Critique La mécanique de l’ombre (Allociné)

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-La mécanique de l’ombre de Thomas Kruithof avec François Cluzet, Denis Podalydès, Sami Bouajila, … (France/Belgique ; 2016) **1/2

Deux ans après un « burn out », Duval est toujours au chômage. Contacté par un homme d’affaire énigmatique, il se voit proposer un travail simple et bien rémunéré : retranscrire des écoutes téléphoniques. Aux abois financièrement, Duval accepte sans s’interroger sur la finalité de l’organisation qui l’emploie. Précipité au cœur d’un complot politique, il doit affronter la mécanique brutale du monde souterrain des services secrets.

Trame minimaliste, interprétations sobres, absence d’effets de manche, autant de choix tranchés pouvant rebuter une grande majorité de spectateurs à l’ère des séries télévisés aux intrigues ciselées nécessitant un micro-rebondissement toutes les quinze minutes. Et de fait ce film ne convaincra pas les sceptiques résumant le cinéma français à ses deux versants principaux, introspections sous valium et comédies crétines. La mécanique de l’ombre reste concentré sur le factuel, s’embarrasse peu des dilemmes de ses protagonistes, se montre rarement drôle, jamais démonstratif. D’où sa relative brièveté pour surfer sur un thème, l’espionnage politique, pourtant susceptible de donner lieu à des fresques impérissables. D’où ce jusqu’au boutisme consistant à n’apporter qu’une partie des éléments d’explication, laissant au spectateur la jugeote de relier les pièces du puzzle. François Cluzet excelle en bon petit salarié moyen se retrouvant mêlé à un univers le dépassant, Denis Podalydès incarne à merveille un froid manipulateur, Sami Bouajila intrigue dans sa composition de chef des renseignements à la vie trouble. Le second rôle féminin, relativement plat, est la seule tâche au tableau tant son existence semble être purement utilitaire. Hélas les ficelles se dénouent en laissant émerger un sentiment de « Tout ça pour ça ! » chez le spectateur. Comme si la pudeur du film se retournait contre lui. Il manque ne serait-ce qu’un petit virage narratif ou une audace de point de vue pour auréoler cette fiction d’un supplément d’âme.

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