Critique NWA : Straight outta compton (Allociné)

Allociné NWA Straight Outta Compton

NWA: Straight outta compton de F. Gary Gray avec O’Shea Jackson Jr., Corey Hawkins, Jason Mitchell (USA ; 2015) ***

En 1987, cinq jeunes hommes exprimaient leur frustration et leur colère pour dénoncer les conditions de vie de l’endroit le plus dangereux de l’Amérique avec l’arme la plus puissante qu’ils possédaient : leur musique. Voici la véritable histoire de ces rebelles, armés uniquement de leur parole, de leur démarche assurée et de leur talent brut, qui ont résisté aux autorités qui les opprimaient. Ils ont ainsi formé le groupe de rappeur des N.W.A. en dénonçant la réalité de leur quartier. Leur voix a alors déclenché une révolution sociale qui résonne encore aujourd’hui.

Rock, jazz et disco avaient été célébrés dans multitude de biopics ou documentaires quand le rap restait le parent pauvre de la production cinématographique. Voilà un impair réparé avec ce récit des premières années du courant gangsta, via ses figures de proue: Docteur Dre, Ice Cube et plus globalement le groupe N.W.A.

Dés les premières minutes le parti pris du projet est clair: nous suivrons les évènements du point de vue des rappeurs, dont les deux plus emblématiques sont aussi producteurs du film, autrement dit avec un regard impliqué/partisan. Impossible dés lors de ne pas tiquer sur quelques ficelles un peu faciles ou devant l’insistance sur certains points (opposition on ne peut plus manichéenne entre les « pauvres » jeunes des quartiers et les « méchants » flics racistes), mais cet aspect est vite gommé par l’intérêt supérieur de l’entreprise.

Si le récit comporte mensonges ou inexactitudes, cela relève davantage de l’ommission que de la falsification, d’un angle privilégié à un autre. À ce petit jeu la réalisation sobre de Felix Gary Gray (auteur des efficaces Braquage à l’italienne, Négociateur ou Be cool) rend service à l’évocation du phénomène planétaire causé par l’irruption du gangsta rap. Au-delà des jeux de pouvoir entre tenants de l’industrie musicale, largement développés, le film démontre l’impact sociétal du mouvement, via notamment l’affaire Rodney King, ce jeune noir tabassé par les forces de l’ordre pour un simple excés de vitesse. La caméra s’efface devant les faits, suggère les zones d’ombres sans cacher un attachement viscéral aux personnages. Le casting, apte à convaincre les fans les plus ultras du groupe, achève la consécration de ce long-métrage en étendard d’une époque. Malgré des défauts évidents sur lesquels on pourra toujours pinailler, le film s’apprécie pour ce qu’il est: une autofiction à la fois personnelle et générationnelle.

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