TFC-Rennes, réjouissance et insuffisances (Fou de Foot)

La victoire face à des Bretons en plein doute, coup de fouet bienvenu, a valeur de soupir de soulagement. Pas davantage. Sur le plan comptable, elle ne permet pas au TFC de sortir d’une situation fragile. Ses rivaux directs continuent d’engranger et un déplacement au Parc l’attend.

TFC TFC-Rennes 14-02-2015 Celebration collective

C’était l’an dernier. Pourtant, on dirait que cela remonte à une éternité. À la veille de l’ultime journée de Ligue 1, Valenciennes et Ajaccio étaient décrochés, à plus de dix points du premier non-relégable. La « finale » Sochaux-Evian TG allait désigner l’équipe les accompagnant à l’échelon inférieur. À l’époque le total de 42 points, souvent le nombre référent en la matière, suffisait à garantir le maintien dans l’élite. Au final, les trois équipes en mauvaise posture à la trêve hivernale avaient conservé leur rang peu enviable. Le scénario de cette saison s’annonce plus complexe, et l’exigence de points bien plus élevée.

L’affront fait à Ben Yedder

À l’heure où Lens recevait Evian TG, l’espoir de s’extirper de la portée du 18e du classement était bien palpable. Suffisait-il d’un nul ou un succès des Artésiens, conjugué à une victoire des Violets. Mais une seule de ces conditions a été remplie. Aussi les Toulousains demeurent à une inquiétante 17e place, deux unités seulement au-dessus de la ligne de flottaison. Or son premier poursuivant, Evian TG, recevra Lorient samedi prochain, trois heures après un PSG-TFC s’annonçant joué d’avance. Les violets restent sur six défaites de rang dans la capitale, et même onze rencontres de rang sans victoire toutes pelouses confondues face au PSG. La probabilité d’être relégable ce samedi 21 février à 22h est donc énorme. Nous verrons à ce moment-là où en est la force mentale du club. La vraie bonne nouvelle du week-end se situe plus bas, puisque Metz comme Lens semblent désormais largués. Tendance à confirmer lors d’une 26e journée majeure qui verra le 20e se rendre à Reims et le 19e se déplacer à Caen. Moins il y aura de concurrents en course, plus le tracé du maintien sera limpide.

Avec qui s’obtiendra ce précieux sésame ? Alain Casanova vient de jeter un nouveau pavé dans la mare en ne titularisant pas Wissam Ben Yedder, une première en vingt cinq rencontres de Ligue 1. Le coach des Violets aura aussi joué avec les nerfs de celui qu’on voyait déjà en Bleu. Le choix de ne pas aligner un attaquant ne plantant plus depuis onze matchs, pourquoi pas ? Celui de le laisser s’échauffer en vain toute une mi-temps ? Moins compréhensible.

Quant à parler d’équipe-type ou de match référence, il faudra encore attendre. En plus du cas WBY, les absences d’Aguilar et Veskovac interrogent sur les compositions à moyen terme. La complicité Spajic-Grigore en défense centrale n’est pas des plus évidentes, quand le milieu de terrain retrouve tout doucement sa consistance.

Trejo-Pesic, génies le temps d’une minute

Le 4-4-2 était donc de nouveau de service pour la réception de Rennes. Ce système s’est avéré le meilleur moyen de poser le jeu face à un adversaire lui-même en plein doute. Le coach des visiteurs, Philippe Montanier, se tirait d’ailleurs une balle dans le pied en débutant sans ses plus gros atouts offensifs : Paul-Georges Ntep et Ola Toivonen. En dehors de l’activisme de ses milieux de terrain travailleurs Pedro Henrique et Anders Konradsen, le Stade Rennais n’avait pas grand-chose à proposer au cours de la première mi-temps. Casanova ressortait pour sa part la recette gagnante du match contre Reims : l’alignement d’un joueur débarquant de la CAN, Jean-Daniel Akpa-Akpro, un solide duo de récupérateurs Didot-Doumbia, ainsi qu’une animation résolument offensive avec l’association des créatifs (et inconstants) Oscar Trejo et Adrien Regattin. Le petit Argentin tétanisa son monde le temps d’un grand pont sur Fallou Diagne, puis, avec une sérénité qu’on ne lui a jamais connu, il aligna Costil d’un tir tout en finesse (9′). Un scénario rêvé pour couper court au climat pesant. Restait à enfoncer le clou. Et à ce petit jeu, la paire Pesic-Braithwaite, aligné donc pour la première fois dans cette configuration, rivalisa de maladresse. L’international Espoirs Serbe se signale toujours par ce côté emprunté, comme embarrassé de son corps, miné par ses limites techniques. Le voir tenter une retournée acrobatique avait un côté désuet proche du risible (43′). Au moins tire-t-il le maximum de ses capacités. On ne sait plus quoi penser de son confrère danois, trop vite considéré comme un bon coup du recrutement l’an dernier. Incontestablement plus complet que Pesic niveau toucher de balle, il déçoit sur le plan de l’efficacité, est toujours ce Zébulon se compliquant la tâche face au but vide.

TFC TFC-Rennes 14-02-2015 Trejo but

Face à des Rennais atones, le plus proche de doubler la mise fut le bulldozer Doumbia (12′), dont le tir en bout de course frôle le poteau droit. Les tentatives ont par ailleurs fusé dans tous les sens, comme l’illustre une statistique étonnante. Parmi les dix joueurs de champ alignés au coup d’envoi, seul Uros Spajic n’a pas frappé au but. Faut-il y voir le signe d’une équipe enfin décomplexée ? Ou d’une attaque si faible qu’elle doive être secondée ?

Cette incapacité à creuser l’écart faillit coûter cher, au moment où les Bretons sortaient enfin de la torpeur grâce à l’entrée en jeu de leurs attaquants vedettes. Braithwaite venait tout juste de cadrer son premier titre (80′), quand Toivonen se régalait d’un marquage inexistant pour fusiller Ahamada. Face à ce scénario contraire, les Violets restèrent unis. Dans une action ayant plus à voir avec la cour d’école que la Ligue 1, Pesic ajustait parfaitement une demi-volée au milieu d’une forêt de jambes (84′). Libération pour les quelques 10 000 fidèles du Stadium (selon la police) et célébration contrastée pour l’ancien du Sheriff Tiraspol. Il reproduit en effet le geste exécuté plus tôt par Trejo, à savoir une main ouverte sur l’oreille, comme pour demander au public ce qu’il faudrait de plus pour être reconnu. N’en déplaise aux incessantes invectives de Jack Jy au micro de Radio Mon Pais, les chiffres plaident en faveur du Serbe, désormais une petite longueur seulement derrière Ben Yedder au compteur buts.

Ben Yedder justement, pour un peu on l’oublierait. S’agissait-il d’une sanction d’un soir, ou du début d’un feuilleton polluant le travail du club ? Comment le TFC pourrait imaginer se priver plus longtemps de sa meilleure valeur sportive et marchande ? En le laissant gamberger sur une hypothétique entrée en jeu, Casanova a joué un numéro psychologique à double tranchant. Fouetter son ego ou le conduire à un rejet de l’intérêt collectif. Raison tactique, prétendra le coach toulousain. De là à se contenter de deux des trois changements autorisés, la ficelle est un peu grosse.

Voici le résumé vidéo de cette rencontre :

Pendant ce temps-là les équipes de tête stagnent…

Au moment où nos yeux sont tournés sur le bas de tableau, l’évènement est ailleurs. Nous assistons à un resserrement inédit. Entre la 7e et la 17e place il n’y a plus que huit points. Si l’on met de côté le cas de la rencontre Monaco-Montpellier, reporté en dernière minute, les résultats de la 25e journée ont amplifié un nivellement vers le milieu entamé depuis la reprise. Parmi les équipes classées dans les dix premières avant ce week-end, seuls deux se sont imposés, Bordeaux et Guingamp. Des clubs proches de l’Europe mi-décembre comme Nantes, Rennes et Reims croisent leurs courbes avec ceux à qui on promettait la végétation en bas de tableau tels Nice, Bastia ou Caen. C’est l’inverse d’un ventre mou classique. À une dizaine de journées de la fin, il n’y a pas de stagnation entre la 7e et la 12e place. Une bonne série peut vous rapprocher rapidement de la 5e place, possiblement européenne (si Paris remporte la coupe de la Ligue et se classe parmi les quatre premiers), un mauvais cycle peut vous réexpédier vers la zone rouge fissa. Autrement dit les enjeux restent entiers, les ambitions intactes.

Pour illustrer cette petite révolution hivernale, voici ce que donnerait un classement du championnat démarré au début de l’année civile. Seul Lyon tiendrait son rang sur le podium, tandis que les candidats au maintien Caen, Guingamp, Bastia et Nice mènerait la danse (à noter l’invincibilité des deux derniers nommés). Les plus spectaculaires gadins sont à mettre à l’actif de Saint-Étienne (« Le parfait sparring-partner en ce moment » dixit Christophe Galtier), Rennes et Nantes.

1

SM Caen

13

6

4

1

1

13

5

+8

2

EA Guingamp

13

6

4

1

1

10

5

+5

3

Olympique Lyonnais

12

6

3

3

0

9

2

+7

4

SC Bastia

12

6

3

3

0

10

4

+6

5

OGC Nice

12

6

3

3

0

7

3

+4

6

Paris Saint-Germain

11

6

3

2

1

11

9

+2

7

Montpellier Hérault SC

10

5

3

1

1

10

5

+5

8

Girondins de Bordeaux

9

6

2

3

1

4

3

+1

9

AS Monaco

8

5

2

2

1

2

1

+1

10

FC Lorient

8

6

2

2

2

8

8

0

11

Olympique de Marseille

8

6

2

2

2

8

8

0

12

LOSC Lille

8

6

2

2

2

4

4

0

13

Evian TG FC

7

6

2

1

3

6

7

-1

14

Toulouse FC

7

6

2

1

3

4

8

-4

15

AS Saint-Etienne

5

6

1

2

3

5

7

-2

16

Stade Rennais FC

3

6

0

3

3

4

9

-5

17

RC Lens

3

6

0

3

3

4

10

-6

18

FC Nantes

3

6

0

3

3

1

8

-7

19

Stade de Reims

2

6

0

2

4

5

12

-7

20

FC Metz

2

6

0

2

4

2

9

-7

Si la tendance se poursuit, nous aurons droit au champion de France le plus faiblard depuis l’instauration de la victoire à trois points. Et par effet miroir aux relégués les plus costauds de l’ère moderne ! Alain Casanova a évoqué un total de 45 points pour assurer le maintien. Pour le coup il est en phase avec la réalité.

Voici un rappel des positions des équipes jouant la survie, ainsi qu’une projection des points pouvant être emmagasinés par le TFC jusqu’à la fin de la saison.

2e moitié de tableau du classement de Ligue 1 après 25 journées

11

LOSC Lille

32

25

8

8

9

20

21

-1

12

Stade Rennais FC

31

25

8

7

10

25

33

-8

13

SC Bastia

30

25

7

9

9

26

27

-1

14

Stade de Reims

30

25

8

6

11

30

42

-12

15

SM Caen

28

25

7

7

11

35

37

-2

16

FC Lorient

28

25

8

4

13

29

34

-5

17

Toulouse FC

28

25

8

4

13

26

37

-11

18

Evian TG FC

26

25

8

2

15

26

40

-14

19

RC Lens

22

25

5

7

13

24

34

-10

20

FC Metz

21

25

5

6

14

19

36

-17

Calendrier jusqu’à la fin de la saison et projections réalistes

matchs plus qu’abordables matchs prenables matchs compliqués

Matchs à venir

Forme de l’adversaire

Passé récent contre l’adversaire

Points envisageables

Total de points

Paris SG-TFC

**

*

0

28

TFC-Saint-Étienne

*

***

1/3

29/31

TFC-Marseille

**

**

1

30/32

Lens-TFC

*

**

0/1

30/33

TFC-Bordeaux

****

*

1/3

31/36

Metz-TFC

*

***

1/3

32/39

TFC-Montpellier

***

**

1/3

33/42

Lorient-TFC

**

**

0

33/42

TFC-Nantes

*

***

3

36/45

Monaco-TFC

***

*

0

36/45

TFC-Lille

**

**

1/3

37/48

Guingamp-TFC

****

*

0

37/48

TFC-Nice

***

***

3

40/51

Deux scénarios illustrés dans ce tableau/perspective de fin de saison. Un premier purement basé sur les performances « traditionnelles » des Violets face aux adversaires à leur programme, un second résolument optimiste puisqu’il aboutirait au franchissement de la barre des 50 points à la mi-mai. Comme souvent, la vérité se situe sans doute entre les deux.

Concernant les déplacements, quatre destinations paraissent vouées à l’échec : Paris, Monaco, Guingamp et Lorient. Certes, le Moustoir ne s’avère pas si hostile depuis la remontée des Merlus en 2006 (2 victoires, 3 nuls, 3 défaites), mais cette saison a démontré la fébrilité du TFC dans ces matchs « au couteau » face à des adversaires directs. C’est en vertu de ce même constat que les rencontres face à Lens et Metz donneraient entre un et quatre points dans la besace. Prévues aux 29e et 31e journées, ces chocs concerneront des équipes pas encore condamnées mathématiquement. Quant aux rencontres que l’on peut présumer faciles, elles se limitent aux réceptions de Nantes et Nice. Dans le second cas avec l’optique de Niçois sauvés et détachés de tous enjeux, 38e et ultime journée de Ligue 1 oblige. Si tant est que le TFC soit encore en course pour le maintien d’ici là…

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