Critique Seul contre tous (Allociné)

Allociné Seul contre tous

Seul contre tous de Peter Landesman avec Will Smith, Alec Baldwin, Albert Brooks (USA ; 2015) ***

Le Dr Bennet Omalu, un neuropathologiste de médecine légale, a mené un combat digne de David contre Goliath : il fut le premier à découvrir l’encéphalopathie traumatique chronique, une affection cérébrale liée à la pratique du sport chez les joueurs professionnels, et s’est démené pour révéler son existence contre ceux que cela gênait. La croisade d’Omalu l’opposa dangereusement à l’une des institutions les plus puissantes du monde…

Excepté le titre en commun, ce film se situe aux antipodes du premier long de Gaspar Noé où un vieil homme aigri crachait sur le Système au sens large (le titre original, Concussion, suggère mieux ce dont il s’agit). Nous nous trouvons ici devant une œuvre humaniste, portée par l’actualité encore chaude des décès prématurés d’anciens joueurs de football américain. Pour revêtir la casquette de ce docteur idéaliste, un étonnant Will Smith, tout en fragilité, douceur, maladresse teintée de volonté de faire bouger les lignes, un registre dans lequel on ne l’avait plus vu depuis longtemps.

En dehors d’une ouverture punchy comme il se doit, la mise en scène peut être qualifiée d’académique, et l’intégration d’une romance périphérique prend une allure un peu forcée. Mais un tel sujet n’a pas forcément besoin de ressorts technico-artistiques renversants pour être mené tambours battants.Ce Seul contre tous rappelle sur bien des aspects le combat de Julia Roberts lors d’une affaire de pollution des eaux dans Erin Brockovich ou celui d’Al Pacino face à l’industrie du tabac dans Révélations. La forme ne prend jamais le pas sur le fond, pour en définitive délivrer un message informatif, presque à valeur documentaire, tout en parvenant à ne pas dénigrer le sport dont on dénonce les conséquences (bel équilibre!). À noter la présence dans un second rôle du revenant Alec Baldwin, tout en ferveur contenue. À l’image de cet Hollywood sachant parfois gommer strass et paillettes, capable de se poser et raconter une bonne histoire. Peu et beaucoup à la fois.

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