TFC, le rêve européen encore intact ? – Avant-match Lyon-Toulouse 29e journée Ligue 1 2016-2017 (fou 2 foot)

À dix journées du terme, et malgré une série de six rencontres sans défaite, la possibilité d’accrocher une place qualificative pour l’Europa League reste très hypothétique suite au nul concédé devant Lille (1-1). Le Toulouse Football Club devra sans doute se contenter de finir « le plus haut possible », conformément au traditionnel objectif depuis la reprise en mains du club par Olivier Sadran.

Suivre le TFC revient un peu à visionner une série télé dont les rebondissements seraient accessoires et éphémères, les situations faussement enchevêtrées pour finir par revenir au point de départ. Après deux saisons de réelles angoisses, le club violet est revenu dans son schéma traditionnel : motifs d’espoirs dans le premier tiers du championnat, période de chute libre puis repositionnement progressif dans le ventre mou. Citons seulement les exemples les plus célèbres : 2004-2005 et ses cinq premiers matchs sans défaite qui avaient conduit le TFC à une place de leader (12e en fin de saison) ; 2010-2011 avec quatre victoires de rang en ouverture (8e en fin d’exercice) ; 2011-2012 où il occupait la 3e place au bout de huit journées (de nouveau 8e au final), idem la saison suivante où la place de dauphin du PSG lui revenait après dix matchs (10e au mois de mai).

Après avoir su faire vibrer la ville rose autour de l’objectif maintien, Pascal Dupraz parviendra-t-il à mettre fin à cette lassante arlésienne ?

Et dire que Lyon compte autant de défaites que le TFC…

Mathématiquement ce n’est pas gagné. S’enorgueillir d’une invincibilité devant le Paris SG (victoire 2-0 au Stadium, nul 0-0 au Parc) ou d’une victoire devant l’ogre Monégasque (3-1 en octobre dernier) ne vaudra rien en fin d’exercice si vous ne faites pas preuve de la même efficacité contre les équipes jouant dans la même cour que vous. À dix journées du terme, une brassée de points manque à l’appel, notamment à l’extérieur (voir statistiques par ailleurs). Or c’est une véritable bête noire qui se dresse devant les Violets aujourd’hui : l’Olympique Lyonnais, impérial à Gerland (désormais à Décines) face au club haut-garonnais. Il faut remonter au milieu des années 1960 pour trouver trace d’une victoire du visiteur. Sous l’ère Sadran, le bilan est famélique (neuf défaites, quatre nuls), marqué par de larges déconvenues (deux 3-0 consécutifs, série en cours).

Le match aller, marqué par quelques décisions arbitrales douteuses, est encore dans toutes les mémoires.

Alors pourquoi l’exploit serait envisageable cette fois-ci ? D’abord pour une raison de calendrier : L’OL sort de son plus gros match de la saison face à l’AS Roma jeudi soir, et il remettra ça au Stadio Olimpico dans quelques jours. Quid de son état d’implication physique, et surtout psychologique ? Rappelons la récente contre-performance de l’AS Monaco à Bastia avant le déplacement à Manchester, ou concernant directement l’adversaire du soir ses courantes défaites cette saison lors du match précédant une joute européenne : devant Bordeaux (1-3) avant de recevoir le Dynamo Zagreb, à Lorient (1-0) avant d’aller à Séville, à Nice (2-0) avant d’accueillir la Juventus de Turin ou encore à Guingamp (2-1) avant d’aller à Alkmaar. Les esprits chagrins mentionneront aussi que l’OL avait gagné au Stadium (1-2) avant d’aller décrocher le nul de l’espoir à Turin (1-1). Ce qui ne fait pas de ce facteur un argument massue.

En revanche, une autre statistique traduit un plus grand intérêt : le faible nombre de résultats nuls des Lyonnais en L1 (deux), que l’on peut traduire par le caractère bipolaire de leurs prestations, assimilable à un « tout ou rien ». Parfois l’OL marche sur l’eau, parfois il se crashe sans même un parachute. Lyon affiche le même nombre de défaites que le TFC (dix) et pourrait même en compter une de plus si quelques abrutis n’avaient pas contrarié le sort du Metz-OL de décembre dernier (1-0 pour les locaux au moment de l’interruption). Ses passages au travers ont surtout été réalisés lors de déplacements chez des « petits » de Ligue 1, mais concernent aussi quatre rencontres à domicile.

Cet aspect radical des résultats du club rhodanien peut être mis en contraste avec les limites des Violets, onze points derrière au classement pour s’être trop souvent contentés du match nul lorsque les trois points leur tendaient les bras. La réception de Lille a parfaitement illustré ce manque de tranchant, cette absence du côté impitoyable nécessaire à une équipe de haut de tableau.

Le décollage de Christopher Jullien face à Lille fut superbe, mais insuffisant.

Classement de Ligue 1 avant la 29e journée

1 AS Monaco 65 28 20 5 3 82 25 +57
2 Paris Saint-Germain 62 28 19 5 4 56 19 +37
3 OGC Nice 62 28 18 8 2 45 21 +24
4 Olympique Lyonnais 47 27 15 2 10 55 32 +23
5 Girondins de Bordeaux 43 28 11 10 7 36 34 +2
6 Olympique de Marseille 42 28 12 6 10 40 37 +3
7 AS Saint-Etienne 40 28 10 10 8 31 22 +9
8 Stade Rennais FC 37 28 9 10 9 27 32 -5
9 Toulouse FC 36 28 9 9 10 32 29 +3
10 Angers SCO 36 28 10 6 12 28 35 -7
11 EA Guingamp 35 28 9 8 11 32 36 -4
12 FC Nantes 34 28 9 7 12 24 41 -17
13 Montpellier Hérault SC 33 28 8 9 11 40 46 -6
14 SM Caen 31 28 9 4 15 29 46 -17
15 FC Metz 31 27 8 7 12 26 51 -25
16 LOSC 30 28 8 6 14 27 36 -9
17 AS Nancy Lorraine 28 28 7 7 14 18 35 -17
18 Dijon FCO 27 28 6 9 13 37 45 -8
19 SC Bastia 25 28 5 10 13 24 38 -14
20 FC Lorient 22 28 6 4 18 28 57 -29

Calendrier des candidats à l’Europa League

*Compte tenu de la possible concentration des trophées nationaux entre le Paris SG et l’AS Monaco (championnat, coupe de France, coupe de la Ligue), les places européennes pourraient s’étendre jusqu’au 6e du classement. Le 5e est d’ores et déjà concerné compte tenu de la finale PSG-ASM en CDL.

*Matchs à domicile en gras.

*Confrontations directes en fond orange.

Équipes/

Journée

29e

30e 31e 32e

33e

Lyon 47 pts Toulouse Paris Rennes Lorient Bastia
Bordeaux 43 pts Monaco Montpellier Nice Metz Nantes
Marseille 42 pts Angers Lille Dijon Toulouse St Etienne
St-Étienne 40 pts Metz Dijon Monaco Nantes Marseille
Rennes 37 pts Dijon Toulouse Lyon Nancy Lille
Toulouse 36 pts Lyon Rennes Montpellier Marseille Guingamp
Guingamp 35 pts Bastia Angers Nancy Paris Toulouse
Équipes/

Journée

34e

35e 36e 37e

38e

Lyon 47 pts Monaco Angers Nantes Montpellier Nice
Bordeaux 43 pts Bastia Dijon St Etienne Marseille Lorient
Marseille 42 pts Nancy Caen Nice Bordeaux Bastia
St-Étienne 40 pts Rennes Guingamp Bordeaux Paris Nancy
Rennes 37 pts St Etienne Bastia Montpellier Caen Monaco
Toulouse 36 pts Nice Monaco Caen Metz Dijon
Guingamp 35 pts Lille St Etienne Dijon Nantes Metz

*Lyon et Marseille sont sans doute un cran au-dessus dans cette course à l’Europa League, mais la perspective d’une 6e place « utile » nourrit l’ambition des autres. Au niveau de l’effectif comme de la qualité de jeu, le TFC n’a pas de complexes à faire par rapport à des Bordeaux, St Etienne, Rennes et Guingamp.

*Dans le creux de la vague depuis deux mois (une seule victoire), l’En Avant Guingamp apparaît comme l’équipe munie du calendrier le plus abordable avec notamment six réceptions possiblement convertibles en victoire, dont deux concernent des concurrents directs à la place en C3 (St Etienne et le TFC lui-même).

*Dans l’ensemble, les calendriers sont équilibrés. La plupart des équipes aura autant de réceptions que de déplacements. On dénombre dix confrontations directes, équitablement répartis sur neuf journées. Seule l’ultime journée n’en comporte pas.

*Sur le papier, le TFC n’est pas encore largué puisqu’il croisera le fer avec quatre équipes classées dans son secteur lors des cinq prochaines rencontres. D’où la relativité des six points de retard sur l’OM par exemple. On pourrait aussi mentionner une trilogie finale relativement limpide (Caen et Dijon au Stadium et un déplacement à Metz), mais le couac de la fin des matchs allers est encore présent dans toutes les mémoires.

Un coaching de plus en plus contestable

L’actuelle série de six matchs sans défaite a un côté trompe-l’oeil. Car dans le détail elle se décompose de deux grosses démonstrations à domicile (Angers et Bastia) et de matchs nuls sans grand relief. La rencontre à Marcel-Picot fut une véritable purge, en partie due à un terrain synthétique ne devrant plus avoir droit de cité en Ligue 1. Aussi héroïque soit-il, le point pris au Parc ne compte pas double. Quant aux partages des points avec Lorient et Lille, ils ont traduit les limites des Violets lorsqu’il s’agit de « tuer » une rencontre, voire une certaine suffisance lorsque les événements tournent en leur faveur.

Les vertus de l’ambition exigés par Pascal Dupraz ont semble le fuir lui-même. Comment expliquer autrement les remplacements pour le moins prudents effectués face à Lille alors que la victoire se voulait fuyante ? Les sorties des deux éléments offensifs pour les entrées d’Issiaga Sylla et Pavel Ninkov sont parmi les énigmes seulement résolubles par le coach savoyard.

D’autres continuent de miner les observateurs, telles les confiances aveugles accordées au pitchoun Kelvin Amian (enfin remis sur le banc face à Lille après huit titularisations de rang) ou au capitaine Martin Braithwaite dont le pénalty pâlement tiré devant les Dogues coûtera cher dans le décompte final. Malgré un faible temps de jeu cumulé (140 minutes sur les matchs retours), Ola Toivonen a démontré un profil largement plus compatible avec les nouveaux piliers offensifs Corentin Jean et Andy Delort.

Martin Braithwaite et son pénalty infructueux devant Enyama.

Comment ne pas regretter aussi la sous-utilisation du percutant Jimmy Durmaz, seule victime notable du mercato hivernal sans avoir démérité. Si le Suédois peine à disputer 90 minutes au même rythme, il peut être excellent sur une heure, se fondre durablement dans un système de jeu favorisant les projections offensives avec un quatuor techniquement plus propre que les Sylla, Somalia et autres…Braithwaite.

Le dernier point d’interrogation concernant les choix de Dupraz concerne le milieu récupérateur. La paire des BB trancheurs Blin-Bodiger domine à juste titre après de multiples tentatives infructueuses (Sylla-Sangaré, Sylla-Doumbia, Bodiger-Doumbia, Blin-Pi), mais suspensions et blessures ont conduit à un bricolage perpétuel. Quel alliage sera privilégié pour le déplacement à Lyon ? Celui de la propreté additionnée à l’impact physique (Blin-Doumbia), de la valeur sûre mais peu spectaculaire (Blin-Bodiger) ou de l’imperfection dotée d’un certain degré de créativité appréciable (Somalia, Pi ou Sylla associé à un des deux BB).

Un si mauvais voyageur

À l’heure de confronter un adversaire honni par Pascal Dupraz (cinq défaites de rang face à l’OL), la faiblesse toulousaine en déplacement (14e au classement à l’extérieur) rajoute une mauvaise augure. Se dirige-t-on vers un bilan inférieur à celui des pourtant si difficiles deux dernières saisons ? Plus que cinq opportunités pour inverser la tendance…

Saison Nombre de victoires à l’extérieur
2003-2004 4 (Bordeaux, Lille, Metz, Montpellier)
2004-2005 3 (Strasbourg, Caen, Metz)
2005-2006 3 (Sochaux, Strasbourg, Saint-Étienne)
2006-2007 7 (Troyes, Lille, Monaco, Nice, Lorient, Sedan, Nantes)
2007-2008 5 (Marseille, Sochaux, Paris SG, Metz, Monaco)
2008-2009 6 (Le Mans, Valenciennes, Paris SG, Le Havre, Sochaux, Nice)
2009-2010 4 (Lens, Valenciennes, Le Mans, Saint-Étienne)
2010-2011 6 (Bordeaux, Nancy, Sochaux, Auxerre, Lens, Brest)
2011-2012 5 (Ajaccio, Caen, Nancy, Marseille, Rennes)
2012-2013 6 (Nancy, Troyes, Evian TG, Ajaccio, Marseille, Sochaux)
2013-2014 7 (Saint-Étienne, Reims, Nantes, Bordeaux, Lorient, Nice, Rennes)
2014-2015 4 (Rennes, Saint-Étienne, Nantes, Lorient)
2015-2016 3 (Troyes, Reims, Angers)
2016-2017 1 (Lille)

Les groupes pour OL-TFC

TOULOUSE

Goicoechea-Lafont-Vidal / Amian-Diop-Jullien-Moubandjé-Yago / Blin-Bodiger-Doumbia-Durmaz-Pi-Somalia-Sylla-Trejo / Delort-Jean-Toivonen

Blessés : Akpa-Akpro

Suspendus : Braithwaite

Absents par choix de l’entraîneur : Cafaro, Edouard, Lukebakio, Michelin, Musavu-King, Ninkov, Sangaré,Veskovac

LYON

Gorgelin-A.Lopes / Gaspar-Jaller-Mammana-Morel-Rybus-Yanga Mbiwa / Darder-Ferri-Ghezzal-Gonalons-Tolisso-Tousart-Valbuena / Cornet-Depay-Fekir-Lacazette

Blessés : Rafael

Suspendus : Diakhaby, Nkoulou

Absents par choix de l’entraîneur : Aouar, Fofana, Mateta, Mocio, Perrin

La conférence de presse d’avant-match de Pascal Dupraz :

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