Xavier Dolan, le temps du clivage ?

Après cinq longs métrages enchaînés à un rythme frénétique, Xavier Dolan a su obtenir une reconnaissance public et critique proche de l’unanimité. Or son séjour cannois 2016 pour présenter son sixième opus s’est avéré plus alambiqué. À l’heure Juste la fin du monde se trouve en salles, le temps de tirer un premier bilan est venu : le Québécois est-il ce prodige décrit par une presse dithyrambique? Vraisemblablement. L’auteur d’un cinéma personnel et atypique ? À mon sens, non. Voici pourquoi.

lai-022

Un cinéaste pouvant se regarder dans une glace sans rougir, cela ne fait aucun doute.

Saut de deux ans en arrière. La diffusion de Mommy s’achève, les spectateurs autour de moi crient au génie : « Vraiment incroyable ! Ben alors là hein, incroyable !!! » s’époumone un jeune homme, de son propre aveu davantage amateur de blockbusters de multiplexes que des salles art et essai. Ainsi se réjouit-il d’avoir dérogé à ses habitudes pour appréhender cette forme de cinéma « nouvelle » et « hors-normes ».

mommy-144

Hors normes ? Peut-être pas.

mommy-145

Se permettant de briser le cadre, ça oui.

Dans Mommy, Steve se libère de son carcan à mi-film.

Steve se libère de son carcan à mi-film.

Soyons clairs, j’aime le cinéma de Xavier Dolan, découvert sur le tard et dans le désordre (Tom à la ferme vu en avril 2014, puis tous les autres en octobre de la même année). Sa sensibilité, sa vista, son esthétique, même son ego (supposément surdimensionné) m’apparaissent comme autant d’atouts à son arsenal. Une approbation d’ensemble qui n’interdit pas le regard analytique et l’esprit critique allant avec.

Et de relever certaines lourdeurs.

Et de relever certaines lourdeurs.

Un premier film typique…d’un premier film

Commençons donc par l’irruption fracassante du Québécois sur le marché mondial du cinéma, son premier long-métrage, J’ai tué ma mère, sélectionné à la Quinzaine des Réalisateurs au Festival de Cannes 2009 et reparti avec trois prix.

Voilà un coup d’essai proche du coup de maître. Une histoire à la fois personnelle et universelle, une autofiction assumée, renvoyant au trouble adolescent, à l’impossible communication entre une mère et ses enfants, connu par tout un chacun. Sommes-nous face à une œuvre novatrice, sur le fond comme sur la forme ? Bien au contraire. Ce film relève d’un classicisme appliqué, un démarrage typique pour un auteur qui voudrait s’intégrer à une mouvance artistique. Dolan a été cinéphile avant d’être cinéaste, privilégie la technique à la spontanéité. Loin d’être un défaut quand on assimile aussi vite des compétences.

La scène du dripping, exutoire de j'ai tué ma mère.

Le dripping, exutoire de j’ai tué ma mère.

Son premier film sonne comme une brillante note d’intention, le manifeste de ce que sera son cinéma : coloré, inventif, incarné, tendu…et surtout érudit. Ainsi le premier signal qui nous interpelle est la présence de séquences en noir et blanc. Au-delà de l’esthétique, ce procédé conforte son identité d’auteur, lui permet de se positionner dans les pas de glorieux aînés. Même partiel, ce choix du N&B rejoint les opus initiaux de Darren Aronosky (Pi), David Lynch (Eraserhead), Christopher Nolan (Following) ou encore Spike Lee (She’s gotta have it). Nolan partage également avec ce dernier le goût pour les témoignages face caméra, établissant une plongée dans l’intimité de ses personnages.

On ne se confie jamais mieux qu'à soi-même.

On ne se confie jamais mieux qu’à soi-même.

Intimes, ses thèmes le sont aussi. À commencer par ce lien filial passionnel avec sa mère, cette expression d’un paradoxal désintérêt réciproque entre deux personnes s’aimant par ailleurs par-dessus tout. Le témoignage conflictuel est ici poussé à son paroxysme, pour cause de pathologie mentale largement suggérée.

La belle séquence arty autour du dripping avec musique énervée évoquant « la manie » (terme propre à la bipolarité, maladie maintes fois évoquée au sein de son œuvre), aurait fait une séquence de fin parfaite. Hélas, ce premier film possède aussi les défauts caractéristiques d’un débutant, notamment ces plans flous et troubles (plus ou moins voulus) sur certains extérieurs (les séquences en voiture), sa trop grande volonté de monstration, et un sens de l’empathie finissant par étouffer le spectateur, lui assénant des sentiments sans nuance à l’attention de ses personnages (Mommy modifiera légèrement le tir sur ce point, sans totalement éviter le pathos).

Le systématisme des disputes mère/fils finit par briser au-delà de la vaisselle.

Le systématisme des disputes mère/fils finit par briser au-delà de la vaisselle.

La faille classique de la première œuvre pourrait se résumer ainsi : avoir voulu mettre toutes les idées sur la table d’entrée. Le « toujours difficile » 2e film (Les Amours Imaginaires) optera pour se concentrer sur un genre et un thème donné, scellera davantage le côté artiste « bobo » duquel il peine à se démarquer depuis.

Faute à une esthétique trop clinquante ?

Faute à une esthétique trop clinquante ?

Une pluie d’influences identifiables

On l’a donc vu, l’opus initial de Dolan n’est pas une révolution en soi. Les suivants ne le seront pas plus, sinon dotés d’une bien meilleure maîtrise de la narration et de la mise en scène en général. Sans son montage astucieux et ses soubresauts visuels inattendus, Les Amours Imaginaires aurait pu se résumer à un pensum mou sur fond de triangle amoureux. S’il tire toutes les ficelles de ses long-métrages, en cumulant notamment les fonctions de scénariste et monteur, le Québécois doit sa rapide acquisition de « style » aux nombreux maîtres de cinéma dans lesquels ils puisent, consciemment ou non.

lai-002

Les témoignages face caméra…

lai-003

procédé amplifié par Les amours imaginaires.

lai-004

Pas toujours pour le meilleur.

Comme Quentin Tarantino, il s’agit de reprendre des procédés pour sa propre grammaire cinématographique, la notion d’hommage fidèle en moins. L’un est un cinéphile total connaissant les scènes par cœur, l’autre est davantage le jeune pousse s’étant lancé si tôt dans la création qu’il a encore une perception diffuse des œuvres l’ayant influencé.

Il ne s’agit pas de traiter Dolan de copieur, on se trouve dans son cas davantage dans le registre de l’influence intégrée dont on développe inconsciemment une variante. Analyse d’ailleurs validée par le réalisateur lui-même dans ses récentes interviews. Du Jane Campion au niveau des thèmes abordés, du Gus Van Sant quant à son esthétique, le côté clipesque de Spike Lee sur certaines séquences, la patte de Wong Kar-Wai pour les ralentis et les couleurs criardes ou encore un sens du cadrage rappelant fortement Pedro Almodovar. Une partie de ces influences sont dues à une vraie imprégnation vis-à-vis d’artistes qu’il admire (Jane Campion) quand d’autres relèvent de pures coïncidences si l’on en croit ses dires (Dolan affirme ne pas spécialement connaître les films d’Almodovar).

lai-020

L’usage d’images filtrées…

lai-024

omniprésent dans Les Amours Imaginaires.

lai-045

Les Amours Imaginaires.

lai-052

Les amours imaginaires.

la-023

Poursuivi dans Laurence Anyways.

la-082

Sans justification apparente.

Par ailleurs les citations à des films précis sont permanentes : la pluie de vêtements dans Laurence Anyways renvoie à l’averse de grenouilles dans Magnolia (Paul Thomas Anderson), le motif/excuse invoqué par le lycéen pour le devoir non rendu dans J’ai tué ma mère rejoint celui du petit Antoine Doisnel dans Les 400 Coups (François Truffaut). La rupture narrative avec un enchaînement de type diapositives pourrait bien évoquer Bad lieutenant d’Abel Ferrara. De même, les transitions images figées/séquences accélérées de son opus initial sonnent comme le prolongement du Darren Aronofsky de Pi et Requiem for a dream. Enfin, le climat tout entier de Tom à la ferme doit beaucoup à Alfred Hitchcock.

la-075

De quoi lui valoir une pluie de critiques ?

la-076

En fait-il trop ou pas encore assez ?

Lors de cette mini interview réalisée durant la promotion de Mommy, il explicite son rapport à certains réalisateurs et à la Nouvelle Vague en particulier, déployant cette formule pleine de sens pour justifier de sa préférence pour Truffaut plutôt que Godard : « Il y en a un qui s’amuse avec nous et un qui s’amuse tout seul ».

Des codes de la Nouvelle Vague à ceux du cinéma indépendant US ?

Malgré une forte volonté de ne pas être réduit à un cinéma estampillé gay, l’influence de Gus Van Sant est limpide, notamment dans la façon de suivre les personnages de dos avec une lenteur assumée dans J’ai tué ma mère, esthétique similaire à tout niveau au plus gros succès critique de l’Américain, Elephant (palme d’or à Cannes en 2003). De même, le cinéma de Dolan possède une ressemblance certaine avec celui de Christophe Honoré (Ma mère, Dans Paris, Les chansons d’amour) ou Jacques Audiard (Sur mes lèvres, De batte mon coeur s’est arrêté).

jtmm-025

Le parcours du condamné d’Hubert au réfectoire de la pension (J’ai tué ma mère).

jtmm-047

Celui de sa mère avec l’administration (J’ai tué ma mère).

lai-015

Végétation de Marie (Les Amours Imaginaires).

lai-017

Francis d’un pas tout aussi hésitant (Les Amours Imaginaires).

la-011

Ou encore le cheminement de Laurence sous les regards courroucés (Laurence Anyways).

Cet éclectisme des références a conduit Dolan à s’inscrire dans deux principales mouvances. Dans un premier temps ont prédominé les codes issues de la Nouvelle Vague française. Non la Nouvelle Vague en elle-même, période courte dans l’absolue (1958-1962) et incarnée par une petite poignée de films majeurs, mais son impact longtemps prégnant dans les œuvres francophones. Rare mouvement culturel à avoir connu un héritage d’une durée plus étendue que sa longévité initiale. Ainsi le prodige québécois n’est pas directement impacté par Godard, Rivette, Rohmer, Resnais ou Truffaut (bien qu’appréciant ce dernier), mais par les retombées sociétales et artistiques en ayant découlé. Indépendamment de la qualité contestable des films sortis alors, l’approche même du cinéma a été modifiée, les motivations ont changé : un réalisateur n’est plus un bon technicien au service d’une production de grands studios, il est un auteur dont la vision dominera l’œuvre. Tandis que la prise de pouvoir des dits auteurs interviendra dans les 70’s aux États-Unis (vague Scorsese, Coppola, Spielgberg, Stone, De Palma), la France devra attendre les 90’s pour voir surgir du sang neuf dans ce domaine : Cédric Klapisch, Mathieu Kassovitz, Jan Kounen, Cédric Kahn, Tonie Marshall, François Ozon et tant d’autres dont la filmographie témoigne de résurgences de la Nouvelle Vague.

Pour revenir à Xavier Dolan, Les amours imaginaires est son opus le plus familier avec le mouvement historique, de par son style visuel, ses ruptures dans le récit, son thème du triangle amoureux, sorte de valeur-étendard de la NV depuis Jules et Jim (Truffaut, 1962). Sur la forme cela se traduit par des citations inscrites à l’écran, d’interludes face caméra, certains ayant une histoire propre (hors de la chronologie principale), de transitions abruptes, d’effets de ralentis, de mise en scène des pensées des personnages, d’un maniérisme prononcé. Le suivant, Laurence anyways, reprend de nombreuses ficelles narratives de son prédécesseur, use des mêmes artifices techniques pour magnifier émotions et moments ordinaires.

la-046

L’irruption de l’écrit à l’écran dans toutes ses formes : sur le corps (Laurence Anyways),

la-073

En lettres capitales surplombant l’image (Laurence Anyways),

talf-003

Sur un papier essuie-tout en très gros plan (Tom à la ferme),

mommy-152

ou encore via une lettre dont on devine les bribes (Mommy).

C’est sans doute Tom à la ferme, son film le plus sous-estimé, qui témoigne d’un virage important, ainsi que de la plus belle maîtrise cinématographique. Tout en évitant à son œuvre d’être enfermé dans une étiquette communautariste gay, il rompt avec le style un brin poseur hérité de la NV. À la fois épuré et empreint de mystère, son 4e film se rapproche des chroniques réalistes dont se nourrit le cinéma indépendant US. Sa mise en scène est techniquement irréprochable, sans la moindre grandiloquence ou maestria clinquante, d’où le rapprochement de circonstance avec Alfred Hitchcock, le maître du suspense qui privilégiait tant la suggestion à la monstration qu’on en oubliait parfois sa patte. Faire oublier la main du réalisateur pour mieux impliquer le spectateur.

Un plan serré comme porteur d'une angoisse sourde (Tom à la ferme).

Un plan serré comme porteur d’une angoisse sourde (Tom à la ferme).

Mommy s’inscrit dans la continuité de par son climat jonglant entre le douceret et l’anxiogène, tout autant que son style viscéral, au plus près des personnages. Quant au thème principal, il regorge d’ingrédients adorés par le cinéma indépendant américain : les gens simples de la ruralité contre un monde guindé, les valeurs de solidarité mises à mal, la difficulté de survivre pour les marginaux dans une société normative à tout prix. Le tout enrobé de cet éternel maniérisme dans la mise en scène, découlant sur quelques plans fixes « gratuits » et une BO abondante prenant parfois des allures de remplissage (Color Blind de Counting Crows et Wonderwall d’Oasis diffusés dans leur intégralité).

Dans cet extrait des Inrocks TV, le réalisateur explicite l’idée derrière la bande-originale très étoffée de Mommy.

D’emblée, Nolan a assumé la diversité de ses références musicales : de la variété francophone on ne peut plus populaire (Céline Dion en tête) à la composition électronique cryptique en passant par du pop-rock déjà maintes fois utilisé au cinéma. Sur ce sujet, Arte a établit un top 5 musical (avant la sortie de Mommy), tout en dévoilant au préalable différentes caractéristiques du cinéaste.

De prime abord uniforme, la carrière du réalisateur pourrait ainsi se décomposer, du point de l’art de la mise en scène, en deux phases distinctes: la recherche d’identité où il aura expérimenté toute une palette de procédés hérités des grands maîtres pour enrichir son cinéma (de J’ai tué ma mère à Laurence anyways), à laquelle a succédé l’affirmation de soi, caractérisée par une plus grande maîtrise technique (à partir de Tom à la ferme), une plus forte croyance en la force de ses sujets ou personnages, là où ses premières créations s’embarassaient parfois d’artifices visuels tendant à devenir plus importants que le fond. Conséquence prévisible de cette émergence à moyen terme: son cinéma sera de plus en plus personnel, plus tranché, moins « confortable » pour le spectateur. La première pierre de cette mutation prochaine a été posée avec Juste la fin du monde, bien moins consensuel que Mommy, beaucoup plus énigmatique et froid d’apparence, obligeant le public à produire un gros travail d’interprétation tant le non-dit règne dans cette famille conflictuelle. Malgré un casting quatre étoiles (Gaspard Ulliel, Nathalie Baye, Vincent Cassell, Léa Seydoux, Marion Cotillard) et des thèmes communs à d’autres de ses films, ce nouvel opus fait le choix de ne pas surfer sur la popularité acquise précédemment, il exprime la volonté d’émancipation de Xavier Dolan. D’ores et déjà classé à juste dans les bons réalisateurs, et bientôt qui sait dans les réalisateurs ayant un style « unique ».

jtmm-044

La scène fantasmée de J’ai tué ma mère

mommy-216

Si loin si proche avec celle de Mommy.

Filmographie Xavier Dolan

J’ai tué ma mère (2009)

affiche-jai-tue-ma-mere

Hubert Minel n’aime pas sa mère. Du haut de ses 17 ans, il la jauge avec mépris, ne voit que ses pulls ringards, sa décoration kitsch et les miettes de pain qui se logent à la commissure de ses lèvres quand elle mange bruyamment. Au-delà de ces irritantes surfaces, il y a aussi la manipulation et la culpabilisation, mécanismes chers à sa génitrice. Confus par cette relation amour-haine qui l’obsède de plus en plus, Hubert vague dans les arcanes d’une adolescence à la fois marginale et typique -découvertes artistiques, expériences illicites, ouverture à l’amitié, sexe et ostracisme- rongé par la hargne qu’il éprouve à l’égard d’une femme qu’il aimait pourtant jadis.

Les amours imaginaires (2010)

affiche-les-amours-imaginaires

Francis et Marie, deux amis, tombent amoureux de la même personne. Leur trio va rapidement se transformer en relation malsaine où chacun va tenter d’interpréter à sa manière les mots et gestes de celui qu’il aime…

Laurence anyways (2012)

affiche-laurence-anyways

Laurence Anyways, c’est l’histoire d’un amour impossible. Le jour de son trentième anniversaire, Laurence, qui est très amoureux de Fred, révèle à celle-ci, après d’abstruses circonlocutions, son désir de devenir une femme.

Tom à la ferme (2013)

affiche-tom-a-la-ferme

Un jeune publicitaire voyage jusqu’au fin fond de la campagne pour des funérailles et constate que personne n’y connaît son nom ni la nature de sa relation avec le défunt. Lorsque le frère aîné de celui-ci lui impose un jeu de rôles malsain visant à protéger sa mère et l’honneur de leur famille, une relation toxique s’amorce bientôt pour ne s’arrêter que lorsque la vérité éclatera enfin, quelles qu’en soient les conséquences.

Mommy (2014)

affiche-mommy

Une veuve mono-parentale hérite de la garde de son fils, un adolescent TDAH impulsif et violent. Au coeur de leurs emportements et difficultés, ils tentent de joindre les deux bouts, notamment grâce à l’aide inattendue de l’énigmatique voisine d’en face, Kyla. Tous les trois, ils retrouvent une forme d’équilibre et, bientôt, d’espoir.

Juste la fin du monde (2016)

affiche-juste-la-fin-du-monde

Après douze ans d’absence, un écrivain retourne dans son village natal pour annoncer à sa famille sa mort prochaine. Ce sont les retrouvailles avec le cercle familial où l’on se dit l’amour que l’on se porte à travers les éternelles querelles, et où l’on dit malgré nous les rancœurs qui parlent au nom du doute et de la solitude.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s