simultanée au titre. On se croirait revenu au temps de Jacques Martin un dimanche après-midi. Fatal 4-way validé donc. Mais au fait y’a-t-il encore un GM dans la place ?

Vous l’aurez compris, ce segment m’apparaît comme bien pâle, ainsi que difficilement justifiable. D’abord, Roode. Depuis la perte du titre, il a seulement combattu EY et s’est incliné, avec l’aide du BDC cela va s’en dire. Aries ? Il vient de laisser filer le titre X-Division, avec l’aide du BDC cela va s’en dire, et a pour seul mérite d’avoir décroché une valise. Objet magique dont Lashley ne réclame même pas l’utilisation, on plane. Quant à MVP, vaincu en express par Kurt Angle au début du mois, sans l’aide du BDC cela va s’en dire, c’est juste le leader des heels. Faut croire que cela suffit pour prétendre au titre majeur de la compagnie. Ajoutons à cela le grand flou autour de la direction du show, depuis que l’Olympic Gold Medallist est redevenu un catcheur régulier du roster, et vous avez une mise en place cousu de fil blanc.

Et si Curtis Axel s'amenait là, dans la seconde, je lui donnerai un match de championnat à lui aussi.

Et si Curtis Axel s’amenait là, dans la seconde, je lui donnerai un match de championnat à lui aussi.

Clip annonçant l’édition spéciale d’Impact début février, reprenant les préceptes du PPV LockDown. Le main event sera un Lethal LockDown entre une équipe menée par Kurt Angle contre le BDC. Le Divin Chauve affirme justement face caméra qu’il constituera son équipe ce soir. Son but ? Mettre fin le plus vite possible au BDC.

Effectivement, ce match arrive très vite par rapport aux étirements de storylines auxquels nous avait habitué la TNA (s’agissant des clans Immortal ou Aces & Eights par exemple).

MATCH 1 : Taryn Terrell © vs Gail Kim vs Madison Rayne (TNA Knockouts Championship)

Durée : 6 minutes env.

Un triple threat rythmé et bien construit. Kim apporte la touche technique, Rayne renforce son heel heat avec des coups brutaux, tandis que TT joue toujours aussi bien la gentille championne underdog. En mauvaise posture la majeure partie du combat, elle conclut d’une variante de RKO sur une Rayne distraite.

On peut trouver l’affrontement un peu court, mais le tout est mise en forme de manière à ne pas nuire à la crédibilité des compétitrices.

Une opposition entre les titanes Havok et Awesome Kong est annoncée pour LockDown. Par ailleurs The Revolution (représentée par James Storm & Abyss) défendra les titres par équipe face aux Hardys.

Magnus nous invite à le suivre dans les rues de New York. Il a donné RDV à Bram pour faire un point sur la situation de leur alliance. Affaire à suivre dans la soirée.

Tommy Dreamer est en backstage, il viendra discourir sur on ne sait quoi un peu plus tard.

Segment vidéo enregistré dans la journée, avec comme protagonistes Rockstar Spud et Mark Andrews. Le premier s’extasie des édifices les entourant, tandis que son compatriote semble perdu dans cette ville inconnue. Spud en revient à l’essentiel: le challenge de ce soir face à EC3 et Tyrus. Andrews valide mollement son enthousiasme, puis demande s’ils ont le temps d’aller voir la Maison Blanche. Le blondinet regarde sa montre et estime que oui.

Ces trois scénettes successives sont facultatives, très pauvres en contenu.

Underdog pour l'heure...

Underdog pour l’heure…

Et bientôt...

Et bientôt…

...stunt double ?

…stunt double ?

Voici l’Innovator of Violence, Tommy Dreamer. Les commentateurs n’ont pas l’air de savoir ce qu’il est venu faire là. À mon avis provoquer les acclamations de smarts nostalgique de la ECW, je ne vois rien d’autre. Erreur, il prétend ramener à la raison son ami Eric Young. Le Daniel Bryan du pauvre vient donc le rejoindre au centre du ring. Cependant, il se braque aussitôt face aux éventuels conseils de Dreamer. Il se fiche du passé, de ses anciennes amitiés, d’avoir le soutien du public, et ironise au sujet de ce que le statut de good guy a apporté à la carrière de son moraliste. Le clash éclate vite. Logiquement, le catcheur en activité prend le dessus sur la légende. Bobby Roode effectue le sauvetage au moment où EY allait cogner avec une chaise.

Sur le papier, la rivalité Young/Roode est séduisante. Y mêler Dreamer me laisse en revanche totalement froid voire circonspect. Espérons qu’il s’agissait d’un one shot.

Promo express des Hardys. L’heure de conquérir les titres de la TNA est arrivée, ils en sont persuadés. Matt décline calmement son ambition, tandis que Jeff s’excite en détaillant toutes les armes à sa disposition pour confronter Abyss ce soir, stipulation Monster’s Ball oblige.

Magnus retrouve un Bram déjà bien entamé au comptoir d’une taverne. Il tente d’ouvrir la conversation, mais son ami lui tourne ostensiblement le dos.

Angle paraît soucieux dans les vestiaires. Face à lui Gunner. L’Olympic Gold Medallist vante ses états de service pour son pays, justifiant le souhait de l’avoir dans son équipe à LockDown. Le flingueur accepte l’offre.

Explication orageuse entre Bram et Magnus. Le premier reproche au second d’avoir saisi l’une des mallettes du Feast or Fired à son détriment. L’ancien membre de la Main Event Mafia le ramène au calme, lui assure que la finalité est la même puisque le droit à un match pour les titres tag team les implique tous deux. Il est naturellement l’équipier désigné pour l’accompagner dans cette conquête. Après une apparente réconcilitation, Bram attaque son compatriote en traître à la sortie du bar, le laissant inanimé.

Bon ok, je me suis peut-être emballé là.

Bon ok, je me suis peut-être emballé là.

Après un tour du côté du placard des commentateurs, nous débutons directement le match suivant depuis les coulisses.

MATCH 2: Jeff Hardy vs Abyss (Monster’s Ball)

Durée: 9 minutes et 35 secondes.

Peu de choses à décrire dans ce brawl pur jeu. Les deux participants jouent sur du velours avec leur expérience de power bumpers. Le seul intérêt réside dans le finish, impliquant aussi bien le reste de The Révolution (Storm, Sanada, Manik, Khoya) que les alliés de Jeff (son frère et The Wolves). Comme de coutume, Abyss étale ses punaises et se retrouve lui-même projeté dessus.

Par ailleurs, ce final m’interroge sur la prédominance des clans dans cette fédération. Si l’on étale tous les noms du roster, heels comme faces, on se rend compte de la rareté des individus traçant leur chemin seuls. Comme une inévitable surenchère depuis la feud Dixie guys contre amis de Bully Ray l’an dernier.

Un plan furtif suggère les tractations d’Angle au téléphone pour adjoindre de nouveaux membres à son équipe.

Nouveau détour backstage avec The Hardys. Oui, décidément, la fin de The Révolution est proche, nous assurent-ils.

Austin Aries est à son tour interviewé au milieu des amplis. Il trouve fun d’avoir une chance au titre sans même avoir à casher sa mallette. Cette petite faveur de Lashley pourrait s’avérer une grosse erreur. Si des fois il échoue ce soir, il lui restera une redoutable option.

Pâle copie du build up de la WWE avec Seth Rollins, vous l’aurez tous compris. Certes, on n’invente plus grand-chose en matière de catch, mais de là à loucher sans cesse sur son glorieux aîné on ne se démarque pas.

Promis juré, je ne casherai pas à WrestleMania.

Promis juré, je ne casherai pas à WrestleMania.

MATCH 3 : Rockstar Spud & Mark Andrews vs The BroMans (Robbie E & Jesse G)

Durée : 2 minutes et 35 secondes.

Initialement soucieux de régler leurs comptes avec EC3 et Tyrus, les Anglais se voient rétorquer une fin de non-recevoir. En revanche, les BroMans acceptent de prendre la place de leurs amis. Ce qui donna l’occasion de voir tout ce beau monde, y compris DJ Zema Ion et Angelina Love, aux abords du ring. Quand je parlais de prédominance des clans…

Le combat est un squash à valeur de segment. Il permet de renforcer la longue feud Spud/EC3. À l’issue de la rencontre, l’ancien Brodus Clay vient d’ailleurs faire un carnage en faveur de son patron. Le neveu Carter s’empare d’un micro et annonce un handicap match entre Tyrus et le duo anglais lors de LockDown.

En l’absence de direction déterminée, EC3 semble donc avoir toute latitude pour booker les matchs, tant mieux pour lui. En attendant, son attitude lâche ressemble de moins en moins à un push.

En coulisses, Andrews contient péniblement la rage de Spud. L’ancien disciple de Dixie assure qu’il s’agissait de la dernière fois où EC3 le ridiculisait, il n’est pas un perdant et va le prouver.

Le personnage de Spud gagne un peu plus d’épaisseur à l’orée de la tournée britannique de la TNA. Il est sans nul doute le grand gagnant de ce début d’année.

Taz et Jeremy Borash nous rappellent les principaux matchs de LockDown, édition spéciale d’Impact où tous les combats auront lieu en cage.

Tu sais c'est moi, SuperConnard, celui qui met des bâtons dans les roues aussi bien à ses adversaires qu'à ses alliés.

Tu sais c’est moi, SuperConnard, celui qui met des bâtons dans les roues aussi bien à ses adversaires qu’à ses alliés.

MATCH 4 : Bobby Lashley © vs Bobby Roode vs Austin Aries vs MVP (TNA Heavyweight Championship)

Durée : 9 minutes env.

À l’issue d’une émission peu fournie en action, ce match pour le titre fait du bien. Sa force est la même que celui du titre knockouts : une construction intelligente intégrant les inimitiés des uns et des autres. On démarre avec une association des trois faces/tweeners pour flanquer une dérouillée à MVP, on poursuit avec des enchaînements de match dans le match, power moves entre Lashley et Roode, technique et voltige entre Double A et le It Factor, puis rapides tentatives de tombés au moment où le champion est hors course. L’intégration d’Eric Young, venu sortir Roode du combat, est également bien pensée. Saluons aussi les mouvements d’exception tel ce Spear contré en Last Chancery ou la souplesse/power bomb infligé à Lashley par la paire Aries/Roode. Comme souvent en fatal 4-way, le tenant du titre conserve l’or.

Il manque une poignée de minutes à cet affrontement pour candidater au trophée de match de l’année. D’autant plus regrettable que ce temps existait. Il fut utilisé à mettre en scène une destruction collective de Lashley par le Beat Down Clan. Cet after consacre surtout les sauveurs, Kurt Angle et Gunner. Les deux groupes clarifient les positions au sujet de LockDown la semaine prochaine. Young répond favorablement au défi one-on-one de Roode, tandis qu’Angle saisit l’occasion pour recruter les deux derniers membres de son équipe. Austin Aries sonde le public pour sa candidature. Réaction unanime. Les regards se tournent alors vers Lashley. Le légitime quatrième ? Le champion décline l’offre et quitte le ring. Aucun des camps n’a sa faveur.

Bien que prenant du temps au main event, cet ultime tour de micro était aussi intense que nécessaire. Il clôt une édition d’Impact mettant idéalement sur orbite l’ambitieux LockDown du 6 février.

On termine avec les récompenses du soir :

« Le moment dont on se souviendra peut-être un jour au coin du feu » : Allez disons l’attaque sournoise de Bram dans les couloirs du bar…à condition que cela débouche sur une belle feud.

« La séquence drôle de la soirée » : Aries et Angle simulant une chamaillerie pour se saisir du micro dans le segment final.

« Le Match de la soirée » : Lashley vs Roode vs Aries vs MVP, pas logique sur le papier, mais appréciable dans son déroulement.

« La Phrase de la soirée » : « EC3 vient de me ridiculiser pour la dernière fois, je le promets. » Rockstar Spud

« La Pop de la soirée » : Tommy Dreamer

« Le Heel Heat de la soirée » : Ethan Carter III

« Le « On comprend pas tout » de la soirée » : Des combats bookés au bon vouloir de chacun, à quand le retour d’un GM…et pourquoi pas de Dixie après tout ?

« La mention spéciale » : Rockstar Spud, qui me surprend de semaine en semaine.

C'est ce qu'on peut appeler le ni-ni.

C’est ce qu’on peut appeler le ni-ni.

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