Après la défaite à Lens, une révolution So TFC !

L’avant-match contenait des indices redoutables : les fameux appels à la révolte sonnaient faux, la composition de l’équipe et le capitanat apparaissaient flous, même le peuple violet se désintéressait du sort des siens. Dans la foulée d’une piètre prestation, Alain Casanova a été limogé… avec son consentement. Une semaine téféciste dans toute sa splendeur.

Lens-TFC et suite 14-03-2015 Conf Sadran-Arribagé

Cela s’appelle la Quotidienne du Tef’. Un flash info de deux minutes, gentillet, monocorde, peu informatif sur le fond. L’exercice, diffusé sur le site officiel du club, est présenté par un jeune stagiaire bien sous tous rapports. Les images d’entraînement et de convivialité prédominent. Le bulletin se clôt ainsi sur un sain sentiment d’espoir. On ne saurait pourtant tomber dans l’angélisme. Cette communication bien rodée se brise souvent sur le sceau de la réalité.

So TFC, défaite avant l’heure

Ainsi l’édition du mercredi 11 mars relatait l’après-midi champêtre où l’effectif violet était venu se mêler à un entraînement de gamins au Stade de Loudes (L’Union, périphérie proche de Toulouse). Des visages enchantés aux témoignages dithyrambiques sur les bienfaits de cette opération (louable au demeurant), tout était présenté de manière idyllique. Or le ressenti diverge quand on se trouvait sur place. À mon entrée dans les lieux, je distinguais un Alain Casanova hagard, isolé dans une pièce avec ses adjoints. Son attitude trahissait déjà un parfum de fin. Dos tourné à l’entrée et muré dans le silence, le coach se situe en contradiction avec cette journée du rire. Le speaker invite d’ailleurs les éducateurs à aller converser avec lui, mais personne ne saisit la perche. Que se passe-t-il donc dans cette grande salle prompt à accueillir une conférence de presse ? Rien ou presque. Une vingtaine de salariés du club échangent dans leur bulle, une dame lance même un regard interloqué face à ma présence. En fin de journée, le problème est plié. Porte gardée et buffet réservé aux membres du club. Où est-elle cette convivialité ? Je me sens intrus et m’éclipse pour aller parler au grand public le long des terrains. Les sympathisants que je croise ont intégré la situation chaotique dans laquelle se trouve le club, mais ont une foi irrationnelle dans le maintien : « Parce que ce serait vraiment dommage, la place d’un club comme Toulouse est en Ligue 1. » affirme Anthony, rare spectateur vêtu des couleurs violettes, « Oui on se sauvera, Evian finira derrière nous. » croit savoir Georges, 80 ans dont 64 à soutenir le TFC. Quelques nostalgiques de l’âge d’or des années 80 fustigent volontiers les recrues « exotiques » de l’ère Sadran, mais ne veulent aucun mal aux Violets en définitive. La plupart des adultes présents ont enfants et petits-enfants sur la pelouse, seul motif pour justifier le déplacement. L’absence de passion derrière les grilles, quid côté pelouse ?

J’observe les joueurs à l’œuvre et n’y voit que des professionnels remplissant une obligation contractuelle. Chacun dans son mutisme, chacun dans son désabusement. Martin Braithwaite s’impatiente d’un stylo défectueux et raccourcit sa série d’autographes, d’autres accélèrent le pas tête basse, seul Étienne Didot est abordable. Il pense pouvoir revenir sur les terrains d’ici un mois, n’accorde aucune importance au calendrier « puisque maintenant il faudra gagner, peu importe l’adversaire. » Propos de circonstance, car sur les dix matchs restant, il est évident que les cinq livrés face à d’autres équipes à la lutte pour la survie (Lens, Metz, Lorient, Guingamp, Nice) prendront davantage de valeur. Ne serait-ce sur le plan purement arithmétique.

Lens-TFC et suite 14-03-2015 Akpa débordé

Lens objectivement moins bon mais…

Le match joué à Amiens, tous les fidèles du club l’ont vu avant même qu’il ait lieu. Un faux rythme, un adversaire peu tranchant, des occasions plus franches côté violet, voilà pour la première mi-temps, achevée sur un score de 0-0. Pas de grosses erreurs individuelles, pas de déraillement semblable à ceux d’un Kana-Biyick ou d’un Grigore face à Marseille, et pourtant une certitude : cette rencontre le TFC va finir par la perdre, comme tant d’autres face aux « petits » à l’extérieur. Aucun point pris au cumul des déplacements à Bastia, Reims, Evian TG, Caen et désormais Lens. Pis, pas le moindre but inscrit. Qui peut encore croire à une fatalité ? À des circonstances de jeu défavorables ? À un manque de réussite ? Un Boucher fébrile a fini par commettre l’erreur de trop, mais si ça n’avait été lui le but serait venu d’ailleurs. Les doutes des uns contaminent les autres, et même les joueurs les plus combatifs (Akpa-Akpro, Regattin) sont en deça de leur rendement.

Depuis deux mois, les appels « à y croire » ne s’embarrassent d’aucun argument rationnel, ni en fonction du niveau de jeu, ni de la faiblesse des adversaires, il faudrait croire pour le principe. Dans une sorte de mystique communicationnelle où les vraies questions ne sont pas débattues.

Seuls trois points séparent les Toulousains de la 17e place salvatrice, voilà pour les raisons factuelles d’espérer à un sort heureux. Pour le reste, le succès des Lensois promet de les revigorer pour disputer les neuf « finales » restantes. Un rival supplémentaire pour la survie, pas de quoi se réjouir.

12

SC Bastia

36

29

9

9

11

30

34

-4

13

Stade de Reims

35

29

9

8

12

35

47

-12

14

SM Caen

34

29

9

7

13

44

44

0

15

FC Lorient

34

29

10

4

15

33

38

-5

16

OGC Nice

34

29

9

7

13

31

36

-5

17

Evian TG FC

32

29

10

2

17

31

46

-15

18

Toulouse FC

29

29

8

5

16

29

48

-19

19

RC Lens

25

29

6

7

16

27

43

-16

20

FC Metz

22

29

5

7

17

22

42

-20

La 31e journée, décisive dans un seul sens

Ne passons pas sur le sujet chaud de la semaine : la révolution a eu lieu. Le cas Alain Casanova a été tranché. Ce qui de la bouche d’Olivier Sadran était « une question stupide » il y a quelques semaines encore, s’est vu imposé la meilleure des réponses. Le tout de se faire en douceur, conformément à la politique maison. Pas d’esclandre ou de licenciement brut, le sort de l’entraîneur a été scellé à l’issue d’une discussion entre hommes. La conférence de presse a parfaitement illustré cette forme de management assez unique. D’abord le président et Dominique Arribagé, successeur désigné, ont explicité la situation, il ne s’agit pas de prendre un nouveau coach en pompier de service mais de préparer l’avenir du club….en Ligue 1. Ensuite, le tout frais limogé venait lui-même approuver ses dirigeants au micro, justifiant la décision d’activer l’ultime levier pour mobiliser les troupes. Casanova l’homme de mission, le fidèle parmi les fidèles, apparaît soulagé comme jamais, parle de manière claire, révèle entre les lignes son envie d’ailleurs. Saluons cette volonté de rebondir dans sa fonction de coach, là où beaucoup auraient sauté sur la reconversion tranquille proposé par le club. Paradoxalement, l’ancien patron du sportif a démontré sur le gong un panache dont on ne le croyait pas capable.

Lens-TFC et suite 14-03-2015 Conf Casanova

Le volet communication de cette passation de pouvoirs est indubitablement réussi. Il convient de convertir l’essai avec des premières sorties convaincantes. Contre un Bordeaux, impressionnant devant le PSG, dés ce samedi ? Ou plus probablement à Metz (20e) la journée suivante ? Attardons-nous sur cette 31e étape qui verra des confrontations directes ou « abordables » pour la majorité des équipes jouant le maintien. Lors du premier week-end d’avril, les violets iront donc à Saint-Symphorien dans le double espoir de se relancer et de condamner à la Ligue 2 des locaux en chute libre. Dans le même temps, un OGC Nice (16e) en perte de vitesse accueille un Evian TG (17e) jamais aussi bon qu’au pied du mur. Lorient (15e) recevra un Stade Rennais peu fringant, tandis que Reims (13e) et Caen (14e) se déplaceront chez des équipes encore susceptibles de jouer le maintien il y a peu, respectivement Lille (8e) et Nantes (9e). Autant de rencontres pointant le fait que le TFC n’a pas exactement le destin entre ses mains. Deux victoires enchaînées devant Bordeaux et Metz le porterait à 35 unités, total ne lui garantissant pas de s’extirper de sa 18e place actuelle. Un nouvel échec devrait en revanche clore les débats. La qualité des adversaires à la lutte promet une lutte au-delà des 42 points habituellement suffisants pour rester en L1. Il n’y a plus de temps à perdre.

Voici pour conclure un récapitulatif du calendrier jusqu’à la fin de la saison.

30e j- 21 mars

Toulouse-Bordeaux

31e j – 4 avril

Metz-Toulouse

32e j – 12 avril

Toulouse-Montpellier

33e j – 18 avril

Lorient-Toulouse

34e j – 25 avril

Toulouse-Nantes

35e j – 2 mai

Monaco-Toulouse

36e j – 9 mai

Toulouse-Lille

37e j – 16 mai

Guingamp-Toulouse

38e j – 23 mai

Toulouse-Nice

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