Aperçu 2ème présélection Festival Séquence Court-Métrage 2015 (Arte Creative)

Tout juste le temps de tirer les enseignements de la première présélection que la deuxième est lancée sur les rails. C’est aussi ça Séquence, une affaire de rythme continuel pour donner de la visibilité à un format cinématographique trop peu considérée. Avec à la clé ce savant équilibre entre fictions et animations, rires et larmes, tendresse et moments rudes. Le choix s’annonce encore une fois Cornélien pour jury et public.

People are strange ouvre le programme. Comédie basée sur la sacralisation de Jim Morrison, elle narre les combines d’un jeune homme opportuniste pour acquérir une part d’un héritage dépassant les clivages. L’esthétique du générique consacre d’emblée son modèle, via une façon de se mouvoir rappelant les démarches chamaniques du chanteur des Doors. À la fois buddy movie et road trip dans sa deuxième partie, cette boutade assumée parvient à élever son propos grâce au jeu de références (le fameux « club des 27 ») et son déjeuner familial révélateur.

http://labrasserieducourt.com/court-serre-1/

On passe du glorieux cimetière du Père-Lachaise à l’anonymat du crématorium asiatique de Sous tes doigts. Ici une jeune fille se projette les périodes charnières de la vie de sa grand-mère. Ce film sidère par sa façon de mélanger modernité et tradition à travers un dessin bluffant, renforce son visuel par le choix de l’épuration (aucun dialogue réel) et évoque souvenirs personnels pour mieux parler des guerres de colonisation. Tout passe par la suggestion des regards, gestes et recontextualisation historique. Le tout de se terminer par une fusion totale, en apparence guillerette mais lourdemment chargé.

Daphné ou la belle plante relève le défi de la métaphore et de l’image énigmatique. Sur fond de témoignage d’une jeune femme en off, on suit le déversement tranquille d’un court d’eau. Mais bientôt le récit s’assombrit et la nature se décompose en simultanée. La nuit tombe et dévoile ses zones d’ombres. La narratrice joue de cette dualité entre l’empathie et le rebut, sensations aux antipodes dont nous nous sentons nous aussi atteint. Une atmosphère sourde domine, puis bascule dans une electronica/funk contrariée. Cette « jolie plante », marginale par la force des choses, avoue son aspiration à des besoins on ne peut plus universels.

Autres lieux, autres débats pour Coach, le parcours mouvementé de deux Anglais en route pour le Stade de France. En plus de pointer les stéréotypes courants d’une certaine classe populaire britannique vis-à-vis des Français, ce court-métrage interroge le besoin d’émancipation d’un adolescent. Aller à l’encontre du modèle de sagesse incarné par le père, quitte à frayer avec la bêtise d’hooligans ? Le jeune homme passe de l’un à l’autre, sans trouver de réponse convenable. Les dés se brouillent autant que ses pensées : festif et convivial un temps, un chant d’encouragement devient animal et excluant par la suite. Quant au lien filial, il se fissure mais ne rompt pas.

La poésie se prête à la mise en lumière, évidence rappelée superbement par J’ai tant rêvé de toi, animation partant d’un texte de Robert Desnos. Véritable peinture filmique, cette ode de trois minutes est bercée par une musique mélancolique et le bruit sourd de l’eau. Malgré un final à l’allure de crépuscule, espérance et bonnes vibrations dominent.

En guise de conclusion, Un jour le diable revient à un univers plus palpable. Deux anonymes entament un dialogue joueur sur le banc d’un arrêt de bus. Lui fantasque, elle plus rigide de prime abord, les deux hypnotisés par leur interlocuteur. Ainsi s’écrit une belle variation sur le thème de la rencontre d’un soir où le temps s’arrête et rien n’existe d’autre que les deux intéressés. Le statut d’anecdote est dépassé grâce au climat solennel de la deuxième partie, entrecoupé de touches de fantaisie bienvenues. Le final laisse chaque spectateur libre de son interprétation : sommes-nous face à une parenthèse enchantée ou le début d’une longue histoire ?

Voici la bande-annonce officielle de ce programme :

Pour rappel voici les films d’ores et déjà choisis (issus de la 1ère présélection) pour figurer au programme du Festival Séquence en novembre.

Choix du public :

Le C.O.D. et le coquelicot / Jeanne Paturle, Cécile Roussel / 2013 / Animation- documentaire / 24 min

Dans une école primaire réputée difficile, où les équipes d’enseignants s’épuisent et se succèdent d’année en année, cinq jeunes maîtres ont fait le pari de rester et de construire.

K-Nada / Hubert Charuel / 2014 / Fiction / 22 min

Deux frères que tout oppose sont paumés sur la route de leurs rêves un peu absurdes. Dans deux jours, ils doivent se rendre à Amsterdam. Greg pour un concours de DJing, Valentin pour en ramener des kilos de marijuana.

Choix du jury :

Beach Flags / Sarah Saidan / 2014 / Animation / 14 min

Vida est une jeune nageuse sauveteuse iranienne. Favorite de son équipe, elle est décidée à se battre pour participer à une compétition internationale en Australie. Avec l’arrivée de Sareh, aussi rapide et talentueuse qu’elle, elle va être confrontée à une situation inattendue.

La nouvelle musique / Nicolas Lebrun, François Goethebeur / 2014 / Fiction / 14 min

Dans un monde où il n’existe qu’une seule musique, Tom et Vilma, traumatisés à la naissance, sont les seuls à ne pas aimer cette mélodie unique appelée « la Musique ». Ces deux frère et sœur travaillent au département « Recherche et Innovation » du géant de l’industrie musicale.

Détails du programme de la 2e présélection :

Durée totale : 1h45
Vote du public et du jury à l’issue de la projection

People are strange / Julien Hallard / 2014 / Fiction / 20 mn

Julien se considère comme le sosie légitime de Jim Morrison. Le jour où il apprend que la dépouille de son idole va être rapatriée en Californie, il entreprend de voler les restes du Lizard King.

Sous tes doigts / Marie-Christine Courtès / 2014 / Animation / 13 mn

Émilie, jeune métisse asiatique, se plonge dans les souvenirs de sa grand-mère Elle découvre l’Indochine, sa rencontre amoureuse avec Jacques, un colon français, la naissance de sa mère, et le départ tragique vers la France.

Daphné ou la belle plante / Sébastien Laudenbach / Documentaire animé / 2014 / 15 mn

Comme toute belle plante, Daphné bourgeonne, éclot, embaume et s’effeuille. Mais ne se laisse jamais cueillir. Le documentaire dresse ainsi le portrait d’une femme impudique et sensible.

Coach / Ben Adler / 2014 / Fiction / 14 mn

Un père divorcé emmène son fils de quatorze ans à son premier match de football de l’équipe d’Angleterre, en France. Une panne de voiture et la rencontre avec un car de supporters anglais donnent à cette aventure une tout autre tournure.

J’ai tant rêvé de toi / Nicolas Schmerkin / 2015 / Animation / 3 mn

« J’ai tant rêvé de toi que tu perds ta réalité. Est-il encore temps d’atteindre ce corps vivant Et de baiser sur cette bouche la naissance

De la voix qui m’est chère? »

Un jour le Diable / Florian Kuhn / 2014 / Fiction / 25 mn

Pour Manon, peu importait qui était vraiment Luciano. Eût-il été le Diable en personne, elle se serait tout aussi bien laissée tenter. Et la nuit de prendre un tour merveilleux.

…Et le film surprise !

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