Preview UFC 211 – Faute de titulaire, place à un intérimaire ! (ACTUMMA.COM)

Trois semaines après l’UFC 220 qui comptait deux combats de championnat, son successeur doit se contenter d’une seule opposition pour un titre…intérim. De quoi enfin clarifier la hiérarchie dans une division poids moyens qui a souffert de son éparpillement l’an dernier ?Ce show australien réserve d’autres duels attendus. Fait rare, la carte comporte des affrontements concernant chacune des huit catégories masculines de l’Octogone.

Lorsque GSP détrônait Michael Bisping en novembre dernier, on se prenait à rêver d’une opposition prometteuse entre le Canadien et l’impressionnant rouleur-compresseur nommé Robert Whittaker, alors champion intérimaire. Hélas, le retour de l’enfant prodigue de la Tristar Gym restera comme une simple pige, lui permettant de devenir le quatrième double détenteur de titres à l’UFC. Aussi prestigieux soit-il, le Whittaker/Rockhold annoncé à l’origine pour cet événement avait une allure de plan B. Quand le nouveau champion « à part entière » doit se retirer de la carte pour blessure, c’est carrément le plan C qui est activé, Yoel Romero revenant dans la course malgré son statut de dernière victime en date du champion.

Championnat intérim des Poids moyens : Luke Rockhold (16-3) vs Yoel Romero (12-2)

Cette affiche de substitution reste très belle sur le papier. L’un des rares double champion StrikeForce/UFC se dresse devant un multiple médaillé de lutte libre… ayant disputé son premier combat pro de MMA à 32 ans ! L’imposant Yoel Romero fait figure d’OVNI au sein d’une compagnie désormais composée en majorité de fighters formés de base dans différentes disciplines. Le nombre de KO récoltés depuis (dix de ses douze victoires) a convaincu qu’on pouvait savoir finaliser en dépit de sa provenance, en l’occurrence un sport où l’on s’impose en glanant des points. Sur une série de huit succès avant d’échouer une première fois au titre intérim contre Robert Whittaker en juillet dernier, le désormais quadragénaire compte des figures importantes à son tableau de chasse (Ronaldo Souza, Chris Weidman, Lyoto Machida) tout en accumulant les bonus : trois « fight of the night », deux « performance of the night » et un « knockout of the night ». Quid de Luke Rockhold, le challenger officiel à l’origine ? Lui aussi venu de la lutte comme la majorité des combattants américains, le Californien a vite bifurqué vers le kickboxing et le jiu-jitsu brésilien pour se constituer un arsenal complet. Sa carrière glorieuse (dix soumissions, quatre KO) est entachée de défaites inexplicables, survenues lorsqu’il était donné largement favori par les bookmakers contre les vieillissants Vitor Belfort et Michael Bisping. À chaque fois c’est un KO expéditif qui a punit ce que les analystes ont interprété comme un excès de confiance ou une faiblesse psychologique. Moins puissant que son adversaire, le #2 de la division devra tabler sur sa polyvalence et son intelligence tactique. La même capacité lui ayant permis récemment de contrarier le retour au premier plan de David Branch, réembauché par l’UFC après un brillant parcours au WSOF. À noter que tous les combats de Rockhold se sont conclus avant la limite depuis son transfert du StrikeForce à l’Octogone en 2013.

Rockhold imprévisible dans le bon comme dans le mauvais. Dépité ici après sa défaite-surprise contre Michael Bisping en 2016.

Poids lourds: Mark Hunt (13-11-1 + 1 NC) vs Curtis Blaydes (8-1 + 1 NC)

On ne présente plus Mark Hunt, l’éternel Néo-Zélandais (44 ans en mars) sinon pour rappeler de ne pas se fier à sa fiche MMA, peu flatteuse sur le plan arithmétique. Hunt est avant tout un brillant kickboxeur, vainqueur du K-1 à une époque où ce tournoi avait encore un sens et souvent dans les places d’honneur des tournois auxquels il participait. Son histoire UFC, débutée en 2010, est traversée de multiples conflits avec l’organisation, dont l’originel traduit parfaitement sa mentalité guerrière. En acquérant le Pride FC, l’UFC récupérait aussi les contrats de ses fighters. Pas convaincu de la nécessité de conserver le vieillissant Hunt, la compagnie lui proposa de sceller leur séparation en échange de lui payer les combats théoriquement prévus dans son entente. Le fier natif de South Auckland refusa, préférant disputer ces duels pour prouver qu’il avait sa place dans la compagnie numéro un mondial. Malgré un handicap poids/taille conséquent chez les lourds, Hunt s’est avéré capable d’assommer des Cheick Kongo ou Stefan Struve pour s’installer durablement dans le top 10. S’il n’incarnerait jamais le combattant complet, sa force de frappe lui permet encore de court-circuiter les ambitions de nouveaux arrivants, comme l’a appris à ses dépens Derrick Lewis en 2017. Bis repetita avec Curtis Blaydes, de dix-sept ans son cadet ? Pas évident d’évaluer le niveau du natif de Chicago, seulement battu par un Francis Ngannou émergeant à ce stade de sa carrière. Il s’agira déjà de sa sixième montée dans l’Octogone mais surtout de son premier test face à une star confirmée. Doté d’une allonge supérieure de vingt centimètres par rapport à Hunt, il devrait choisir d’échanger debout pour sonner un roc devenu un peu plus submersible au fil des années. À défaut d’un duel technique, on devrait assister à une vraie bagarre.

La puissance de Hunt, l’atout défiant les années.

Poids lourds : Cyril Asker (9-3) vs Tai Tuivasa (6-0)

Pour sa promotion en carte principale, Cyril Asker (2-2 à l’UFC) a tout un défi devant lui face à l’enfant du pays Tai « Bam Bam » Tuivasa. Le Français de la Bushido Académie aura sans doute la tentation de faire parler ses acquis au sol pour contrecarrer les plans de l’ancien boxeur professionnel. Révélé au sein de l’organisation Sud-Africaine Extreme Fighting Championship, Asker se fait tout doucement une place à l’UFC par son investissement sans mesure dans ses combats. Son alternance victoire/défaite n’est pas gênante tant que les finishs sont au rendez-vous. Et cela tombe bien car jusqu’ici Tuivasa n’a pas pu trouver le temps long, terminant tous ses affrontements pendant ou à l’issue du premier round. L’Australien fait partie de cette caste d’invaincus à la valeur illisible, capable d’enchaîner les contre-performances une fois son aura perdue. Fait étonnant, aussitôt entamée sa carrière pro a connu une longue parenthèse de trois ans entre 2012 et 2015, pour ensuite laisser place à la régularité. Sur le papier moins complet car essentiellement striker, Tuivasa aura l’appui non négligeable du public. Après la déception Ngannou, voir un Français mettre fin à une série d’invincibilité ne serait pas de refus.

Le début de la reconnaissance pour Asker ?

Poids welters : Jake Matthews (11-3) vs Li Jingliang (14-4)

Voici une opposition Australie/Chine particulièrement rare dans le haut de tableau des arts martiaux mixtes. Deux hommes à l’expérience octogonale similaire (huit apparitions UFC à leur crédit) mais sur des pentes sensiblement différentes. Matthews a pris acte de son échec en poids légers, traduit par deux défaites de rang en 2016, et est donc revenu chez les 77kg pour obtenir un succès peu significatif sur Bojan Velickovic fin 2017. Jingliang en revanche se place en sérieux prospect de la division avec ses quatre victoires consécutives, dont trois pour l’année écoulée. Sa force principale est sa façon de mixer des disciplines venus de tous les horizons, du sanshou au JJB en passant par la lutte. Son striking paraît nettement supérieur à celui de son opposant du soir. La compagnie lui réserve jusqu’ici des adversaires peu prestigieux par souci d’expansion internationale. En plus de sa présence à Shanghai en fin d’année dernière, le Chinois a déjà été présent sur des cartes à Singapour, au Japon, aux Philippines ou au Canada, soit la création à terme d’une emblème tout terrain quand certains membres du roster ne vont jamais au-delà des États-Unis. Nouveau succès à prévoir pour l’ancien champion du Legend FC ? Ou divine surprise pour le représentant local ?

Li Jingliang ou le souci du travail bien fait.

Poids mi-lourds : Tyson Pedro (6-1) vs Saparbek Safarov (8-1)

Pedro/Safarev ou l’histoire de deux buzz tués dans l’œuf, ou seulement ralentis dans leur élan diront les plus optimistes. Les contes sur l’invincibilité ont encore de beaux jours devant eux, aussi présenter un statut d’invaincu reste un des meilleurs arguments pour obtenir un badge d’entrée à l’UFC. Et si en plus l’intéressé domine outrageusement ses adversaires c’est un accélérateur de carrière assuré. Alors on déchante très vite quand un destructeur russe à la fiche immaculée (huit finalisations dont sept au premier round) tombe de son piédestal dès sa première à l’UFC. Le coupable ? Gian Villante, sans doute trop expérimenté au moment où Safarov croise sa route. Néanmoins, l’explosif Russe a pour circonstance atténuante d’avoir été appelé pour un remplacement de dernière minute et s’est de surcroît mérité le bonus du « fight of the night ». Vendu à raison comme un petit prodige, Tyson Pedro, biberonné au jiu-jitsu dés l’âge de 4 ans, a enchaîné les étranglements arrières au cours de la seule année 2016, affolant rapidement les radars UFC. En mars 2017, il brise une autre invincibilité naissante, celle de l’Écossais Paul Craig, fini à coups de coudes au 1er round. D’ailleurs l’Australien d’origine espagnole n’avait pas connu de deuxième reprise avant de confronter Ilir Latifi en septembre. Face à la révélation suédoise de l’année 2013, c’est une autre paire de manches, Pedro s’incline logiquement par décision unanime, victime de son déficit en lutte. Il s’agit donc pour les deux opposants du « match de la relance », suivant un premier revers à faire oublier. Une opportunité à saisir d’urgence pour ne pas tomber dans l’anonymat aux côtés d’anciens espoirs comme Sage Northcutt ou Mickey Gall.

Révélation à éclipse ou talent durable, Tyson Pedro est à la croisée des chemins.

Un mot sur la carte préliminaire : Ross Pearson au milieu d’un casting « exotique »

Ses quatre défaites consécutives laissaient entrevoir une retraite bien méritée, mais le toujours bankable Ross Pearson est suffisamment installé dans la place pour décider lui-même du clap de fin. Le britannique issu du TUF USA vs United Kingdom (remporté en juin 2009) compte 23 combats avec la compagnie pour un bilan parfaitement équilibré (11-11 et 1 no contest) et surtout une propension à la guerre jamais démentie, à coups de poings comme de clés de bras. Le choix de lui opposer le Japonais Mizuto Hirota doit davantage à la volonté d’établir une carte hétérogène de nationalités qu’à une logique sportive. La remarque vaut pour la plupart des combats programmés en préliminaire, peu enclins à bouleverser la hiérarchie de leur catégorie. Japon vs Nouvelle-Zélande, Australie vs Canada, Japon vs Mexique, Australie vs Nigeria, un véritable panel de l’universalité du MMA quand le fight night de la semaine dernière se concentrait surtout sur des Brésil contre USA.

Enfin une victoire pour l’emblématique Ross Pearson ?

Terminons avec le rappel du programme complet de ce show.

UFC 221 – 11 février 2018 Perth, Australie (Perth Arena)

Carte principale

Catégorie Middleweight (championnat interim) : Luke Rockhold vs Yoel Romero

Catégorie Heavyweight : Mark Hunt vs Curtis Blaydes

Catégorie Heavyweight : Curil Asker vs Tai Tuivasa

Catégorie Welterweight : Jake Matthews vs Li Jingliang

Catégorie Light Heavyweight: Tyson Pedro vs Saparbek Safarov

Carte préliminaire

Catégorie Lightweight : Damien Brown vs Dong Hyun Kim

Catégorie Middleweight: Rob Wilkinson vs Israel Adesanya

Catégorie Featherweight : Jeremy Kennedy vs Alexander Volkanovski

Catégorie Flyweight : Jussier Formiga vs Ben Nguyen

Catégorie Lightweight : Ross Pearson vs Mizuto Hirota

Catégorie Bantamweight : Teruto Ishihara vs José Alberto Quinonez

Catégorie Welterweight: Luke Jumeau vs Daichi Abe

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