Daniel Cormier, un champion, un vrai – Bilan MMA 2015-2016 Partie 1 : le combattant de l’année

D’abord challenger infortuné de Jon Jones, l’ancien lutteur Olympique a profité de la suspension de Bones l’invincible pour poser son empreinte sur la catégorie mi-lourds. Et au vu de la manière déployée, cela pourrait s’avérer mieux qu’un règne de transition.

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Les plus grandes conquêtes commencent parfois par un échec. Après s’être incliné par décision unanime face à Jon Jones lors du premier UFC de l’année 2015, Daniel Cormier, alors en passe d’avoir 36 ans, ne pense aucunement à la retraite. Son ascension tardive en MMA ne fait que commencer, il en est persuadé. Sa prestation face à Bones a bluffé une partie des spécialistes qui ne le voyaient pas tenir la distance, notamment par rapport à l’énorme différence d’allonge. Alors cette défaite sonne comme une première tentative encourageante. Sa soif de revanche le pousse à se remettre très vite sur le grill. Et les circonstances vont l’aider…

Son avènement au StrikeForce fut aussi dû à une défection

La carrière du lutteur Olympique (présence dans l’équipe américaine aux JO de 2004 et 2008) semble avoir été placé sous le prisme du dicton « le malheur des uns fait le bonheur des autres ». Sans les blessures répétées d’Alexander Gustaffson, DC n’aurait pu bénéficier du title shot début 2015. Sans la suspension de Jon Jones pour délits routiers, il serait rentré dans le rang quelques temps. Au lieu de quoi, il défie Anthony Johnson le 23 mai pour le titre Light Heavyweight devenu vacant.

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Rumble, plus gros striker de la division, sur une série de neuf succès de rang, le plus souvent synonymes de destruction. Rumble et sa carrière si éclectique, traversée des poids welters aux lourds, pour finalement se stabiliser à 93 kg, livrée sous l’égide de grandes compagnies américaines (UFC, Titan FC, WSOF), marquée par la domination de grandes figures du MMA (Dan Hardy, Andrei Arlovski, Phil Davis, Antonio Rogerio Nogueira, Dave Branch). Cormier est forcément outsider, les premières secondes le lui rappellent durement. Au bord du KO, le membre de l’American Kickboxing Academy trouve les ressources pour asphyxier son adversaire en grappling et boxe au corps à corps. Plus le match avance, plus la situation tourne en faveur du diesel Cormier. Le cardio n’a jamais été le fort de Johnson, ni les défenses de soumission. Lors du 3e round les deux facteurs se conjuguent pour sacrer le nouveau champion des mi-lourds.

Comme tout combattant couronné sans avoir vaincu le champion précédent, DC souffre d’un procès en légitimité. La même suspicion l’a accompagné lorsqu’il fut parachuté en demi-finale du tournoi poids lourds du StrikeForce en 2011, ceci pour compenser le forfait d’Alistair Overeem. Telle l’équipe du Danemark (repêchée des éliminatoires) à l’Euro 1992 de football, il n’avait rien trouver de mieux que remporter une compétition à laquelle il ne devait pas participer à l’origine. La manière a de quoi anéantir les critiques : KO retentissant sur Antonio Silva, domination cinq rounds durant de Josh Barnett, ancien champion poids lourds UFC en finale.

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Hall of Famer ou usurpateur ?

Cormier n’a rien perdu de sa puissance en descendant d’une catégorie. Ce pari, guidé par la volonté de ne pas croiser la route de son équipier de l’AKA, Cain Velasquez, a été tenu en tous points, à l’image de son clash avec Alexander Gustafsson en octobre dernier. Par sa taille imposante et son background de mixed martial artist moderne (comme Jones, Gus n’a pas un sport de combat privilégié, il fut formé directement à la pluralité), le Suédois constitue un défi majeur pour un DC trop souvent ramené à son seul statut de lutteur. Ce test a obligé le tenant du titre à varier davantage encore ses attaques, à faire appel à une créativité insoupçonnée. Comme il l’avoue au micro de Joe Rogan à l’issue de la décision serrée en sa faveur : « Ce soir Alex a fait de moi un meilleur combattant ».

Un combattant capable de vaincre celui que tous considèrent comme le GOAT (Greatest Of All Time) ? La réponse interviendra au printemps prochain puisque l’UFC vient d’officialiser le rematch Cormier/Jones.

Fort du niveau de performances maintenu tout au long de l’année, DC revêt presque le costume de favori pour une fois, quand JJ doit mettre son talent à l’épreuve de quinze mois sans compétition.

Le 23 avril, l’histoire va s’écrire et ne laissera pas la place à un entre-deux. Soit Daniel Cormier s’adjugera le statut de légende des arts martiaux mixtes, soit il donnera raison à ceux percevant son règne comme un concours de circonstances…

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