Critique Creed, l’héritage de Rocky Balboa (allociné)

Allociné Creed

Creed, l’héritage de Rocky Balboa de Ryan Coogler avec Michael B. Jordan, Sylvester Stallone, Tessa Thompson (USA; 2015) **1/2

Adonis Johnson n’a jamais connu son père, le célèbre champion du monde poids lourds Apollo Creed, décédé avant sa naissance. Pourtant, il a la boxe dans le sang et décide d’être entraîné par le meilleur de sa catégorie. À Philadelphie, il retrouve la trace de Rocky Balboa, que son père avait affronté autrefois, et lui demande de devenir son entraîneur. D’abord réticent, l’ancien champion décèle une force inébranlable chez Adonis et finit par accepter…

Si vous espérez assister à un Rocky 7 qui ne dirait pas son nom, passez votre chemin. Mais si vous souhaitez voir un honnête film sur fond sportif, traité avec une touche personnelle et imprégné de ses propres codes, ce Creed vous satisfera…en partie. Car cette façon de se démarquer du dit héritage, paradoxalement mis en avant par son titre, constitue sa force et sa faiblesse. Ce refus de se reposer sur la légende (à titre de comparaison Star Wars épisode 7 a opté pour cette facilité) se traduit par la mise au second plan des références aux Rocky : un unique flashback bref et discret, la localisation de l’action à Philadelphie et quelques entraînements caractéristiques (la poule à attraper!), guère plus. La notion de passation de pouvoir est présente, pas envahissante. Ainsi Michael B. Jordan (sans rapport avec son glorieux éponyme) campe un personnage qui lui est propre en ce fils illégitime revenu d’une jeunesse tumultueuse, ainsi Ryan Coogler tend à créer sa propre narration via des inserts de faux documentaires télés, une esthétique soignée et un montage percutant, une bande son à dominante rap aux antipodes de l’univers Balboa. La seule scène d’ouverture suffit à poser la genèse d’une nouvelle ère, et non le crépuscule d’un mythe. Même la romance vécue par le héros, figure imposée s’il en est, s’intègre à l’ensemble sans démériter. Hélas, la mémoire des émotions passées reste trop vive pour tout fan de Rocky, et c’est encore Stallone, bientôt septuagénaire, qui parvient à nous arracher quelques frissons. La star a beau jouer à merveille sa partition de second rôle, elle vole la vedette à son protégé. Nous arrivons au combat final sans vraiment nous soucier du sort dévolu à Adonis, quand la moindre souffrance de Rocky convoque notre empathie. En choisissant de se démarquer de sa référence, Creed s’ouvre les portes d’une probable trilogie (minimum?) mais ne parvient pas à s’affranchir de la comparaison.

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