Critique Régression (Allociné)

-Régression d’Alejandro Amenabar avec Ethan Hawke, Emma Watson, David Thewlis (Espagne/Canada ; 2015) ****

Allociné Régression

Minnesota, 1990. L’inspecteur Bruce Kenner enquête sur un crime révoltant dont la jeune Angela accuse son père, John Gray. Lorsque celui-ci avoue sa culpabilité de façon tout à fait inattendue et sans garder le moindre souvenir des faits, le docteur Raines, un célèbre psychologue, est appelé à la rescousse. Il va devoir aider John à retrouver la mémoire, mais ce qu’ils vont découvrir cache un terrifiant mystère qui concerne le pays tout entier…

Une enquête policière pour commencer, à la résolution a priori simple et sans équivoque. Puis vient se greffer les doutes. Les témoignages se confrontent sur fond de méthodes d’hypnose, le propos s’élargit du fait divers au fait de société, l’angoisse vient hanter la vie du flic chargé de l’affaire, voilà des bases pouvant aboutir à un thriller excellent comme catastrophique.

Nous avons droit ici à la première option, grâce à un climat nerveux, des interprétations habitées, des séquences prenant aux tripes. Après plusieurs années d’absence (Agora, son film précédent, date de 2009), Alejandro Amenabar réussit un retour convaincant en panachant tous les ingrédients de ses précédents succès : l’ambiance malsaine de Tesis, le suspense à tiroirs d’Ouvre les yeux ou encore les apparences trompeuses de Les autres. Par la très forte empathie du personnage d’Ethan Hawke, Régression implique le spectateur au-delà de la curiosité morbide, soulève une bonne part de fantasmes, fait remonter des questions ancestrales au sujet d’éventuelles sociétés secrètes ou de la franc-maçonnerie. Ainsi plonge-t-on dans ses méandres psychologiques au fil de l’enquête, persuadés de pouvoir relier une nouvelle pièce au puzzle, avant de réaliser qu’aucune conclusion n’est définitive. Au sein de ce troublant numéro de manipulation, il s’avère difficile de délier le vrai du faux ou de distribuer bons et mauvais points aux protagonistes. Chacun s’appuiera sur son goût pour la rationalité ou son degré de paranoïa L’ultime rebondissement laissera pas mal d’amateurs du genre sur leur faim, il est pourtant d’une audace scénaristique peu courante.

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