Angers-TFC, se souvenir des belles choses – Avant-match 10e journée Ligue 1 2016-2017 (Fou2Foot)

Depuis son nouveau succès de poids face à l’AS Monaco (3-1), le Toulouse Football Club est rentré dans une autre dimension. Il paraît armé pour défendre la 4e place qu’il occupe aujourd’hui. Mieux ? Il est encore trop tôt pour se prononcer…

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Les hostilités n’ont pas attendus. Dés l’après-match contre Monaco, Pascal Dupraz balançait sur « le roi du sauciflard » (Saïd Chabane, le président angevin) et sur Stéphane Moulin, cet entraîneur qui manifestait un malin plaisir à l’idée d’envoyer le TFC en Ligue 2 en mai dernier. Alors bien sûr ce sera un match différent, moins impérieux, moins porté par une dramatique propre à enflammer les esprits, mais il s’agira bien de donner une suite à la nuit magique ayant clôturé la saison 2015-2016.

Monaco : exploit non, match référence oui

Et comment mieux aborder le déplacement au stade Jean-Bouin qu’avec les récents résultats ? Dans la peau d’un fringant 4e tournant à près de deux points par match, le TFC a fait mieux que survivre à un calendrier d’ouverture démentiel lui réservant six déplacements en dix journées, et accessoirement six clubs habitués aux joutes européennes (Marseille, Saint-Étienne, Bordeaux, Lille, Paris SG, Monaco).

Durant ces deux premiers mois de compétition, le club haut-garonnais a prouvé qu’il était composé de bien plus qu’une troupe de soldats obéissant aux directives d’un « pompier de service » autoritaire. Moqué dans la capitale pour son identité « provinciale » revendiquée et réduit à sa capacité de « meneur d’hommes », Pascal Dupraz vient de réussir deux énormes coups tactiques devant les meilleurs clubs de L1 depuis 2013. Si la stratégie dite du porc-épic devant le PSG doit en partie à la chance, celle de la pression permanente face à l’ASM a été logiquement récompensée.

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Triompher des grosses cylindrées prendra d’autant plus de sens si l’on évite de se faire peur face à plus petit que soi.

Pour une des premières fois de la saison, le TFC a pris le jeu à son compte, établissant des données statistiques sans appels : 17 tirs (6 cadrés) contre 4 (1 seul cadré) à son adversaire, 54 % de possession, 6 corners contre 1 seul en face, 30 centres contre 19 etc.

La démonstration peut être poursuivi sur le plan individuel puisque huit des dix joueurs de champ titulaires ont touché plus de 50 ballons, l’un des deux démunis en la matière étant Martin Braithwaite dont la productivité n’en ressort que plus (23 ballons joués, 7 tirs, 3 cadrés, 2 buts et 1 passe décisive). Le Danois conserve sa moyenne d’enfer d’une réalisation par match et parvient à faire oublier l’absence de plan B sur le plan offensif, Ola Toivonen occupant un autre rôle quand Odsonne Edouard apparaît encore trop léger.

En attendant le nouveau match de gala au Stadium devant l’Olympique Lyonnais, il va falloir se coltiner la besogne ordinaire de la Ligue 1.

Le succès de mai dernier a marqué les esprits et donné des envies de revanche aux Angevins.

Le succès de mai dernier est dans tous les esprits et attise l’envie des Angevins.

Si c’est pour laisser des plumes face aux petits…

Aussi vrai que les succès devant Paris et Monaco ne sont pas tombés du ciel, la capacité à reproduire des prestations équivalentes devant des petits est une mise à l’épreuve à valider.

Sur le papier le bilan à l’extérieur est respectable: une victoire, deux nuls, deux défaites.

Le total de buts inscrits interpelle un peu plus: seulement trois contre dix à domicile (avec un match en moins). Alors il sera impératif de réaliser des « coups » sur les terrains d’équipes censées se situer au même niveau voire en-dessous. À commencer par le club d’Angers dont l’aisance en L1 nous ferait presque oublier son statut de récent promu. Gagner à Jean Bouin constituerait bien plus qu’un remake du printemps dernier, cela couperait court à une quelconque idée d’un club à deux visages.

Il n’empêche, sur l’ensemble d’une saison la différence s’établit à domicile, C’est par l’absence de côté impitoyable au Stadium que les Toulousains ont pêché par le passé, freiné de plus hauts objectifs ou carrément anéanti des velléités d’Europe. Lorsque l’on remonte aux quelques bonnes saisons du TFC sous l’ère Sadran, débutée en 2001, nous remarquons cette constante des performances d’envergure contre les gros au Stadium et de points perdus devant des adversaires à l’allure de victimes idéales. Ce fut notamment le cas lors du parcours menant à la 3e place en 2006-2007: succès devant Lyon (2-0), Lille (1-0), Marseille (3-0), Saint-Étienne (1-0), Auxerre (2-0) ou Bordeaux (3-1) minorés par des contre-performances devant Nancy (2-2), Lorient (0-0), Sochaux (1-2), Lens (0-1), Nantes (0-4), Troyes (1-1) ou encore Le Mans (0-1). Idem pour la 4e place obtenue en 2008-2009 où le Stadium vit les cadors subir les foudres du 4-1-4-1 originel d’Alain Casanova ou a minima se contenter d’un point: Saint-Étienne (3-1), Bordeaux (3-0), Paris SG (4-1), Marseille (0-0), Lille (0-0), Lyon (0-0) n’ont pu faire autant que Caen (0-1) venant causer la seule défaite à domicile cette saison-là quand Nice (2-2), Valenciennes (0-0) ou Lorient (1-1) pesaient aussi sur le classement final.

Les accessits européens alors obtenus ont fait oublier cette tendance à niveler son jeu par le bas devant des petits clubs, mais les errances des trois dernières saisons ont davantage marqué les mémoires: le fameux 1-1 devant Evian TG en mars 2014 coupant court à tout espoir d’Europe et donnant lieu au célèbre énervement de Clément Chantôme envers un club se caractérisant par « son manque d’ambition« , les échecs devant Lens (0-2), Lorient (2-3) et nombreux nuls concédés (Caen, Guingamp, Bastia) durant la saison 2014-2015 ont vu leur prolongement l’année suivante avec des camouflets enregistrés devant Reims (2-2), Angers (1-2), Montpellier (1-1), Lorient (2-3), Guingamp (1-2), Nantes (0-0) ou le GFC Ajaccio (1-1).

Puiser dans un surplus de motivation pour tenir la dragée haute aux grosses écuries est une constante toulousaine, renvoyer dans les cordes un adversaire décomplexé relève d’une autre forme de savoir, est-il désormais acquis ?

Toivonen, jusqu'ici homme-clé à l'extérieur avec deux buts et une passe décisive.

Toivonen, jusqu’ici homme-clé à l’extérieur avec deux buts et une passe décisive.

Poursuite de la série heureuse en terre « sainte » angevine ?

Le Maine-et-Loire n’a pas attendu mai 2016 pour sourire à ses visiteurs toulousains. En dix-neuf confrontations Ligue 1/Ligue 2 confondues, les Violets s’y sont imposés à neuf reprises pour quatre nuls et six défaites. La série en cours est plus fameuse encore : un seul échec lors des six derniers déplacements et une invincibilité depuis quatre rencontres (trois victoires, un nul). En y regardant de plus près, ces quatre confrontations sur plus de vingt ans s’avère une trop faible proportion pour dégager une véritable tendance. Les succès toulousains de février 1994 ou d’octobre 1995 (en L2) ont peu de chances d’avoir marqué les esprits des suiveurs du TFC, quand celui de mai dernier est encore présent dans toutes les mémoires. Succès salvateur, libération d’une saison calvaire, empreinte définitive de la patte Dupraz dans la vie du club, toutes les analyses et superlatifs ne seront pas assez nombreux pour signifier l’importance de ce match fondateur. Bientôt on parlera d’Angers-TFC 2016 comme d’OM-Forbach 1965, et même le plus pessimiste des supporteurs déclarera avoir effectué le déplacement car il n’avait jamais cessé d’y croire.

La légende est déjà écrite, il ne convient pas d’y revenir mais de se pencher de manière pragmatique sur une venue à Jean Bouin au stade de la 10e journée. Les motivations sont toutes autres que lors d’une ultime étape, en l’occurrence il s’agira de mettre à distance un club actuellement dans le ventre-mou ou de lui permettre de venir le talonner (le SCO serait à un point du TFC en cas de victoire). I l s’agira de conforter l’idée que le Big Four de la Ligue 1 pourrait cette année être complété par Toulouse au détriment des Lyon, Rennes, Saint-Étienne ou autres ambitieux du moment. Si l’on excepte la longue indisponibilité de Tongo Doumbia, seul absent à pouvoir prétendre à une place de titulaire à court terme, tous les voyants sont au vert. Le duel Dupraz/Moulin sera particulièrement mis en avant en vertu de leurs déclarations respectives, paravent idéal pour permettre aux joueurs de se livrer en toute décontraction.

Entre la dalle de survie angevine et l’appétit de conquête toulousain, lequel démontrera le plus sa faim ?

Les groupes et compos probables pour Angers-TFC

Revenu de suspension, Ola Toivonen devrait être titularisé en pointe aux côtés de Martin Braithwaite. Pour le reste, Dupraz devrait s’appuyer sur ses valeurs sûres, les seuls doutes concernent les choix pour lesquels il optera au milieu : Sylla ayant relativement donné satisfaction dans son nouveau rôle conservera-t-il sa place malgré le retour de blessure de Somalia ? Jimmy Durmaz, étincellant devant Monaco, débutera-t-il sur le banc pour consacrer Oscar Trejo en pur meneur de jeu plutôt qu’en super sub ? L’alternative d’un trio Durmaz-Trejo-Sylla au milieu avec le seul Braithwaite devant peut être aussi sérieusement envisager. On peut même imaginer un système offensif ambitieux alignant simultanément le quatuor Durmaz-Trejo-Toivonen-Braithwaite. À noter que le Danois et Issa Diop purgeront un match de suspension contre Auxerre en coupe de la ligue ce mercredi 26 octobre, moindre mal puisqu’ils seront donc disponibles pour la réception de Lyon en Ligue 1 le samedi suivant.

Côté Angevin, la confiance a été renouvellée envers le groupe victorieux à Bastia, à l’exception du retour de blessure de l’attaquant Nigérian Dickson Nwakaeme.

Toulouse

Goicoechea-Lafont / Amian-Diop-Jullien-Moubandjé-Yago / Blin-Bodiger-Durmaz-Sangaré-Sirieix-Somalia-Sylla-Trejo / Braithwaite-Edouard-Toivonen

Composition probable

Lafont

Moubandjé-Diop-Jullien-Yago

Blin-Bodiger

Durmaz (ou Trejo)-Somalia (ou Sylla)

Toivonen-Braithwaite

Banc de touche : Goicoechea-Amian-Sangaré-Sirieix-Durmaz ou Trejo-Somalia ou Sylla-Edouard

Blessés : Akpa-Akpro, Doumbia, Michelin, Pi

Suspendus : Cafaro

Absents par choix de l’entaineur : Musavu-King, Ninkov, Vidal, Veskovac

Angers

Michel-Petric / Andreu-Manceau-P.Martinez-Pavlovic-Thomas-I.Traoré / Capelle-Doré-Ndoye-Mangani-Santamaria / Diedhiou-Toko Ekambi-Nwakaeme-Pépé-Sunu

Composition probable

Michel

Manceau-I.Traoré-Thomas-Andreu

Ndoye-Santamaria-Mangani

Sunu-Diedhiou-Toko Ekambi

Banc de touche

Petric-P.Martinez-Pavlovic-Capelle-Doré-Nwakaeme-Pépé

Blessés : Ketkeophomphone, Letelllier

Absents par choix de l’entraineur

Bourillon, Saihi, Tait,Tahrat, Wissa

Le classement avant la 10e journée

En match avancé l’AS Monaco a repris la 2e place suite à sa démonstration devant Montpellier (6-2). Sauf catastrophe au goal-average, le TFC possède a priori une marge suffisante pour conserver a minima sa 4e place à l’issue du déplacement angevin. Un faux pas du PSG devant son rival olympien, doublé d’une victoire à Jean Bouin pourrait lui permettre de monter sur le podium.

1

OGC Nice

23

9

7

2

0

16

5

+11

2

AS Monaco

22

10

7

1

2

29

14

+15

3

Paris Saint-Germain

19

9

6

1

2

19

7

+12

4

Toulouse FC

17

9

5

2

2

14

7

+7

5

EA Guingamp

14

9

4

2

3

10

8

+2

6

Girondins de Bordeaux

14

9

4

2

3

12

11

+1

7

Stade Rennais FC

14

9

4

2

3

10

11

-1

8

Olympique Lyonnais

13

9

4

1

4

15

11

+4

9

AS Saint-Etienne

13

9

3

4

2

11

9

+2

10

Angers SCO

13

9

4

1

4

10

10

0

11

FC Metz

13

9

4

1

4

9

16

-7

12

Olympique de Marseille

12

9

3

3

3

11

10

+1

13

FC Nantes

11

9

3

2

4

6

9

-3

14

SC Bastia

10

9

3

1

5

7

8

-1

15

SM Caen

10

9

3

1

5

9

17

-8

16

Montpellier Hérault SC

10

10

2

4

4

14

23

-9

17

Dijon FCO

9

9

2

3

4

12

14

-2

18

LOSC

7

9

2

1

6

8

15

-7

19

FC Lorient

6

9

2

0

7

6

15

-9

20

AS Nancy Lorraine

5

9

1

2

6

4

12

-8

Le programme de la 10e journée

VENDREDI : 20h45 Monaco-Montpellier 6-2

SAMEDI : 17h Lyon-Guingamp

20h AngersToulouse ; Bordeaux-Nancy ; Nantes-Rennes ; LilleBastia ; Dijon-Lorient.

DIMANCHE : 15h Caen-Saint Etienne ; 17h Metz-Nice ; 20h45 Paris SG-Marseille

Le calendrier automnal du TFC

En rouge les rencontres s’annonçant comme les plus compliquées.

1/16 de Coupe de la Ligue (26/10) TFC-Auxerre

11e journée Ligue 1 (29/10) TFC-Lyon

12e journée Ligue 1 (05/11) Nantes-TFC

13e journée Ligue 1 (19/11) TFC-Metz

14e journée Ligue 1 (26/11) Rennes-TFC

15e journée Ligue 1 (30/11) TFC-Montpellier

16e journée Ligue 1 (03/12) Nice-TFC

17e journée Ligue 1 (10/12) TFC-Lorient

1/8 de Coupe de la Ligue (14/12) ?

18e journée Ligue 1 (17/12) TFC-Nancy

19e journée Ligue 1 (21/12) Dijon-TFC

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